Prévention des noyades : les collectivités pourront utiliser les piscines "touristiques"

Une convention signée, d'un côté par les ministères de l'Éducation nationale, des Sports et du Tourisme, de l'autre par les professionnels de l’hébergement touristique collectif, ouvre la possibilité pour les collectivités de recourir à des piscines privées à usage collectif pour l'apprentissage de la natation.

Les collectivités locales, mais également les écoles, les centres de loisirs et les clubs sportifs qui organisent des "stages bleus" (apprentissage de l’aisance aquatique groupé sur une ou deux semaines avec séances quotidiennes ou biquotidiennes de 40 à 45 minutes) en période de vacances comme sur le temps scolaire vont pouvoir utiliser pour ce faire des piscines de campings, hôtels, villages vacances et autres centres de vacances habituellement réservées à la clientèle. L'annonce en a été faite le 4 mai dans un communiqué commun de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Roxana Maracineanu, ministre déléguée chargée des Sports, et Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué chargé du Tourisme, lesquels ont signé une convention avec les professionnels de l’hébergement touristique collectif.

Pour les trois ministres, cette initiative devrait faire coup double. D'abord, en s'inscrivant dans le cadre du plan de prévention des noyades, elle vise à favoriser l’acquisition de l’aisance aquatique et de l’apprentissage du savoir-nager pour les plus jeunes. Par ailleurs, dans le cadre du plan de reconquête et de transformation du tourisme, elle doit permettre de développer une offre de service en basse saison en partenariat avec les collectivités, les établissements scolaires et le mouvement sportif, afin de participer à la relance du secteur de l’hôtellerie, en favorisant le tissu local et la diversification des offres de service.

Surveillance obligatoire

Les modèles de convention, disponibles notamment sur le site du Groupement national des indépendants de l'hôtellerie et de la restauration (GNI-HCR) ici et , précisent que les signataires s'engagent à appliquer, lors de la mise à disposition des bassins au bénéfice de l’enseignement de la natation et uniquement dans ce cas, l’ensemble de la réglementation relative aux établissements de baignade d’accès payant. Cela vise particulièrement la sécurité. Il sera en effet demandé que soit assurée une surveillance constante par du personnel qualifié, le cas échéant mis à disposition par la collectivité. Rappelons ici que la surveillance n'est pas obligatoire dans les piscines d’hôtel, campings, villages de vacances, centres de vacances ou copropriétés quand elles sont exclusivement réservées aux clients, résidents ou invités.

En outre, les équipements de bain mis à disposition devront respecter les normes d’hygiène, les garanties techniques et de sécurité et la protection de la santé. Ainsi, l'occupation du bassin devra être appréciée à raison d'au moins 1 m2 de plan d'eau par baigneur pour les bassins couverts et de 2 m2 de plan d’eau pour trois baigneurs pour les bassins extérieurs. Le nombre maximum d'enfants que chaque bassin pourra accueillir simultanément devra donc être précisé dans la convention.

On notera encore qu'une ouverture concomitante du bassin à différents publics – clientèle privée, d'un côté, et enfants en apprentissage, de l'autre – sera possible. Dans ce cas, il est conseillé de délimiter des espaces réservés compte tenu des exigences de sécurité et des impératifs d'enseignement.

À titre gracieux… ou non

Enfin, il est recommandé, avant toute mise à disposition, d'organiser une réunion de concertation et d’harmonisation pédagogique entre les partenaires en amont de la première séance. Elle réunira le propriétaire de l’équipement, le responsable de la surveillance des bassins, l'encadrement du club, le cas échéant, et les collectivités du territoire.

Cette mise à disposition pourra être faite à titre gracieux ou non. En cas de mise à disposition à titre onéreux, la collectivité pourra en supporter le coût pour tout ou partie. Le modèle de convention, pas plus que le communiqué commun des ministères, ne prévoit en revanche de participation financière de l'État.

Alors que la France manque de bassins d'apprentissage de la natation, combien de piscines privées à usage collectif pourraient-elles participer à ce dispositif ? Joint par Localtis, le ministère des Sports précise qu'"il existe 8.000 bassins répartis entre hôtels et campings" et espère "qu'un maximum d'établissements se mobiliseront".

La noyade accidentelle est la première cause de mortalité par accident de la vie courante pour les moins de 25 ans et tue chaque année mille personnes dont 250 enfants.

 

 

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