Anne Lenormand

Environnement / Santé - Pollution de l'air : une étude dans neuf grandes villes confirme un fort impact sur la santé

Environnement

Energie

Santé, médico-social, vieillissement

La réduction de la pollution de l'air permettrait d'économiser 5 milliards d'euros et par an et d'allonger l'espérance de vie en évitant près de 3.000 décès annuels. C'est ce qu'indique une étude portant sur neuf villes françaises publiée le 10 septembre par l'Institut de veille sanitaire (InVS).
Les neuf villes étudiées - Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse - totalisent 12 millions d'habitants, dont 6,5 millions dans la seule zone de Paris. Elles ont toutes participé au projet européen Aphekom d'évaluation de l'impact sanitaire et économique de la pollution atmosphérique urbaine dans 25 villes européennes, dont les conclusions avaient été rendues publiques en mars 2011. L'InVS, tout en confirmant l'effet sur l'espérance de vie évoqué à l'époque, est revenu sur le sujet en détaillant l'impact en termes d'hospitalisations et de coût économique de cette pollution de l'air en ville.
Les neuf villes françaises étudiées présentent ainsi des niveaux de particules et d'ozone supérieurs aux valeurs guides recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a précisé l'InVS. Il s'agit de "valeurs d'exposition moyennes", a rappelé Christophe Declercq de l'InVS, en soulignant l'existence d'une "forte hétérogénéité" selon les quartiers. Ainsi sur la période 2004-2006, le niveau moyen de particules fines (PM2,5) variait de 14 µg/m3 à Toulouse ou au Havre à 20 µg/m3 à Marseille, pour une valeur guide de 10μg/m3. Pour les particules fines PM10, dont la valeur guide est de 20 μg/m3, les concentrations variaient de 21,9 μg/m3 à Toulouse à 29,9 μg/m3 à Marseille, toujours entre 2004 et 2006. Pour l'ozone, aucune des villes étudiées ne respectait toute l'année la valeur guide journalière (100 µg/m3 maximum sur huit heures), le nombre de dépassements journaliers variant de 81 au Havre à 307 à Marseille.
Pour l'INvS, "les bénéfices sanitaires et économiques potentiels associés à une amélioration de la qualité de l'air sont tout à fait substantiels". Ainsi l'espérance de vie des personnes âgées de 30 ans et plus pourrait augmenter de 3,6 mois à Toulouse et jusqu'à 7,5 mois à Marseille si les concentrations moyennes annuelles de particules fines PM2,5 respectaient la valeur guide de l'OMS . Cela équivaudrait "à différer près de 3.000 décès par an", souligne l'étude qui indique que " le bénéfice économique associé est estimé à près de cinq milliards d'euros par an."
De plus, "près de 360 hospitalisations cardiaques et plus de 630 hospitalisations respiratoires par an dans les neuf villes pourraient être évitées si les concentrations moyennes annuelles de particules inhalables (PM10 et particules plus petites) respectaient les recommandations de l'OMS. Le bénéfice économique annuel dans ce cas est estimé à près de 4 millions d'euros.
Enfin, une soixantaine de décès et tout autant d'hospitalisations respiratoires par an dans les neuf villes pourraient être évités si le maximum journalier d'ozone ne dépassait pas la valeur OMS. Sur ce plan, près de 6 millions d'euros pourraient être économisés chaque année.
Les résultats de l'étude confirment que les effets de la pollution atmosphérique sur la santé sont observés au jour le jour, pour des niveaux moyens de particules fines, en l'absence même de pics de pollution, note encore l'InVS.

Haut de page