Territoires "zéro chômeur" : l'Etat et la Caisse des Dépôts contribuent aux fonds propres des entreprises

Le déploiement de l'expérimentation "Territoires zéro chômeur de longue durée" s'accélère. Dans les dix territoires concernés*, "87 CDI ont déjà été signés par d’anciens chômeurs de longue durée et plus de 300 emplois pourraient voir le jour dès le premier trimestre de cette année", annoncent le ministère du Travail et la Caisse des Dépôts dans un communiqué conjoint.
Pour financer leur fonctionnement dans cette phase de démarrage et signer ces nouveaux contrats, ces entreprises "à but d'emploi" doivent avoir un minimum de fonds propres. La Caisse des Dépôts vient ainsi d'attribuer des prêts à quatre entreprises, des ressources qui constituent des quasi-fonds propres destinés à "permettre leur démarrage d’activité et faire levier sur d’autres financements privés". Les montants prêtés devraient être "de 50.000 à 150.000 euros, selon le plan d'investissement des entreprises", nous a précisé  Clémentine Hodeau, coordinatrice du projet au sein de l'association gestionnaire du Fonds d'expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée. Six demandes de prêts pour les autres entreprises des territoires expérimentateurs ont été déposées. "Les directions régionales de la Caisse des Dépôts sont pleinement mobilisées pour accompagner ces projets dans les territoires", selon le communiqué.

Un million d'euros de subventions réparti entre les dix entreprises

Parallèlement, un million d'euros issu de l'enveloppe globale du soutien de l'Etat à l'expérimentation pour sa première année de fonctionnement – 14,9 millions dans la loi de finances 2017 – sera réparti entre les dix entreprises par les services de l'Etat, selon une proposition du Fonds d'expérimentation qui tient compte des besoins de trésorerie et de fonds propres des différentes structures. Le reste de l'enveloppe, géré par le Fonds d'expérimentation, n'est en effet destiné qu'à rembourser aux entreprises, à la fin de chaque mois, les salaires et charges versés aux employés.
"En versant 101% du Smic, on couvre environ 80% du coût de l'entreprise", a expliqué Clémentine Hodeau. "Avant de réussir à dégager les 20% restants", l'aide de l'Etat et de la Caisse des Dépôts permettra aux entreprises d'honorer les premières commandes, de prendre en charge les indispensables frais de fonctionnement tels que des véhicules.
"En outre, il a été décidé que les préfets piloteraient, avec l’appui des Direccte, des comités de financeurs permettant de réunir toutes les parties prenantes du financement de ces entreprises et de l’expérimentation localement", ajoute le ministère du Travail.
Les entreprises créées sont toutes multi-activités, sur des champs "interstitiels" qui ne seraient pas rentables pour une entreprise traditionnelle. A Mauléon (Deux-Sèvres), l'entreprise Esiam effectue des travaux d'entretien de routes et d'espaces verts, de défrichage, de récupération et de tri de tissus, de surveillance de maisons, des services d'aide à domicile… Les comités locaux doivent être vigilants pour éviter le risque de concurrence avec les entreprises locales. Ces dernières, assure Clémentine Hodeau, "sont les plus proactives" et suggèrent par exemple aux entreprises à but d'emploi de s'investir dans des activités sur lesquelles elles-mêmes ne peuvent se positionner.

* Colombelles (14), Colombey-les-Belles (54), Jouques (13), Mauléon (79), Métropole de Lille (59), Nièvre et Forêt (58), Paris XIIIe, Pipirac (35), Thiers (63), Villeurbanne, quartier Saint-Jean (69)

 

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