Crise sanitaire : pas d'épreuves écrites pour le bac 2020

Le baccalauréat 2020 sera validé sans épreuves écrites et sur la base du contrôle continu, a annoncé Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale. Tous les élèves auront par ailleurs cours jusqu'au 4 juillet, en collège comme en lycée.

L'ensemble du brevet et du baccalauréat 2020 sera validé en contrôle continu, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale lors d'une conférence de presse tenue le 3 avril 2020. Jean-Michel Blanquer a précisé que la période d'épidémie de Covid-19 et le confinement qui s'ensuit se caractérisent "par des certitudes et des incertitudes. Les incertitudes sont nombreuses, notamment sur la date de retour des élèves [à l'école] qui dépend de l'évolution de la situation sanitaire".

Malgré les incertitudes, un scénario a donc été privilégié : celui d'un retour en classe des élèves le 4 mai, soit à la fin des vacances de printemps pour la zone A, la dernière concernée par ces congés. "Si nous rentrions au début du mois de mai, a expliqué Jean-Michel Blanquer, les élèves auraient été privés de cinq semaines normales de cours, et en dépit de l'engagement de tous et notamment des professeurs pour assurer les cours à distance, les conditions d'apprentissage ne sont évidemment pas aussi bonnes [que dans des conditions normales]. C'est particulièrement vrai pour les élèves des classes à examens, les classes de troisième, première et terminale." En conséquence, a ajouté le ministre, "il n'est pas possible que les élèves passent le bac dans les conditions qui étaient celles des années précédentes".

"Simple, sûre et juste"

Après avoir consulté les partenaires sociaux, les fédérations de parents d'élèves et les délégués nationaux et académiques des lycéens, mais aussi après avoir écarté une solution mixte qui aurait consisté à faire passer une ou deux épreuves aux élèves et à valider le reste de l'examen en contrôle continu, le ministre de l'Éducation nationale a donc opté pour une validation des diplômes de l'enseignement secondaire par contrôle continu. "C'est la solution la plus simple, la plus sûre, la plus juste dans les temps difficiles que nous vivons", a commenté Jean-Michel Blanquer.

Dans le détail, la validation s'effectuera sur la base des notes obtenues durant l'ensemble des trois trimestres de l'année scolaire 2019-2020, à l'exception des notes obtenues pendant la période de confinement entamée le 17 mars.

En ce qui concerne le diplôme national du brevet pour les élèves de troisième, son obtention sera suspendue à un contrôle d'assiduité depuis la reprise des cours jusqu'au 4 juillet, une date tout à fait inédite pour les collégiens. "Un élève doit être là jusqu'au bout pour avoir son diplôme national du brevet", a précisé Jean-Michel Blanquer.

Pour les élèves de première : la note de français à l'écrit sera la moyenne des notes obtenues par l'élève tout au long de l'année, sauf, là encore, pour celles obtenues lors de la période de confinement. En revanche, l'épreuve orale de français est maintenue. Elle sera organisée à partir de la fin du mois de juin et au début du mois de juillet, sauf si les conditions sanitaires ne le permettaient pas. Pour les autres épreuves écrites de classe de première, les notes obtenues durant les épreuves E3C seront prises en compte, ainsi que les notes obtenues en contrôle continu durant toute l'année.

Enfin, pour les élèves de terminale, là encore, les notes obtenues durant les trois trimestres ainsi que les notes des épreuves anticipées, obtenues durant l'année de première, seront conservées. En outre, un jury présidé par un inspecteur général examinera les livrets des élèves dans chaque département. Le but ? "Valoriser un engagement et les progrès de l'élève, garantir l'équité entre candidats, harmoniser pour tenir compte des différences de notation entre établissements", a justifié le ministre de l'Éducation nationale. Bien entendu, l'assiduité des candidats entrera également en compte. Pour Jean-Michel Blanquer, "le fait de rester jusqu'au 4 juillet est une condition sine qua non, dans le mesure où il y aura eu un retour à la normale dans l'intervalle, bien sûr".

Les oraux de rattrapage seront organisés dans les conditions habituelles, soit au début du mois de juillet. Quant à la session de septembre, elle est maintenue pour les élèves qui n'obtiendraient pas leur diplôme en juillet et sera ouverte aux candidats libres des écoles hors contrat et aux élèves qui se préparent au travers du Cned (Centre national d'enseignement à distance).

Toutes ces dispositions s'appliquent également aux BEP, CAP et bac professionnel – avec une validation sur la base du contrôle en cours de formation déjà passé et du livret scolaire – mais encore aux élèves de BTS et des lycées agricoles.

"Un véritable baccalauréat"

La décision du gouvernement s'est appuyée sur trois critères. Le "critère fondamental" a été de ne pas léser les élèves. "Nous sommes dans une période qui doit être caractérisée par la bienveillance de tous envers tous", a martelé Jean-Michel Blanquer. Et ne pas léser les élèves implique de "garantir qu'il y a la passation d'un baccalauréat en 2020". Le deuxième critère retenu revient à garantir la qualité et l'équité du diplôme. "Ce baccalauréat sera un véritable baccalauréat", a assuré le ministre. Enfin, le troisième critère consiste à assurer "qu'il y ait un maximum de semaines de cours, notamment au mois de juin". C'est pourquoi la formule proposée va permettre de travailler tout au long du mois de juin et jusqu'au 4 juillet de façon à rattraper les semaines de cours perdues actuellement. Une hypothèse qui s'appuie, a insisté le ministre, sur "un retour à la normale dans l'intervalle".

840.000 élèves de troisième sont concernés cette année par le brevet, 543.000 élèves de première générale et de première technologique doivent passer les épreuves communes de contrôle continu et les épreuves anticipées de français, et 740.000 élèves de terminale, toutes filières confondues, passent le bac, soit un total 2,1 millions de candidats.

Habituellement, le passage des examens oblige à fermer les lycées vers le 10 juin et les collèges vers le 25 juin. Les épreuves sont préparées dès le mois de septembre précédent et impliquent plusieurs semaines de mobilisation des personnels du ministère de l’Éducation nationale, l’impression de plusieurs centaines de sujets sur plus de cent millions de pages, et la convocation d’épreuves successives réunissant de très nombreux candidats dans les mêmes salles.