Urbanisme - Le label national EcoQuartier officiellement lancé

Attendu depuis plus d'un an, le nouveau label national EcoQuartier a été lancé le 14 décembre par Cécile Duflot. La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement a promis une procédure simplifiée et accélérée pour que les premiers labels soient délivrés dès 2013.

Annoncé par le précédent gouvernement lors du Palmarès national EcoQuartier 2011 (voir ci-contre notre article du 20 novembre 2011), le label national EcoQuartier a été officiellement lancé par Cécile Duflot le 14 décembre. En déplacement dans l'Essonne, la ministre de l'Egalité des territoires et du Logement a visité à Ris-Orangis comme à Brétigny-sur-Orge des chantiers de construction de logements érigés sur des friches industrielles ou sur des docks abandonnés aux squatteurs, et répondant aux normes du développement durable. "La transition écologique est un passage obligé pour construire la ville de demain", a lancé Cécile Duflot. "Grâce à ces bâtiments sobres, des productions locales d'énergies renouvelables et un effort de recyclage, ces quartiers limitent leur empreinte carbone et font fructifier (...) une écologie urbaine bénéfique à la biodiversité", a-t-elle poursuivi. Devant un parterre d'élus nationaux et locaux et des associations intervenant en matière de logement et d'aménagement du territoire, elle a jugé que "l'écoquartier va dans le bon sens, celui d'une économie sobre, verte, innovante et inclusive". "C'est par la mutation de notre habitat, au sens large, c'est-à-dire de notre environnement, de notre cadre de vie, du logement jusqu'au territoire, que nous pourrons transformer notre mode de développement", a insisté Cécile Duflot. Le label EcoQuartier "permet de penser différemment la construction de la ville" et il ne s'agit "pas seulement de répondre aux grands enjeux de transition énergétique ou de préservation de la biodiversité, mais aussi d'apporter la qualité de vie en ville, avec la présence d'espaces de la nature à proximité des espaces publics, les circulations douces pour une ville agréable à vivre", a-t-elle plaidé.
Engagée en 2008 dans la foulée du Grenelle de l'environnement,  la démarche ÉcoQuartier  promeut des projets"exemplaires" d'aménagement durable. Investies dans les deux appels à projets de 2009 (160 dossiers) et 2011 (394 dossiers), les collectivités sont plus de 500 à avoir rejoint le Club national EcoQuartier. Ces ensembles représentent "une part non négligeable de la production française de logements", souligne le ministère de l'Egalité des territoires et du Logement : les projets présentés en 2011 concernent plus de 200.000 logements, dont près de 66.000 logements sociaux. Et ils représentent 309.800 logements mis en chantier en 2010. "Aujourd'hui, les écoquartiers représentent 186 projets en phase opérationnelle, pour plus de 133.000 logements, a détaillé la ministre le 14 décembre. Ce sont souvent des projets importants pour les communes qui les portent, et ils participeront donc largement à l'effort de construction que je souhaite engager dans notre pays."

Un gage d'exemplarité


Pour Cécile Duflot, le nouveau label "doit achever la phase d'expérimentation et conduire à multiplier ces démarches sur l'ensemble du territoire". Labellisés, les EcoQuartiers seront "incontestables dans leurs intentions comme dans leurs usages", a-t-elle fait valoir. La ministre souhaite que ce label "pousse les collectivités à s'engager dans le développement des énergies renouvelables ou encore à la limitation des projets en termes d'extension urbaine". A ses yeux, le label sera "un gage d'exemplarité de la démarche pour éviter l'accusation de greenwashing, ce côté vitrine qui a parfois fait du tort aux véritables opérations intégrées et réussies. Ce sera aussi une garantie de qualité." La labellisation permettra également, selon elle, de "consacrer la réinvention des relations entre l'Etat, les collectivités, les acteurs professionnels et les associations qui est maintenant bien engagée". "Je veux par ailleurs que la démarche d'attribution de la labellisation soit claire et transparente", a insisté la ministre. La démarche "ne repose pas sur une norme, mais apporte des garanties de qualité sur un socle d'exigences fondamentales, à différents stades d'avancement" et a été conçue "de manière à ce qu'aucune collectivité ou aucun projet n'en soit exclu a priori", a-t-elle ajouté.
La labellisation se fera en trois étapes. La première consiste à encourager les collectivités à lancer des opérations d'écoquartiers à travers la signature d'une charte (téléchargeable sur www.territoires.gouv.fr ) qui formalise 20 engagements "vers la ville durable", répartis en quatre catégories. A savoir : "mettre en oeuvre un urbanisme autour d'un projet" ; "améliorer le quotidien des habitants" ; "dynamiser le territoire" et enfin "répondre à l'urgence climatique et environnementale". La deuxième étape vise à "pérenniser la démarche". L'équipe du projet "intègre un réseau, bénéficie de l'évaluation de ses objectifs, du suivi de sa démarche et éventuellement de conseils et d'aide à l'ingénierie". "Cela permet de structurer l'engagement de la collectivité à chaque temps fort du projet", a insisté Cécile Duflot. Troisième et dernière étape, la labellisation nationale en tant que telle, "vient garantir que les réponses apportées aux 20 engagements, le niveau d'ambition et les résultats attendus sont à la hauteur des enjeux". Ainsi, pour Cécile Duflot, "la labellisation valide une démarche politique. Ce qu'on labellise, c'est un chemin, un processus construit et structuré, l'assurance que les bonnes questions sont posées aux bons moments".
La ministre souhaite que les premiers labels soient accordés "dès 2013". "C'est pourquoi une procédure simplifiée et accélérée, prise en charge par le ministère de l'Egalité des territoires et du Logement et ses partenaires, sera accessible à la cinquantaine d'opérations lauréates des appels à projets 2009 et 2011", a promis Cécile Duflot. "Dans le même temps, la préfiguration d'une structure dédiée sera lancée, chargée d'animer le réseau mais également de valoriser les savoir-faire français en matière de ville durable à l'international. À terme, cette structure a vocation à prendre la forme, pourquoi pas, d'un institut de la ville durable", a-t-elle conclu.

 

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