Politiques vélo : combien ça coûte ?

Le Club des villes et territoires cyclables vient de publier un guide des coûts des politiques vélo. Destiné aux élus et techniciens territoriaux, il vise à répondre aux questions qu'ils se posent lors de l'établissement d'un plan vélo et à faciliter les estimations et budgets prévisionnels des politiques cyclables.

Le Club des villes et territoires cyclables a publié ce 2 décembre son "Guide des coûts des politiques vélo" pour accompagner les élus et techniciens territoriaux qui souhaitent mettre en place un plan vélo. Conçu et réalisé avec le soutien et la collaboration de l'Ademe, du Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) et de 31 territoires (villes, intercommunalités, départements, régions) adhérents du Club, ce document très complet – il compte près d'une centaine de pages –  vise à les aider à programmer et planifier leur politique vélo mais aussi à les appuyer dans leurs projets plus ponctuels ou spécifiques, en leur permettant de réaliser des estimations et de monter des budgets prévisionnels. Coûts d’une piste cyclable, de la création d’un service de location de vélos en libre-service, d’aménagements cyclables de transition ("coronapistes"), d’une étude de trafic, d’une fête du vélo, d’un marquage au sol… : les budgets de chacune de ces composantes potentielles d’un plan vélo (des infrastructures aux services) ont été estimés sur la base d’une enquête réalisée durant un an.

 

Les grands jalons du plan vélo passés au crible

Le Guide, qui livre aussi des retours d'expériences d'élus, est structuré en quatre grandes parties. Il commence en toute logique par la phase de conception jusqu'à la mise en oeuvre de la politique vélo : les moyens humains, les études externalisées, le comptage vélo. Puis viennent les aménagements, avec là encore de nombreux exemples locaux : voirie ; signalétique et jalonnement ; aménagements cyclables de transition ; stationnement ; matériaux recyclés, recyclables, perméables, à faible bilan carbone ; aménagements spécifiques ou innovants. La troisième partie développe les services proposés par les collectivités et par les associations qu'elles soutiennent, l’animation et la communication, l'appui technique et financier aux citoyens, associations et entreprises.

 

Recettes et aides financières

Enfin le guide développe les recettes et aides financières existantes. Parmi les premières sont détaillées les redevances pour l'occupation de l'espace public par des vélos ou trottinettes en libre-service – qui peuvent représenter entre 10 et 20 euros par vélo et par an, selon des informations recueillies auprès de trois collectivités les ayant encaissées – et les recettes provenant de services de location de vélos ou de stationnements sécurisés payants.


Quant aux subventions aux collectivités pour soutenir leur politique cyclable, elles peuvent revêtir des formes très variées : fonds européens (programme Leader), Fonds "Mobilités actives" du Plan vélo, programmes de certificats d'économies d'énergie (CEE) dédiés au transport. Parmi ceux-ci, on trouve Alveole, porté par la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) et la société de conseil en performance énergétique Rozo, pour financer la création de places de stationnement vélo sécurisé ; le programme Avélo, porté par l’Ademe pour accompagner les territoires dans la définition, l’expérimentation et l’animation de leurs politiques cyclables ; le programme O’vélO, porté par la société Énergies Demain, qui promeut les déplacements domicile-travail à vélo à assistance électrique (VAE) auprès des agents de la fonction publique et des salariés d’entreprises ; le programme V-logistique, porté par l’Union Sport & Cycle, qui accompagne les collectivités et les entreprises qui remplacent, pour leurs trajets, les véhicules à moteur thermique par des vélos et vélos cargo à assistance électrique ; le programme ADMA, porté par la FUB et la société Rozo, qui vise notamment à accompagner les collectivités dans l’intégration du vélo et des piétons dans leurs politiques publiques, ou encore le programme PEnD-Aura+, porté par la région Auvergne-Rhône- Alpes, qui accompagne les territoires ruraux, en périphéries urbaines ou les zones peu denses, dans la mise en oeuvre de solutions pour les mobilités du quotidien, en particulier à vélo. Autres aides financières possibles pour le vélo : la dotation de soutien à l'investissement local (DSIL), la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR), les contrats de plan État-région (CPER), les contrats de ville. Sans oublier la Banque des Territoires qui peut intervenir de trois manières, selon le guide : "financer des études 'mobilité' pour accompagner les collectivités dans la définition de leur projet et leur mise en place opérationnelle à hauteur de 50 %"; via une "offre de prêt (…) pour les projets de modernisation d’infrastructures de transport et le développement des mobilités durables" ou "un investissement financier (…) dans des partenariats publics-privés, pour permettre le développement de services de mobilité non rentables lors de leur lancement".

 

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