Martinique

La Réunion

Guadeloupe

Jean-Noël Escudié / P2C

Tourisme - En outre-mer aussi, le tourisme a battu des records en 2017

Tourisme, culture, loisirs

Tous les indicateurs de la fréquentation touristique sont au vert pour l'ensemble de la France, même si cette reprise correspond, pour partie, à un rattrapage après le recul consécutif aux attentats de 2015 et 2016 (voir nos articles ci-dessous). Cette reprise généralisée s'observe aussi outre-mer, même si le contexte est pourtant très différent : peu d'impact des attentats, mais un fort impact de certains facteurs locaux (cyclones, dengue, attaques de requins, conflits sociaux...).
Deux départements d'outre-mer ont ainsi passé l'an dernier une barre symbolique : la Martinique a franchi le seuil du million de visiteurs en 2017, tandis que La Réunion dépassait le cap des 500.000 .

Martinique : le meilleur résultat depuis... 1998

Avec 1.041.100 visiteurs l'an dernier, la Martinique enregistre le plus haut chiffre atteint par la destination et bat le précédent record qui remontait à 1998. Ce million de visiteurs représente une hausse de 16,4% par rapport à 2016.
Sa répartition amène toutefois un certain bémol. En effet, la fréquentation touristique au titre des séjours - qui ont l'impact le plus important sur l'économie locale - progresse assez modestement de 2,9%, pour atteindre un total de 574.100 visiteurs. En revanche, les "excursionnistes" connaissent une véritable explosion, avec une progression en un an de 38,6%, pour atteindre 467.000 arrivées. Ce résultat est dû presque exclusivement aux croisiéristes, avec un total de 405.500 visiteurs, en hausse de 44,5% sur un an.
Autre point positif, dû en grande partie à la progression des croisières : la part de la clientèle nord-américaine progresse (6,8% des visiteurs contre 2,4% en 2014), de même que celle des touristes européens (8,8% contre 5,6%), alors que celle des touristes hexagonaux diminue (66,3% contre 78,7%).
La dépense moyenne s'élève à 750 euros par touriste, en hausse de 11% par rapport à 2016. La clientèle nord-américaine est particulièrement intéressante, car elle dépense environ 90 euros par jour, contre une moyenne de 68 euros pour l'ensemble des visiteurs.

La Réunion : "une année historique"

Pour sa part, le comité du tourisme de La Réunion évoque, dans un communiqué du 6 mars 2018, "une année historique" : avec 551.000 visiteurs, l'île franchit en effet pour la première fois la barre symbolique du demi million de touristes. Ce résultat correspond à une hausse de 11% par rapport à la fréquentation de 2016. Il se traduit aussi par un record en termes de retombées économiques, puisque celles-ci franchissent la barre des 350 millions d'euros de recettes extérieures liées au tourisme. Les croisières commencent également à jouer un rôle significatif - mais nettement moins important qu'aux Antilles compte tenu de l'éloignement de l'île -, puisque l'année 2017 a vu débarquer 35 navires, avec à bord 43.300 croisiéristes.
Les 550.000 visiteurs de 2017 se répartissent ainsi entre 82% de touristes de loisirs (vacanciers), 9% de touristes d'affaires, 8% de croisiéristes et 1% de "autres". La Réunion reste toutefois encore très dépendante de la métropole, avec 78,3% de visiteurs hexagonaux (+7,6% en 2017) - dont 20,4% de l'Ile-de-France -, contre 12,6% pour les touristes de l'océan Indien et 6% pour ceux de l'Union européenne.

Guadeloupe et Polynésie

Les autres destinations d'outre-mer n'ont pas encore publié de chiffres globaux, mais les tendances apparaissent également positives, à des degrés divers. Au deuxième trimestre 2017, la fréquentation de l'ensemble des hôtels (classés ou non classés) de Guadeloupe affichait ainsi une hausse de 25% par rapport à la même période en 2016. Cette forte progression fait plus que compenser le net repli enregistré un an plus tôt (-12%). Elle a permis une amélioration du taux d'occupation de plus de cinq points, pour atteindre 54,3%. En revanche, il est très probable que le passage, en septembre, du cyclone Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy (collectivités désormais indépendantes de la Guadeloupe, mais proches de cette dernière) a non seulement totalement perturbé le tourisme sur ces deux îles, mais pesé aussi sur l'activité touristique de la Guadeloupe au second semestre. L'impact de l'ouragan a toutefois été atténué par le fait que le dernier trimestre de l'année correspond à la saison creuse aux Antilles. Pour mémoire, la Guadeloupe avait accueilli, en 2016, un total de 580.000 touristes.
Enfin, en Polynésie française, la fréquentation touristique était en hausse de 4,4% à la fin du mois d'octobre 2017, par rapport au même mois de 2016. Si la fréquentation en hébergement terrestre recule de 1,6%, elle progresse en revanche de 36,3% en "hébergement flottant". Avec 57% des arrivées, l'Amérique du Nord et la Métropole sont les deux principales sources de touristes. Pour leur part, les quatre plateformes gérées par Aéroport de Tahiti (ADT) ont frôlé l'an dernier les deux millions de passagers (y compris les résidents), soit une hausse de 4,2% par rapport à 2016.

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