Personnes âgées - Le gouvernement met en place le label "Bien vieillir" pour les collectivités

Il aura fallu deux ans et demi pour que ce label voie enfin le jour. Annoncé une première fois, en janvier 2007, dans le cadre du lancement du plan national "Bien vieillir" 2007-2009 (voir notre article ci-contre du 30 janvier 2007), avant de disparaître avec l'alternance présidentielle, puis annoncé à nouveau - sans plus d'effet - à la rentrée 2008 (voir notre article ci-contre du 24 septembre 2008), le projet semblait voué à rester lettre morte. Roselyne Bachelot-Narquin et Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des aînés, lui ont finalement redonné vie en présentant le dispositif lors d'une conférence de presse le 15 juillet.
Rebaptisé "Bien vieillir - vivre ensemble", ce label est mis en place en partenariat avec l'Association de maires de France (AMF) et l'association parlementaire "Vieillir ensemble". Son objectif est "d'inciter les villes à devenir plus accueillantes pour leurs aînés en encourageant le 'vieillissement actif', c'est-à-dire en optimisant les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité des personnes âgées afin d'accroître la qualité de la vie pendant la vieillesse". Les villes intéressées par le label doivent suivre une procédure exposée dans un cahier des charges de 16 pages. Elles doivent en premier lieu désigner un élu référent, "qui favorisera la mise en transversalité du dossier au niveau des différents services de la commune". Elles doivent également mettre sur pied un comité de pilotage comprenant au moins l'élu référent, un chef de projet, un représentant des institutions de santé de la ville, un représentant des organisations de personnes âgées et un travailleur social dans le secteur de la famille et des actions intergénérationnelles. Ceci fait, les villes candidates sont invitées à remplir un dossier de candidature, comprenant notamment un état des lieux de la collectivité. Afin que le label ne soit pas une simple vitrine sans contenu, le cahier des charges prévoit que la collectivité s'engage à communiquer, chaque année, aux membres du comité de sélection un rapport d'activité sur les actions et initiatives mises en oeuvre. Plus original, la commune doit s'engager à mettre au point un agenda et des mécanismes de suivi sur cinq ans. Cet agenda comprend la réalisation d'un "audit urbain", dont le protocole méthodologique très détaillé est fourni dans le dossier. Il comprend aussi l'élaboration d'un plan d'actions sur trois ans à partir des résultats de l'audit urbain, la mise au point d'indicateurs, ainsi que l'évaluation des effets des actions mises en oeuvre. Ces résultats et les expériences doivent être mutualisés au sein d'un réseau national et international.
Dans son discours de présentation du label, Roselyne Bachelot-Narquin a également annoncé qu'un groupe de travail est en train d'élaborer la consultation dite "de longévité ". Celle-ci proposera une consultation de dépistage et de prévention pour les personnes âgées de 50 à 60 ans, en particulier pour la préparation à la retraite. Une expérimentation et une évaluation sont prévues dès cette année dans quatre départements. Le processus de généralisation sera engagé dès 2010, grâce à des crédits inscrits dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010.

 

Jean-Noël Escudié / PCA

 

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