Aménagement - Treize écoquartiers titulaires du label national

Le 9 septembre, la ministre de l'Egalité des territoires et du Logement a dévoilé la liste des premiers titulaires du label national ÉcoQuartier. Treize opérations portées par des villes ou communes ont été distinguées.

Lancé en décembre 2012, le label national ÉcoQuartier est attribué en trois étapes : lancement de la démarche, pérennisation puis labellisation une fois le projet bien avancé. Ce sont donc des opérations achevées et livrées qui ont raflé les premiers labels (1). La charte qu'ils doivent respecter contient vingt engagements et chaque projet a été évalué au vu de vingt critères (qualité du diagnostic, de la gouvernance, des circulations douces) et de vingt indicateurs chiffrés (pourcentage de logements sociaux, consommations énergétiques, densité). La gestion du label, comme l'a annoncé la ministre, va être confiée à une structure très prochainement créée qui se dénommera l'Institut de la ville durable. Ce label vise tous les profils possibles de collectivités. Et donc pas uniquement les grandes villes. Précurseur en milieu rural, l'opération d'éco-construction d'une trentaine de logements dans la petite commune d'Hédé-Bazouges, en Ille-et-Vilaine, vient ainsi d'être labellisée. Autre exemple : en lisière d'un parc naturel régional, la commune de La Rivière (Isère), a aussi obtenu le label pour sa sortie de terre d'un quartier revitalisant le coeur de bourg. Une autre caractéristique est pointée par le ministère : ce label n'étant pas normatif, il "permet à tous les projets d'apporter leurs propres réponses aux objectifs nationaux" et reste fondé sur "la mise en pratique d'une approche intégrée de l'aménagement".

Treize opérations

"Ce n'est plus un concept, c'est la réalité [...]. Les treize opérations labellisées aujourd'hui représentent 18.313 logements, dont plus de la moitié sont des logements sociaux", s'est félicitée Cécile Duflot. D'un programme à l'autre, la diversité est de mise. Nul rapport, en effet, entre la reconversion de friches industrielles à Boulogne-Billancourt, dans le quartier du Trapèze, et la requalification d'îlots dégradés à Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Tout semble aussi opposer deux autres opérations labellisées, l'écoquartier des Rives de la Haute Deule, un territoire au passé industriel très marqué au sud-ouest de l'agglomération lilloise, et le quartier d'habitat social de la Ravine Blanche, à Saint-Pierre à la Réunion. Un point commun, néanmoins : tous ces projets ont amélioré le cadre de vie du quartier. Et tous, complète le ministère, "sont le creuset où se façonne un nouveau modèle social et urbain, fondé sur la concertation avec les habitants et la mixité sociale". Deux villes, Paris et Grenoble, sortent par ailleurs du lot en cumulant chacune deux opérations labellisées. A Paris, ce sont des opérations de renouvellement urbain dans les 19e et 20e arrondissements (ZAC Claude-Bernard et quartier Fréquel-Fontarabie). A Grenoble, cela concerne un programme de renouvellement urbain sur six hectares de friches polluées (quartier Bouchayer-Viallet) et une opération de reconversion d'une immense caserne militaire, en vue d'y loger un millier d'habitants, de créer des commerces et un parc urbain (ZAC de Bonne).

Premières réactions

La ville de Paris s'est félicitée par voie de communiqué de cette double labellisation, qui récompense "des visions très différentes de réflexion environnementale, l'une de rénovation de l'existant, l'autre de création du bâti et de mixité fonctionnelle". La Fédération des entreprises publiques locales (EPL) a également salué le fait que sur treize labels décernés, neuf soient portés par des EPL. Enfin, notons qu'une trentaine d'autres quartiers en cours de construction - soit près de 61.000 logements supplémentaires - ont reçu ce 9 septembre non un label mais l'estampille "projets engagés dans la labellisation". Les collectivités dont les écoquartiers ont été ainsi recensés s'en sont également félicitées. C'est le cas de la ville de Saint-Ouen qui, à travers un communiqué, revient sur son projet urbain des Docks et estime que ce recensement "la conforte dans ses choix de mener un aménagement durable au service de tous ses habitants". Même satisfaction à Montpellier, où deux quartiers sont distingués comme "projets engagés dans la labellisation".

 Morgan Boëdec / Victoires-Editions

(1) Les treize opérations labellisées sont Boulogne-Billancourt (Le Trapèze), Forcalquier (écoquartier historique), Grenoble (ZAC de Bonne et Bouchayet-Viallet), Mulhouse (Wolf-Wagner), Paris (Claude-Bernard et Fréquel-Fontarabie), Hédé-Bazouges (Les Courtils), La Chapelle-sur-Erdre (ZAC des Perrières), Lille (Les Rives de la Haute Deule), Lyon (La Duchère), Saint-Pierre (Ravine Blanche).

 

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