Environnement - Végétation, solaire, comportements économes : comment s'adapter au changement climatique en ville

Le comportement des usagers dans leurs logements sera tout aussi crucial pour faire face au réchauffement climatique dans la ville de demain, que les grands choix urbanistiques et techniques pouvant être mis en place dans le bâti, souligne une étude coordonnée par le Centre national de recherches météorologiques (Météo-France/CNRS) et présentée le 3 octobre lors d'une rencontre intitulée "Chaleur sur la ville" organisée par le Conseil d'Ile-de-France et l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) Ile-de-France.
Ce rapport dénommé "Muscade" (modélisation urbaine et stratégies d'adaptation au changement climatique pour anticiper la demande et la production énergétique), porté par une équipe pluridisciplinaire, s'est penché sur des stratégies d'adaptation au réchauffement, notamment dans le bâti, à Paris et dans sa banlieue, à l'horizon 2100, les prédictions promettant à l'agglomération le climat de Cordoue et des épisodes caniculaires plus marqués. Mais ce modèle peut se généraliser à d'autres cités.
Selon ses projections présentées le 3 octobre, les "choix individuels ont le plus fort impact sur les consommations d'énergie liée aux bâtiments". "Les choix quotidiens des gens jouent un rôle bien supérieur à tout ce que l'on peut atteindre via des solutions techniques et coûteuses", a souligné le chercheur Vincent Viguié, du Cired (Centre international de recherche sur l'environnement et le développement). Pour la climatisation, la consommation d'énergie chuterait de 80% si l'usager fixait la température à 26° au lieu de 23. En périodes de chaleur, la fermeture des volets en journée aurait aussi un impact fort, selon cette étude, qui ajoute que limiter la climatisation et donc ses rejets de chaleur dans la rue restreindrait en outre l'"îlot de chaleur", phénomène de surchauffe constaté dans les villes du fait de l'urbanisation.
Autre conclusion, l'utilisation de panneaux solaires permettrait de diminuer "très légèrement" l'îlot de chaleur, généré notamment par des sources de type chaudières, climatiseurs. Surtout, une implantation massive sur les toits pourrait compenser annuellement la consommation des bâtiments pour le chauffage et la climatisation.
L'étude insiste sur le rôle de la végétation dans le rafraîchissement de l'air. Surtout celle de pleine terre, plus probante que celle des toits qui est avant tout efficace pour l'isolation intérieure. Dans tous les cas, elle devra être arrosée. Accroître de 50% la végétation au sol dans tous les espaces disponibles, permettrait de baisser la température de 1 à 2°, soulignent les auteurs. Même si cet apport concerne surtout la couronne, Paris en profitera, la verdure agissant sur de longues distances.
L'IAU Ile-de-France, qui a participé au programme Muscade, vient aussi de publier en complément de ces recherches trois "Notes rapides" à partir de ses propres travaux. L'une intitulée "Le Sdrif : un modèle territorial pour anticiper le changement climatique" porte sur la planification de la ville durable. Elle montre qu'avec 19% de la population nationale et 15% de la consommation d'énergie, l'Ile-de-France est plus performante que d'autres métropoles équivalentes dans le monde. Alors que les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d'augmenter, le projet Ile-de-France 2030 a intégré cette contrainte en encourageant la nature en ville, les énergies renouvelables et la préservation des espaces agricoles et forestiers. Une deuxième note intitulée "La vulnérabilité de la ville à la chaleur par l'approche Zones climatiques locales" fait la synthèse du travail mené par l'IAU pour caractériser de manière très fine les îlots urbains et ruraux franciliens afin de déterminer à quelle "zone climatique locale" du référentiel international LCZ ils appartiennent. Une application, sous forme de carte interactive, a aussi été mise en place à l'intention des professionnels de la ville – urbanistes, architectes, etc. Elle vise à les aider à comprendre dans quel environnement et avec quel impact climatique ils pourront concilier leur projet avec les quelques degrés supplémentaires attendus d'ici la fin du siècle. Enfin, une troisième note, issue des travaux avec Muscade, porte sur les stratégies de végétalisation et leurs effets sur le climat.
 

 

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