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Petites Villes de demain : "J’en ai rêvé et ça a été fait"

1.622 communes de moins de 20.000 habitants ont été sélectionnées dans le programme Petites Villes de demain au terme d'une sélection qui a tenu compte aussi bien de leur besoin d'accompagnement que de leur rôle de centralité, a indiqué la ministre de la Cohésion, le 18 mars, à l'occasion du Printemps des Territoires, organisé par la Banque des Territoires. Le président de l'APVF Christophe Bouillon a appelé à "aller beaucoup plus vite". Pour les élus, au-delà de l'ingénierie, il faut à présent mobiliser massivement les investissements de la relance.

Plus de cinq mois après le coup d’envoi officiel du programme Petites Villes de demain à Barentin (Seine-Maritime), la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault a indiqué, le 18 mars, que ce nouveau programme est à présent "en ordre de marche". Quelque 1.622 communes ont finalement été retenues. "Dans la sélection nous nous sommes orientés vers celles qui nécessitaient le plus d’accompagnement", a-t-elle précisé, lors du Printemps des Territoires organisé par la Banque des Territoires. Alors que le programme de revitalisation des 222 villes moyennes Action cœur de ville était déjà sur sa lancée à son arrivée au gouvernement, c’est elle, a-t-elle rappelé, qui avait insisté auprès du président de la République pour que les petites communes de moins de 20.000 habitants fassent l’objet d’une attention particulière. Et c'est lors des assises de l'Association des petites villes de France (APVF) à Uzès, en septembre 2019, que l'ancien Premier ministre Edouard Philippe avait dévoilé les grandes lignes de ce nouveau programme de revitalisation. Si les petites villes sont le coeur de cible, il n’y a pas de seuil plancher, a tenu à préciser la ministre (le programme figure d’ailleurs dans l’Agenda rural). Ce qui a compté dans la sélection, c’est que ces villes aient une "fonction de centralité". "Leur rôle sur le bassin de vie qu’elles irriguent est fondamental", a souligné Jacqueline Gourault.

"La crise demande qu’on aille beaucoup plus vite"

Ces villes qui regroupent 7 millions d’habitants, soit 10% de la population française, cumulent des difficultés : une population vieillissante (12,6% de plus de 75 ans), une forte proportion de jeunes en difficulté d’insertion (20,4%), un taux de chômage de 16% et un taux de pauvreté de 15,7%, a détaillé Stéphane Keïta, président-directeur général de la Scet (filiale de la Banque des Territoires).

"J’en ai rêvé et ça a été fait", a salué le président de l'APVF et maire de Barentin Christophe Bouillon. "Il faut s’en saisir, la crise demande qu’on aille beaucoup plus vite", a-t-il lancé à la fois aux maires et à l’Etat, alors que seulement 6 conventions sont abouties à ce jour. "Il ne faudrait pas que tout se perde dans de la tuyauterie."

Le programme piloté par l’ANCT bénéficiera d’un budget de 3 milliards d’euros – hors plan de relance – pendant la durée du mandat municipal, dont 435 millions d’euros de la Banque des Territoires, 288 de l’Anah et 1,8 milliard d’euros de l'État (répartis entre le ministère de la Cohésion des territoires et celui de la Transition écologique). Les partenaires prendront par exemple en charge 75% du recrutement de chefs de projets. "On entend bien que des communes sont déjà prêtes et d’autres moins avancées. D’où l’importance des chefs de projets", a insisté Jacqueline Gourault. "Ces dernières années la multiplication des appels à projets et des appels à manifestation d’intérêt a constitué une prime aux grandes villes. Il faut d’abord une réponse en termes d’ingénierie", a insisté Christophe Bouillon.

"Nous avons surtout besoin d’aide à l’investissement"

Mais les maires entendent aussi profiter au mieux des mannes du plan de relance. "Au-delà de l’ingénierie, nous avons surtout besoin d’aide à l’investissement", a insisté Xavier Nicolas, maire de Senonches (Eure-et-Loir) qui, comme beaucoup de petites communes en proximité de métropoles, attire de nouveaux habitants avec leurs "exigences" : équipements médicaux, services, urbanisme vieillot, circulation… "Ce sont des investissements lourds, souvent il n’y a pas de réponse du marché dans nos petites villes", a-t-il souligné. "Il faut que les investissements pleuvent sur les territoires, a abondé Christophe Bouillon. Pour la ministre, le plan de relance sera au rendez-vous. Et de lister le milliard d’euros supplémentaire de la Dsil, le milliard consacré à la rénovation thermique, le "fonds friches" de 300 millions d’euros (qui a déjà bénéficié à Barentin), le volet investissement du Ségur de la santé "avec son programme déconcentré dans les mains du préfet pour aider à accompagner les hôpitaux locaux et les Ehpad", la rénovation énergétique des bâtiments de l’Etat (tribunaux, église…)… "Je connais beaucoup de petites communes qui attendent cet accompagnement", a ajouté la ministre, rappelant avoir été pendant 25 ans maire de La Chaussée-Saint-Victor, petite commune de 4.500 habitants dans le Loir-et-Cher. "Accompagner les villes moyennes et les petites villes, c’est un grand service que l’on rend à notre pays."

 

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