Conférence sur l’avenir de l’Europe : la contribution de la France est prête

Dans 18 régions françaises, des conférences sur l’avenir de l’Europe ont impliqué près de 750 citoyens tirés au sort. Parallèlement, une consultation en ligne a permis de recueillir les avis de quelque 50.000 jeunes de moins de 35 ans. Un rapport rendu public le 29 novembre 2021 synthétise les résultats de ces deux démarches et constitue la contribution de la France à la Conférence sur l’avenir de l’Europe – cette dernière se poursuivant jusqu’au printemps prochain. Les premières priorités des Français qui se sont exprimés portent sur la transition énergétique, la sécurité de l’UE, la relocalisation industrielle ou encore la participation et le contrôle citoyens. 

La contribution française à la Conférence sur l’avenir de l’Europe a fait l’objet d’une restitution par des citoyens au gouvernement le 29 novembre 2021, en présence de Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, et de Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne. Menée au niveau européen et dans chaque État membre entre le printemps 2021 et le printemps 2022 (voir notre article du 10 mai 2021), cette concertation "a pris la forme", en France, "de 18 conférences régionales avec des citoyens tirés au sort, et d’une consultation en ligne dédiée aux jeunes", peut-on lire sur le site gouvernemental dédié.

Une difficulté à obtenir un équilibre de chaque panel par la voie du tirage au sort

746 citoyens tirés au sort ont participé aux conférences organisées dans 18 régions (13 en métropole, cinq en outre-mer). Les panels étaient dans la mesure du possible "représentatifs de la diversité de la population régionale en termes d’âge, de catégorie socio-professionnelle et d’opinions par rapport à l’Europe". Toutefois, "la sélection des participants par tirage au sort a montré la difficulté à obtenir le meilleur équilibre de chaque panel", relèvent les trois garants de la concertation dans leur rapport - Patrick Bernasconi, nommé par le secrétaire d’État chargé des affaires européennes au nom du gouvernement, Elisabeth Guigou, nommée par le président du Parlement européen et Bernard Poignant, nommé par le président de l’Assemblée nationale. Ils observent que l’absence d’indemnisation a probablement freiné la participation de femmes (40% de participation), et notamment de jeunes femmes, ainsi que de travailleurs indépendants et salariés aux revenus plus faibles. "Nos concitoyens hostiles à la présence de la France dans l’Union ou très critiques à l’égard des politiques suivies étaient présents mais peu nombreux. (…) tous ont joué le jeu et à la fin se sont montrés satisfaits de la rencontre", ajoutent les garants. 

Une conférence nationale de synthèse a par la suite réuni 98 participants issus des panels régionaux. Quelque 50.000 jeunes de moins de 35 ans ont par ailleurs participé à la consultation en ligne qui leur était dédiée. Pour assurer le bon déroulé du processus et la transparence, a été installé un "comité de suivi citoyen", composé de 14 membres issus des conférences régionales et d’un représentant de la consultation "Parole aux jeunes", parallèlement à la désignation des trois garants.  

Parmi les jeunes, un consensus important sur la lutte contre le changement climatique

Issues des conférences, 14 idées pour l’avenir de l’Union européenne sont mises en avant, les trois premières ayant trait au développement de la sobriété énergétique, au renforcement de la défense et de la sécurité communes de l’UE et au renforcement de la "préférence européenne" en matière d’industrie. La quatrième priorité des participants est de "mettre en place un pouvoir citoyen à plusieurs échelons : participation, décision, contrôle". On retiendra également des idées impliquant directement l’échelon local : la mise en place de "relais européens dans les territoires pour écouter et conseiller les citoyens", l’unification du mode d’élection du Parlement européen pour les 27 États membres qui deviendrait un scrutin uninominal au niveau des régions, et enfin la préservation des spécificités régionales (labels alimentaires, productions artisanales, traditions) "afin d’éviter l’uniformisation des modes de vie et d’assurer la traçabilité et la qualité des produits".

Quant à la consultation numérique des jeunes, "les consensus les plus importants concernent les politiques européennes de lutte contre le changement climatique, la relocalisation des productions en Europe, la revitalisation de la démocratie européenne, le poids de l’UE dans le monde (économie, recherche, droits humains, diplomatie)", peut-on lire dans le rapport. Les jeunes participants ont notamment appelé à relancer le transport ferroviaire en Europe et à accélérer la transition énergétique. 

Cette contribution de la France à la Conférence sur l’avenir de l’Europe sera remise au trio de présidences de la Conférence – Parlement européen, Conseil et Commission européenne - lors de la présidence française du Conseil de l’UE et "alimentera les conclusions européennes de la Conférence, rendues au printemps 2022". D’ici là, les citoyens français ont toujours la possibilité de "faire entendre leur voix par le biais d’évènements organisés sur leur territoire ou en contribuant à la plateforme en ligne de la Commission européenne (futureeu.europa.eu)".

 

 

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