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2.000 jeunes ont démarré leur service national universel

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par
Caroline Megglé pour Localtis
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Jeunesse, éducation et formation

Associations

Sécurité

Du 16 au 28 juin 2019, 2.000 jeunes volontaires sont accueillis dans l'un des 13 départements préfigurateurs pour expérimenter la première étape du service national universel. C'est la "phase de cohésion", pendant laquelle ils vont vivre en collectivité et participer à un programme dense dans un nouvel environnement. Le secrétaire d'Etat Gabriel Attal entend démontrer dès cette première édition les effets du dispositif en termes de "cohésion" et d'"émancipation". "Il n'y aura pas de coût pour les collectivités locales", sauf participation volontaire, assure-t-il également, alors que le SNU devrait impliquer 40.000 jeunes dès 2020.

Agés de 15 ou 16 ans, 2.000 "appelés" volontaires ont quitté leur domicile ce dimanche 16 juin pour rejoindre leur centre d'affectation du service national universel (SNU). Ils s'apprêtent à vivre 12 jours de "vie en collectivité" dans un territoire nouveau, au sein d'une "maisonnée" de 10 jeunes et d'une "compagnie" de 50. Le secrétaire d'Etat en charge de la jeunesse Gabriel Attal se déplaçait ce 17 juin dans le Nord, l'Eure et le Cher, trois des treize départements expérimentateurs (1), pour lancer la préfiguration du SNU. Il s'était auparavant longuement exprimé sur le sujet le 28 mai, lors d'une audition de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale.

"Une première expérience de mobilité" pour certains jeunes

Destinée à permettre une certaine représentativité des participants (territoires, parité filles/garçons…), la sélection a eu lieu sur la base de 4.000 candidatures. "Nous avons été chercher des volontaires qui potentiellement n'auraient pas fait la démarche naturellement", a-t-il notamment expliqué. Des "décrocheurs", des apprentis ou encore des jeunes en situation de handicap figurent donc parmi les 2.000 jeunes sélectionnés sur candidature, à l'issue d'un travail avec les missions locales, les centres de formation des apprentis ou encore des maisons départementales des personnes handicapées.

"C'est donc dès cette phase pilote que nous allons pouvoir mesurer l'impact du service national universel en matière de mixité sociale, de cohésion territoriale, d'échange, de découverte et d'émancipation pour les jeunes", a poursuivi Gabriel Attal. Le secrétaire d'Etat met notamment l'accent sur le potentiel impact "psychologique" pour les jeunes dont il s'agit de la "première expérience de mobilité". Une mobilité parfois importante, puisque 140 jeunes de Guyane réalisent ces 15 jours en France métropolitaine, pendant que 140 métropolitains sont accueillis par le département ultramarin. Dans chaque centre, chaque participant aura l'occasion de croiser des jeunes issus des 12 autres départements. En matière d'évaluation, l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) assurera un suivi de jeunes participants et comparera la mise en œuvre du SNU dans les différents territoires.

Objectif : 40.000 jeunes en 2020 et une montée en charge rapide

Ces derniers ont en effet été encouragés à s'appuyer sur leurs "atouts" pour construire le programme. Les volcans d'Auvergne, le littoral breton, le centre spatial de Kourou en Guyane… "Le SNU ne sera pas un moment où les jeunes seront enfermés entre quatre murs, ce sera très ouvert sur le territoire", a vanté Gabriel Attal, tout en indiquant que le "cadre national" avait été porté de façon "extrêmement claire". En lien avec les sept "thématiques" retenues (2), le programme comporte ainsi quatre "modules obligatoires" – "défense et mémoire", "sécurité", "code de la route", "promotion de la santé" – des "bilans personnels" – santé, tests de détection de l'illettrisme et de l'illectronisme, dans la lignée de la Journée défense et citoyenneté – et des modules animés par des associations du territoire. Les jeunes auront enfin droit à des "temps forts", dont un match de la coupe du monde de football féminine ce 17 juin et la commémoration de l'appel du 18 juin.

450 encadrants – issus des Armées, de l'Education nationale et de l'éducation populaire - sont mobilisés pour cette première édition et les jeunes sont logés dans des internats, des centres de vacances ou encore des Crous. Le coût est estimé à 2.000 euros par jeune soit 4 millions d'euros, pris en charge à ce stade par le ministère de l'Education nationale et de la Jeunesse. "Dès 2020, il y aura une ligne budgétaire dédiée", a précisé Gabriel Attal, indiquant l'objectif de toucher 40.000 jeunes l'année prochaine.

Alors que le général Menaouine avait préconisé dans son rapport une montée en charge progressive jusqu'à 2026, le président de la République a demandé, à l'issue du Grand Débat national, un "scénario de montée en puissance plus rapide", a rappelé Gabriel Attal. Le calendrier prévisionnel permettant d'atteindre l'ensemble d'une classe âge, soit 800.000 jeunes, devrait donc être ajusté à l'issue de cette première mise en situation. Le SNU "dans la pratique sera très difficile à généraliser en 2022, même en 2026, avec un coût financier du dispositif exorbitant", a jugé le député Régis Juanico (socialiste, Loire), regrettant que le gouvernement ne s'appuie pas davantage sur le "parcours citoyenneté" mis en place dans le quinquennat précédent.  

Une participation des collectivités sur la base du volontariat ?

"Les coûts qui reviendront aux collectivités vont-ils être compensés ?", a de son côté interrogé la députée (LR, Drôme) Emmanuelle Anthoine. La participation des collectivités serait sur la base du volontariat, à en croire le secrétaire d'Etat, qui cite la région Hauts-de-France prenant en charge une partie des transports des jeunes. "Il n'y a pas d'obligation, il n'y aura pas de coût pour les collectivités locales et donc là dessus il n'y a pas d'inquiétude à avoir", a tranché Gabriel Attal. De son point de vue, nombre de collectivités sont "emballées" et plutôt impatientes de participer au SNU.

Après cette première phase de "cohésion", les jeunes devront réaliser une "mission d'intérêt général" de 15 jours ou de 84 heures étalées sur plusieurs mois, dans une association, une collectivité – un centre communal d'action sociale par exemple – ou encore au sein d'un "corps en uniforme". Sur leur territoire cette fois, les jeunes auront ainsi l'occasion de vivre une expérience d'"engagement", avant de choisir éventuellement de s'engager sur une durée plus longue dans le cadre d'un service civique, d'une réserve, du corps européen de la solidarité ou du bénévolat associatif.

 

1. Les 13 départements préfigurateurs sont : les Ardennes, le Cher, la Creuse, l’Eure, la Guyane, la Haute-Saône, les Hautes-Pyrénées, la Loire-Atlantique, le Morbihan, le Nord, Le Puy-de-Dôme, le Val-d’Oise, le Vaucluse. 


2. Les sept thématiques sont les suivantes : défense, sécurité et résilience nationales ; autonomie, connaissance des services publics et accès aux droits ; citoyenneté et institutions nationales et européennes ; développement durable et transition écologique et solidaire ; activités physiques, sportives et de cohésion ; culture et patrimoine ; découverte de l’engagement.

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