Un programme pour mieux connaître les effets des pollutions industrielles sur la santé des habitants

L'association Amaris, qui regroupe des collectivités concernées par les risques technologiques majeurs, a lancé en début d'année, en partenariat avec l'Institut écocitoyen et la métropole de Lyon, le programme "Collectivités et pollutions industrielles" visant à mieux connaître les effets de ces dernières sur la santé. Plus de 30 collectivités participent aujourd'hui à cette démarche.

Un reportage faisant état d'une contamination aux composés perfluorés dans la vallée de la chimie, au sud de Lyon, diffusé ce 12 mai par le magazine Envoyé spécial, est venu rappeler les dangers des rejets industriels pour la santé des riverains. Or, si les collectivités se sont approprié la question des risques accidentels autour des grands sites industriels, le sujet des pollutions chroniques reste "plus difficilement maîtrisé par les collectivités territoriales", reconnaît Amaris (association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs), qui fédère environ 80 collectivités (communes et intercommunalités) qui ont un ou plusieurs sites Seveso seuil haut sur leur territoire. "Aujourd'hui, les collectivités ont peu de pouvoirs sur ces questions, poursuit-elle. Pour autant, elles sont les interlocutrices principales des habitants. Le sujet faisant appel à des expertises techniques et scientifiques qui mettent à distance les élus et techniciens des collectivités, il leur est bien souvent difficile d'apporter des réponses aux questions des habitants résidant ou travaillant à proximité de sites industriels."
Les échanges d'Amaris avec les collectivités ont permis de dresser une série de constats : connaissances insuffisantes des pollutions présentes sur leur territoire, mesures et suivis de polluants non adaptés aux particularités de chaque bassin industriel, impossibilité de répondre aux interrogations des habitants concernant l'impact des polluants sur leur santé ou encore difficulté de circulation de l'information.

Démarche participative et partenariale

Pour mieux connaître les pollutions industrielles et leurs effets sur la santé, l'association a engagé une démarche participative invitant pour la première fois les collectivités à travailler ensemble sur ces thématiques pour pouvoir développer leurs compétences, construire une analyse et des méthodologies communes. Plus de 30 collectivités ont déjà manifesté leur intérêt pour ce programme Collectivités et pollutions industrielles qui poursuit une triple ambition, détaille Amaris :

  • "dresser un état des lieux général pointant les atouts et manques de la réglementation, identifiant les acteurs et leurs champs de compétences, l'état de la connaissance, etc." ;
  • "rechercher et aller à la rencontre des territoires ayant engagé des démarches de connaissance et de participation citoyenne pouvant servir de socles à l'ensemble du réseau" ;
  • "partager tout au long du projet et rendre compte des résultats en formulant des propositions concernant les politiques publiques de santé environnementale".

Pour ce programme, l'association a noué un partenariat avec l'Institut écocitoyen qui travaille depuis plus de dix ans avec les collectivités et le monde de la recherche en développant des méthodes participatives et collaboratives avec les habitants de l'étang de Berre à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). L'École nationale des travaux publics de l'État accompagnera la démarche en posant un regard sociologique sur le rôle des collectivités en matière de santé et d'environnement. La métropole de Lyon, qui abrite sur son territoire la vallée de la chimie, s'est pour sa part engagée à soutenir la démarche pendant trois ans.

 

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