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Assises de la biodiversité : les nouveaux élus incités à agir

Lors des 10es assises nationales de la biodiversité, qui se tiennent à Massy (Essonne) jusqu’au 9 octobre, la secrétaire d'État Bérangère Abba est revenue sur la nécessaire territorialisation des enjeux de préservation de la nature. Pour aider les nouveaux élus à se les approprier et à agir vite et bien, un guide livrant de précieux conseils a été présenté par les Eco Maires et la Ligue pour la protection des oiseaux. 

Atlas de la biodiversité communale, lutte contre l'artificialisation des sols, implication dans une dynamique d’engagement nationale (voir notre article sur le programme TEN)… Face au maquis d’actions possibles, les nouveaux exécutifs locaux ont l’embarras du choix pour protéger la nature. "Leur proximité avec le terrain est précieuse, c’est avec les élus que nous construisons les solutions permettant d’agir face à l’érosion de la biodiversité", a d’ailleurs souligné Bérangère Abba, en ouverture des 10es assises nationales de la biodiversité qui se tiennent à Massy (Essonne) jusqu’au 9 octobre. La secrétaire d'État à la biodiversité y a évoqué la potentielle création d’une convention citoyenne pour la biodiversité et annoncé l’arrivée prochaine au ministère de la Transition écologique d’un délégué à la forêt. Une nomination qui figurait parmi les recommandations de la députée Anne-Laure Cattelot, dans son rapport paru le mois dernier. Ce délégué aura pour rôle d’assurer "l'interface entre les différents ministères sur les enjeux de la filière forêt bois".

Plus largement, le travail interministériel prend en effet tout son sens au vu de la transversalité de l’enjeu de préservation de la biodiversité. S’il reste du chemin à parcourir pour appréhender sous ce jour les impacts des politiques publiques, notamment celles d’aménagement du territoire, "nous avons actuellement au gouvernement les bonnes personnes pour cela", a tenu à rassurer la secrétaire d'État. Elle a aussi rappelé le rôle des régions, cheffes de file en matière de biodiversité, des agences régionales de la biodiversité (ARB), et la préparation de la nouvelle Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), qui va elle aussi nécessiter des échanges entre ministères et avec les collectivités. Autre passerelle, l’articulation entre cette SNB et la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI). "Cette dernière existe mais force est de constater qu'il faut la déployer ces prochains mois de façon plus volontariste", reconnaît la secrétaire d'État. 

Un guide pour les élus en première ligne

Pour en revenir à la biodiversité locale, face à la floraison d’outils, il revient aux élus locaux de s’emparer des bons. "Car le temps de l'administration n’est pas le même que celui de l'élu, qui n’a qu’une mandature pour agir vite et bien", explique Brigitte Vermillet, la nouvelle maire de Morangis (Essonne). En remportant cette mairie, elle est arrivée moins novice que d’autres en la matière puisqu’elle fut précédemment vice-présidente en charge de l’environnement au sein d’une communauté d’agglomération (elle l’est depuis peu au sein du conseil départemental). Le 7 octobre, elle est intervenue aux assises lors d’un atelier qui a réuni une cinquantaine de personnes autour de la présentation d’un guide pratique tourné vers les élus locaux. Il s’adresse à ceux qui décident localement et se retrouvent "en première ligne sur les territoires pour inverser la tendance à l’artificialisation et la destruction des milieux". Volontairement concis, il ne se perd pas en circonvolutions, donne des idées, des exemples concrets et "recherche par exemple les bons arguments qu’un maire peut s’approprier pour mettre en place des actions et les défendre auprès de son conseil municipal", éclaire-t-on aux Eco Maires et à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), tous deux à l’initiative de ce guide réalisé avec l’appui de l’Office français de la biodiversité (OFB).

Pour faire de la biodiversité un enjeu transversal d’une mandature, ce guide recommande par exemple de former l’ensemble de l’équipe élue, d’inscrire une ligne budgétaire pour la biodiversité (investissement) et de nommer un adjoint en charge du sujet. Il cite aussi le cas des villes qui ont créé un conseil local de la biodiversité. Il revient sur l’importance de connaître avant d'agir, d’élaborer des inventaires en y associant les habitants, d’agir dans le cadre scolaire et périscolaire, d’aménager la commune en ayant recours aux "solutions fondées sur la nature" et de favoriser la réhabilitation et le renouvellement urbain "sans toucher aux jardins et espaces végétalisés". Un chapitre livre aussi des pistes pour mieux ancrer une commune dans les trames écologiques (trames verte, bleue, noire). Autre idée, "les équipes municipales peuvent agir dans les chantiers de rénovation énergétique des bâtiments publics, en ne négligeant pas l’importance qu’ils ont pour certaines espèces qui y nichent ou gîtent, et sont en net déclin justement du fait de la raréfaction de leurs habitats", ajoute-on à la LPO. "Nous croyons au pouvoir d'entraînement des collectivités territoriales. Pour aider les élus à s'engager rapidement, diffusons massivement ce guide", concluent les deux associations.

 

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