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Service national universel : les premiers volontaires majoritairement satisfaits

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par
Caroline Megglé pour Localtis
dans

Jeunesse, éducation et formation

Citoyenneté et services au public

Les premiers "appelés" du service national universel, qui s'étaient portés volontaires pour expérimenter le dispositif dès juin 2019 dans 13 départements, se sont majoritairement déclarés "satisfaits" à l'issue de leur séjour de cohésion. Ils plébiscitent les activités sportives ou liées à la défense et à la découverte de l'engagement. Le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse entend s'appuyer sur ces premiers éléments d'évaluation pour préparer le déploiement de l'expérimentation. 

Le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse a diffusé le 10 novembre 2019 les premiers éléments d'évaluation de la préfiguration du service national universel (SNU), élaborés par l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep). Le lendemain, lors des commémorations du 11 Novembre 1918, des jeunes volontaires du SNU étaient mis en avant dans les 13 départements préfigurateurs et à Paris.

Des jeunes volontaires globalement satisfaits

"94% des jeunes se disent satisfaits de ce séjour de cohésion", se félicite le ministère. "Ce taux très élevé [49% de "très satisfaits" et 45% de "plutôt satisfaits", ndlr] est bien sûr à interpréter en gardant à l’esprit que les jeunes de cette phase de préfiguration sont des volontaires", précise l'Injep. Ces résultats portent sur un questionnaire administré par Ipsos-Observer à la fin du premier séjour ayant eu lieu en juin 2019 dans les 14 centres d'accueil (voir notre article du 17 juin 2019). 1.806 jeunes, soit 92% des 2.000 participants qui avaient 15 ou 16 ans au moment de cette préfiguration de la première étape du SNU, y ont répondu.

"La mixité sociale et territoriale et les activités physiques, inspirées des préparations militaires, ont été particulièrement plébiscitées", retient d'abord le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. "78% des jeunes déclarent en effet avoir rencontré parmi les autres volontaires des personnes d'un milieu social différent", selon l'Injep. Dans la perception de ces différences de "milieu social" par les volontaires, la "dimension territoriale, par exemple les départements d’origine ou l’opposition villes/ campagnes" a été "très présente dans les entretiens réalisés avec les jeunes", peut-on lire dans l'étude. Selon le ministère, "269 entretiens réalisés avec des jeunes et 272 entretiens avec des adultes encadrants ou intervenants" ont été conduits par l'Injep autour de cette préfiguration du SNU.

Interrogés sur les "conditions matérielles et d’organisation de leur séjour", 69% des jeunes ont toutefois mis en avant la nécessité d'améliorer l’emploi du temps et l’organisation des journées, du fait notamment d'un "important volume horaire dédié aux activités".

Un profil spécifique de jeunes sur le lien à l'armée

Parmi les modules d'activités proposés, ont été plébiscitées les "activités sportives et de cohésion", jugées "très intéressantes" par 78% des jeunes et "plutôt intéressants" par 17%. Autres thématiques à succès : les modules "défense, sécurité et résilience nationale" (93% de répondants intéressés) et "sensibilisation à l'engagement" (86%). Viennent ensuite "connaissance des services publics et accès aux droits" (77%), "culture et patrimoine" (75%), "citoyenneté nationale et européenne" (74%) et "développement durable" (70%).

Dans l'année suivant cette phase de cohésion, les volontaires devaient s'organiser pour réaliser une mission d'intérêt général. Interrogés sur le domaine qu'ils souhaitaient privilégier pour cette mission, les jeunes ont là encore cité la défense et la sécurité (63%) et le sport (42%), avant la santé (24%), la solidarité avec des personnes en difficulté sociale (19%), l'éducation (18%) ou encore l'environnement (18%).

"La première image véhiculée d’un séjour dans un cadre avec une forte discipline et une dimension sportive importante a attiré plus particulièrement des jeunes sensibles à ces dimensions", commente l'Injep. "Pour certains d’entre eux, le SNU s’inscrit d’ailleurs dans un projet pour devenir militaire, pompier ou gendarme." À noter que les jeunes volontaires ont "un profil très spécifique de ce point de vue" puisque près d'un tiers d'entre eux a déclaré "que l’un de ses parents travaille ou a déjà travaillé dans l’armée".

La mixité sociale, la sensibilisation à l'engagement et l'apprentissage des bons réflexes en cas de danger 

Quant à la généralisation du SNU tel qu'ils l'ont vécu, elle est jugée "utile" par 84% des répondants. Les trois objectifs classés en tête sont : "améliorer la mixité sociale", "faire que les jeunes soient plus engagés" et "apprendre les gestes de premiers secours, les réaction en cas d'attentat, de catastrophe".

Pour la suite, le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse entend favoriser encore davantage une "pédagogie active", "réorganiser le programme des journées" ou encore renforcer la dimension interministérielle du dispositif – l'utilité des bilans de santé étant en particulier soulignée. Le secrétariat d'État de Gabriel Attal insiste enfin sur la dimension "autonomie" favorisée par ce séjour de cohésion : "l'essentiel des appelés quittait pour la première fois le domicile familial, 60% d'entre eux ont pris le TGV pour la première fois de leur vie", souligne-t-il. En 2020, Gabriel Attal vise la participation de 30.000 jeunes à la poursuite de la préfiguration du SNU, ce qui nécessitera l'implication d'un nombre bien plus important de collectivités qu'en 2019.

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