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Une mission sénatoriale pour consolider le dynamisme des petites communes rurales

Une mission sénatoriale travaille sur les "perspectives de l'aménagement du territoire" en s'intéressant plus particulièrement aux communes rurales de moins de 2.000 habitants. Elle devrait remettre ses conclusions à la fin du mois de février.

Vigie de l’aménagement du territoire, le Sénat publiera dans quelques semaines un nouveau rapport sur le sujet, après avoir débuté le quinquennat avec ce qui s’apparente rétrospectivement à une mise en garde face au "sentiment d’abandon" de nombreux habitants des campagnes (voir notre article du 31 mai 2017). Une mission d’information vient en effet d’être mise en place au sein de la commission Aménagement du territoire et développement durable pour plancher sur "les perspectives de l’aménagement du territoire". Elle devrait rendre ses conclusions fin février-début mars. L’enjeu : tenir prêt un socle de propositions en vue de la future mandature, avec un intérêt plus particulier pour les petites communes de moins de 2.000 habitants. "On est à un tournant en ce qui concerne les territoires ruraux, on assiste à des changements de paramètres, avec l’arrivée de nouveaux habitants, des mutations du commerce rural, etc.", explique à Localtis le sénateur LR de la Vienne Bruno Belin, l’un des cinq rapporteurs de la missions*. Une dizaine d’axes de travail ont été définis : développer les coopérations entre métropoles et territoires ruraux ; soutenir le développement de la logistique urbaine durable ; améliorer la prévention des risques naturels dans le cadre de la mise en œuvre de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi) ; renforcer l’inclusion numérique ; renforcer l’accès territorial aux soins ; accélérer la planification territoriale de la transition énergétique et climatique (PCAET, Sraddet) ; soutenir l’ingénierie de projet ; favoriser l’attractivité commerciale en zones rurales ; la sécurité des ouvrages d’art tels que les ponts ; le désenclavement et la mobilité.

"Le dynamisme démographique devient une opportunité" 

"Bien sûr on n’a pas la même chose dans tout le flanc ouest que dans le Massif central ou certaines régions isolées, mais quand même, le dynamisme démographique devient une opportunité pour les territoires ruraux, il y a un vrai changement à capter", souligne Bruno Belin qui s’intéressera plus particulièrement au commerce : circuits courts, changements de modes de consommation…. "La question des centres commerciaux en périphérie des villes, on connaît depuis trente ans. Là, ce qui nous intéresse, ce sont les communes de moins de 2.000 habitants qui connaissent un dynamisme. On voit surtout depuis deux ans, des personnes qui viennent habiter dans ces territoires parce qu’elles sont à la recherche d’espace. Le phénomène s’est accentué avec le printemps du premier confinement - cela change la donne - et il est concomitant du déploiement de la fibre." Mais avec l’arrivée de nouvelles populations "il faut que les services soient au rendez-vous".  Le sénateur plaide pour un "moratoire" sur toutes les décisions de fermetures de services, à commencer par les classes, car "il faut donner du temps aux territoires ruraux pour s’organiser".

Alimenter un vrai plan pour les petites communes rurales

Il pose aussi la question de la métropolisation, alors que la région dont est issue sa circonscription, la Nouvelle-Aquitaine, est un "mauvais exemple d’aménagement du territoire", avec Bordeaux Métropole qui capte 80% de la richesse régionale et concentre 1 million d’habitants sur les six, mais où le prix du mètre carré atteint les 15.000 euros, alors que "les territoires ruraux sont prêts à accueillir des habitants". La mission devrait aussi faire des propositions sur la redéfinition d’outils tels que les ZRR (zones de revitalisation rurale) ou l’ancien Fisac regretté par beaucoup. De quoi alimenter un vrai plan de revitalisation pour les petites communes rurales, complémentaire du programme Petites Villes de demain.

* Martine Filleul, Patricia Demas, Bruno Rojouan, Christine Herzog, Bruno Belin.

  • Après le Covid, des Français plutôt satisfaits de l'action de l'État

Les Français jugent favorablement l'action de l'État dans ses différents domaines. C'est ce qu'indique la 22e édition du baromètre des services publics de l'Institut Paul-Delouvrier réalisée par Kantar Public. Le niveau de satisfaction n'a jamais été aussi haut depuis 2004, date de démarrage de ce baromètre. 52% des Français interrogés ont ainsi une bonne opinion, un niveau jamais enregistré par le baromètre. Et certaines régions, comme les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine, se distinguent avec des opinions particulièrement positives. À l'opposé, les habitants de la Normandie, du Centre-Val de Loire et du Grand Est se montrent systématiquement plus négatifs quant à l'action de l'État.
Autre enseignement de la crise : l'ordre des priorités est chamboulé. Au premier rang des préoccupations des Français et sans surprise avec la crise Covid : la santé (48%), alors que ce thème occupait la troisième place pendant longtemps. À l'inverse, la lutte contre le chômage, longtemps priorité numéro 1, connaît une chute vertigineuse dans la hiérarchie des attentes depuis 2012. Avec une baisse de 8 points cette année à 30%, le thème arrive en cinquième position des attentes des Français.
Sur le podium, aux côtés de la santé, on retrouve l'éducation nationale (35%) qui a toujours eu une bonne place, et l'action en matière de police et de gendarmerie (35%), un thème qui s'est imposé en particulier depuis les attentats.
Par ailleurs, les Français jugent plutôt positivement la manière dont les services publics ont su faire face à la crise Covid. 75% estiment ainsi qu'ils ont su assurer la continuité de service et 74% adapter leurs modes de contact avec les usagers. Mais encore une fois, de fortes disparités existent au niveau territorial. Dans certaines régions, comme la Bretagne et la Bourgogne-Franche-Comté, les habitants sont très largement positifs sur ces aspects. Dans d'autres, comme le Grand Est et la région Paca, les habitants sont moins positifs.
Les Français ont toutefois globalement de fortes attentes en termes de proximité et d'accessibilité. Ils souhaitent notamment que les services publics répondent à leurs demandes dans les délais annoncés et les informent sur l'avancement de leur dossier et qu'ils soient joignables par téléphone ou en face-à-face et facilitent leurs démarches en ligne.

Emilie Zapalski pour Localtis