Michel Tendil

Investissements - Plan Juncker : le commissaire Katainen veut mobiliser les régions

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Développement économique

Europe et international

Avec 12 projets d'infrastructures financés à ce jour, la France est le premier bénéficiaire du "plan Juncker". Pour autant, le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, de passage à Paris, le 7 avril, exhorte les collectivités locales à davantage s'y intéresser. D'autant que la plateforme d'assistance technique est désormais opérationnelle.

Il convient de "rester très humble pour le moment". Le vice-président de la Commission européenne chargé de l'emploi, de la croissance, de l'investissement et de la compétitivité, le Finlandais Jyrki Katainen, n'est pas du genre à plastronner. Le plan Juncker lancé mi-2015 se met en route et il est trop tôt selon lui pour envisager une extension. Au mois de mars, 54 projets d'infrastructures et d'innovation avaient été financés à l'échelle de l'Europe, a-t-il indiqué, le 7 avril, de passage à Paris pour présenter les avancées de ce plan. A cela s'ajoutent 150 dossiers de financements d'entreprises. Au total, 76 milliards d'euros ont ainsi été investis en Europe, en prenant en compte l'effet de levier attendu sur le secteur privé. Soit le quart des 315 milliards d'euros supplémentaires que le plan ambitionne d'injecter dans l'économie européenne à horizon 2018 pour relancer l'investissement en berne et ouvrir de nouvelles perspectives de croissance. Selon la Commission, après avoir chuté de 3.000 milliards d'euros en 2007 à 2.600 en 2013, les investissements devraient renouer "avec les tendances connues par le passé". Elle espère ainsi un retour à 2.900 milliards d'euros en 2017.
Concernant les infrastructures, la France occupe la première place (devant l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne) avec 12 projets financés à hauteur d'1,6 milliard d'euros du Fesi (Fonds européen pour les investissements stratégiques), l'outil financier du plan porté par la Banque européenne d'investissement (BEI). De quoi, selon Bruxelles, engranger pour 6,4 milliards d'investissements au total et créer environ 24.000 emplois. Même si, là encore, le commissaire préfère rester prudent.

Un "malendendu"

Jyrki Katainen a pris pour exemple le projet de rénovation énergétique de 40.000 logements individuels en Ile-de-France qui a bénéficié d'un prêt de 400 millions d'euros de la BEI pour un investissement total attendu de 800 millions d'euros. Un projet original qui s'appuie sur une société d'économie mixte baptisée Positi'if. Ce qui a permis de regrouper plusieurs projets pour atteindre la taille critique des 50 millions d'euros et de couvrir pour les prioriétaires l'assistance technique et financière nécessaire à de telles opérations. "Un logement pris individuellement n'est pas nécessairement attractif pour les banques, mais si on les regroupe, cela devient beaucoup plus intéressant pour le secteur privé", a expliqué Jyrki Katainen pour qui ce projet doit faire tache d'huile en Europe... et réveiller les collectivités encore trop timides. Car selon lui, le plan souffre toujours d'un "malentendu" : trop de régions et de collectivités considérent que les projets sont portés par les gouvernements. "Maintenant, ce sera plus facile car nous avons des exemples à montrer comme la plateforme pour la rénovation énergétique française", a-t-il souligné.

La plateforme d'assistance technique opérationnelle

A noter que les porteurs de projets peuvent désormais bénéficier des conseils de la plateforme d'assistance technique qui est opérationnelle depuis septembre 2015. 105 questions lui ont été déposées à ce jour, a indiqué le commissaire, pour une grande part en provenance d'entreprises. Mais elle est aussi utile "pour les régions et les municipalités", a-t-il insisté, les exhortant à franchir le pas.
Jyrki Katainen a développé un axe moins connu du plan Juncker : la création d'un environnement plus propice à l'investissement. Ce qui veut dire : mener à bien les réformes structurelles que Bruxelles attend des Etats membres. Il y a eu des "réformes positives" comme la réforme territoriale, a-t-il dit, mais il y a un "besoin de plus d'actions". Et de rappeler le taux d'endettement de la France de plus de 90% du PIB (95,7%). Il attend notamment des réformes dans le domaine de l'éducation (les dépenses y sont de 15% inférieures à la moyenne des pays de l'OCDE) et de la formation. Avant le 15 avril, le gouvernement remettra à Bruxelles son programme de réformes nationales.
 

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