Potentiel de relocalisations en Bretagne : plus de 5 milliards d'euros et 130.000 emplois

Plus de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 130.000 emplois d'ici 2030 : le potentiel de relocalisations en Bretagne a été mesuré dans une étude commandée par l'association Produit en Bretagne, présentée le 12 février 2021. Les domaines sont variés : de l'industrie au tourisme en passant par la cybersécurité et les énergies renouvelables.

5,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 131.648 emplois. C'est le potentiel de relocalisations identifié à l'horizon 2030 pour la Bretagne par Produit en Bretagne. L'étude commandée par cette association qui rassemble 472 entreprises de tous les secteurs (agroalimentaire, distribution, culture, équipement industriel, services…) a été réalisée par Goodwill Management. Ses grandes lignes ont été présentées le 12 février 2021. Elle s'est attachée à identifier quelles relocalisations et quelles localisations pouvaient être envisagées en Bretagne. À partir d'une analyse macro-économique (Insee, études sectorielles, nationales) et d'une enquête de terrain, 582 secteurs économiques ont ainsi été étudiés.

L'étude identifie trois sources de développement principales. La première correspond aux efforts en termes de relocalisation industrielle. Ceux-ci représenteraient 2,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an et 2,5 milliards d'euros de valeur ajoutée cumulée, soit 1,7% du PIB du territoire et 61.848 emplois soutenus, qu'ils soient directs, indirects ou induits.

Le "zéro export déchets" permettrait par exemple de dégager quelque 3.400 emplois, relève la note, tandis que les relocalisations dans le domaine de l'aéronautique en dégageraient 8.148. "Dans ce domaine, où la Bretagne est consommatrice, nous pourrions produire sur le territoire ce que nous achetons à l'extérieur", a détaillé Loïc Hénaff, président de Produit en Bretagne durant la présentation de l'étude le 12 février.

20.000 nouveaux emplois dans le tourisme

Même chose pour les relocalisations dans des domaines comme les légumes, les ovoproduits et les pièces en métal, avec un enjeu de 35.128 emplois. Ou les relocalisations des activités liées aux emballages (4.256 emplois), à la plasturgie (2.446), au levage et à la manutention (2.642). Le potentiel autour des relocalisations des activités d'électronique, informatique, télécom, cybersécurité, robotique, représente quant à lui 2.250 emplois. 

Autre potentiel de développement : les localisations (ou développements). À savoir "un certain nombre d'activités naissantes, pour lesquelles nous pourrions œuvrer afin qu'elles se passent en Bretagne", a expliqué Loïc Hénaff. C'est le cas notamment dans le domaine de l'énergie, des biomatériaux, des composites, de l'aquaculture et de la recherche. 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires et 2 milliards d'euros de valeur ajoutée cumulée, soit 1,34% du PIB territorial et 49.800 emplois soutenus, pourraient être ainsi dégagés. Exemples avec la localisation d'activités liées aux énergies renouvelables (30.000 emplois), aux biomatériaux et composites (6.000) ou à la recherche (6.900).

Enfin, l'étude identifie aussi le tourisme comme source de développement économique, à travers l'utilisation des potentialités naturelles de la Bretagne. Si le mouvement est bien accompagné, Goodwill Management mise sur une forte augmentation d'ici à 2030 : +0,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires, +0,8% de PIB et 20.000 nouveaux emplois.

Des activités locomotives et des activités wagons

"Nous avons identifié qu'il y a des activités locomotives, et des activités wagons. Il faut concentrer les efforts sur les premières qui en tirent un tas d'autres", a insisté Loïc Hénaff.

L'étude a été présentée à la région, mais "il s'agit d'une base, à affiner dans les prochaines semaines, car ensuite nous rentrerons dans les plans d'actions, à travers des rencontres de dirigeants bretons", a détaillé le président de Produit en Bretagne : "Nous allons partager ces données avec d'autres réseaux, des acteurs publics, privés, des associations et des collectivités, pour voir qui veut s'emparer de quel sujet. Il est essentiel qu'on se mette au travail." L'association n'exclut toutefois pas que ce diagnostic, qui tient compte du Brexit, de la crise Covid et des enjeux autour de la transition écologique, permette de réactualiser les politiques publiques, et que la région mette la main à la poche pour aller plus vite. Le détail de l'étude en cours de finalisation sera accessible d'ici quelques semaines.

On le sait, le thème des relocalisations, à l'heure de la crise sanitaire et économique, est central. D'après les données du cabinet Trendeo (voir notre article du 8 février), les projets de ce type sont en accélération en fin d'année 2020 (pour la première fois les relocalisations ont dépassé les délocalisations en 2020), et contrairement à certaines idées reçues, les aides publiques qui leur sont destinées fonctionnent.

 

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