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Congrès HLM 2015 - Le logement social n'est pas celui que vous croyez

A l'occasion du 76e congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH), le Crédoc publie une nouvelle vague (réalisée en juin 2015) de son enquête sociétale "Conditions de vie et aspirations", menée depuis 37 ans... Le ministère du Logement y intègre une étude spécifique sur "Le regard des Français sur différents champs de la politique logement". Celle-ci porte plus spécialement sur les actions dirigées vers les propriétaires bailleurs (et notamment les leviers pour la location à des ménages modestes), sur l'image du parc social et la perception des APL et sur les actions à mener pour rendre le dispositif plus équitable.

Une qualité qui s'est "beaucoup améliorée"

Sur l'image du parc social, les résultats montrent que clichés et idées reçues sont loin d'avoir disparu, même si les logements HLM n'ont pas forcément une mauvaise image. Ainsi, 73% des Français sont conscients que "la qualité [des logements sociaux] s'est beaucoup améliorée". Une perception qui n'a apparemment rien d'une idée reçue, puisque 70% des occupants du parc HLM partagent le même sentiment !
Autre point positif : les Français classent le développement du logement social au second rang des priorités que devraient retenir les pouvoirs publics, juste après l'encouragement à l'accession à la propriété. De même, quinze ans après la loi SRU (Solidarité et Renouvellement urbain) du 13 décembre 2000, l'idée d'une meilleure répartition spatiale du parc social a fini par s'imposer : 81% des Français estiment que "les villes riches devraient en construire davantage". Avec un bon point spécial aux habitants des "villes riches" : 77% des résidents des communes affichant un revenu médian annuel de plus de 25.300 euros sont d'accord avec cette affirmation...

Mais des associations négatives qui persistent

En revanche, d'autres réponses sont moins positives et témoignent de la persistance de certaines images défavorables. Ainsi, 69% des Français estiment qu'"il y a trop de démarches administratives pour obtenir un logement social" (la réponse faisant d'ailleurs sans doute davantage référence aux délais qu'aux démarches). Les locataires du parc privé - dont certains n'ont pu obtenir un logement en HLM - sont plus nombreux à avoir cette vision (80%) que ceux du parc social (67%).
Très prégnante également : l'image d'un parc social où la délinquance est "très présente" (60% d'accords sur cette assertion). Or ce qui est vrai pour certains grands ensembles urbains est pourtant très loin de l'être pour l'ensemble du parc qui, pour les quatre cinquièmes, se situe aujourd'hui hors des zones urbaines sensibles (ZUS).
De même, 39% des Français s'inquiètent du "faible niveau des écoles" à proximité des logements sociaux et 46% estiment que la présence de logements sociaux "fait baisser le prix de l'immobilier à proximité". Dernier item, délicat à caractériser : 59% des Français considèrent que les HLM sont "des logements accessibles uniquement aux personnes à faible revenus". Difficile de ne pas y voir au moins une part de vérité, alors que l'USH elle-même (Union sociale pour l'habitat) fait valoir qu'environ un ménage sur deux attributaire d'un logement social en 2014 se situait sous le seuil de pauvreté.

Jean-Noël Escudié / PCA

APL : les Français aussi ont des idées

L'étude du Crédoc est également riche d'enseignements sur les autres chapitres évoqués plus haut. Ainsi, elle montre que les Français ont une bonne connaissance du PTZ (prêt à taux zéro) et du dispositif Pinel, mais nettement moindre pour ce qui concerne les aides de l'Anah ou des dispositifs comme Solibail ou Louez solidaire.
Les propriétaires bailleurs connaissent en revanche davantage ces dispositifs. Ils se déclarent particulièrement intéressés par le fait de bénéficier d'une garantie de versement du loyer et par celle de remise en état du logement, davantage que par les incitations fiscales ou l'existence d'un accompagnement social du locataire.
Sur la perception des aides personnelles au logement (APL) - qui concernent près du quart de la population -, les répondants (bénéficiaires ou non) estiment que les APL servent avant tout à "louer un logement décent" (41%) et - plus curieusement - "à pouvoir assumer d'autres charges que celles du logement" (41%). Interrogés sur les pistes d'évolution des APL, les répondants privilégient la réduction des aides pour les ménages occupant un logement trop grand par rapport à la taille du foyer (51% de citations) et l'augmentation du reste à charge de loyer au fur et à mesure de l'augmentation du revenu du ménage (49%).
Enfin, après l'encouragement à l'accession à la propriété et le développement du logement social - évoqués plus haut - les priorités que les Français attendent des pouvoirs publics consistent, dans l'ordre, à mobiliser les logements vacants, à aider à la rénovation des logements anciens et à augmenter le montant des APL.
 

 

 

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