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Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis

Après la pénurie, les centres de PMI prioritaires pour les vaccins contre la tuberculose, mais à un prix plus élevé

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En réponse à une question parlementaire, la ministre de la Santé s'est exprimée sur la vaccination contre la tuberculose et la pénurie de vaccin. Il n'est pas question de rendre le BCG obligatoire et la hausse du prix du vaccin est compensée par l'assurance maladie. Pour pallier les difficultés d'approvisionnement, "dans un premier temps, les vaccins disponibles seront réservés aux structures publiques".

À l'occasion de la séance de questions au gouvernement du 2 juillet à l'Assemblée, Guy Bricout, député (UDI et Indépendants) du Nord, s'est inquiété de la persistance de la tuberculose et des difficultés de la vaccination par le BCG. Plus touché que d'autres par cette maladie, le Nord est en effet l'un des départements qui ont conservé la compétence de la lutte contre la tuberculose, lors de la décentralisation en 1983. Il gère ainsi un dispositif composé de dix Clat (centres de lutte anti-tuberculose), implantés dans ses services territoriaux de prévention santé.

Plus de 5.000 nouveaux cas par an en France

Dans sa question, le député rappelle que la France compte plus de 5.000 nouveaux cas annuels et que ce chiffre progresse de plus de 10% dans certains départements d'Île-de-France, ainsi que dans le Nord, en Guyane et à Mayotte. Pourtant, la vaccination par le BCG n'est plus obligatoire, mais simplement recommandée pour certaines populations, ainsi que dans les départements à fort taux de précarité. En outre, en février dernier, un décret a levé l'obligation de vaccination à l'embauche pour les étudiants des filières sanitaires et médicosociales (voir notre article ci-dessous du 12 mars 2019). Le député du Nord soulève également une troisième difficulté : la pénurie de vaccins BCG, qui se traduit par une forte hausse de leur prix, passé de 8,64 euros à 30 euros pour dix doses, avec une conséquence directe sur les budgets des départements concernés. Conséquence : "Là où il est disponible, les patients doivent attendre plusieurs semaines avant de pouvoir être vaccinés."

Guy Bricout demande donc à la ministre de la Santé si elle ne pense pas "qu’il importe de rendre obligatoire ce beau et grand vaccin" et comment ses services et les agences régionales de santé se mobilisent pour faciliter l’accès à cette vaccination.

Depuis avril, l'assurance maladie compense la hausse de prix

Dans sa réponse, Agnès Buzyn – qui a fait par ailleurs la preuve de sa fermeté en matière de vaccination obligatoire – rappelle que "nous vivons dans un pays où l’incidence de la tuberculose est faible. L’administration du vaccin BCG ne se justifie donc que pour les populations présentant un risque d’exposition. Depuis 2007, elle n’est plus obligatoire pour les enfants ; elle est simplement recommandée pour les familles à haut risque". C'est aussi désormais le cas pour les professionnels et les étudiants des carrières sanitaires et sociales, ainsi que pour d’autres professionnels, comme ceux de l’administration pénitentiaire. La ministre précise que "les professionnels de santé bénéficient d’une appréciation du besoin de vaccination au cas par cas, en fonction du risque d’exposition".

En revanche, Agnès Buzyn se dit "consciente des conséquences du prix du nouveau vaccin BCG sur les collectivités", mais explique que ce prix "est librement fixé par le laboratoire et négociable par ces structures". La ministre de la Santé se veut toutefois rassurante : elle affirme ainsi que rupture de stock mondiale survenue en 2015 et la pénurie qui a suivi est "derrière nous, grâce à la reprise de la production au Danemark". Elle précise que "dans un premier temps, les vaccins disponibles seront réservés aux structures publiques, telles que les centres de protection maternelle et infantile – PMI –, les centres de lutte antituberculeuse – Clat –, les centres de vaccination et les établissements de santé". Enfin, Agnès Buzyn rappelle qu'elle a mis en place, en avril 2019, un remboursement à 100% du vaccin BCG par l’assurance maladie, dans la limite de 39 euros par flacon, pour les centres de vaccination et les PMI qui conventionnent avec l’assurance maladie. Ce remboursement exceptionnel sera assuré "dans l’attente de travaux plus globaux sur la vaccination au sein des structures publiques".

Références : Assemblée nationale, première séance du mardi 2 juillet 2019, questions au gouvernement, question de Guy Bricout, député du Nord, et réponse de la ministre des Solidarités et de la Santé.

 

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