Localtis

Habitat - Le logement social lutte contre les idées reçues

Soucieuse de contrer la vision tronquée qui prévaut encore trop souvent sur le logement locatif social, l'Union sociale pour l'habitat (USH) publie un document d'une trentaine de pages intitulé "Dix idées reçues sur les HLM". Fort bien conçue et dotée d'une maquette attractive, cette brochure se veut avant tout pédagogique. Elle se fixe en effet pour objectif de "permettre à chacun de se forger une idée la plus exacte possible de l'habitat social en France, de sa place, de son avenir, de sa modernité, de son ancrage dans nos valeurs républicaines", afin que le "débat citoyen" sur le sujet "ait lieu sur des bases saines et objectives".
Pour cela, le document commence par fournir les quelques rappels indispensables sur la définition et les principaux chiffres du logement social. Il passe ensuite en revue dix idées reçues particulièrement emblématiques. Chacune d'elles est traitée sur une double page, ce qui permet d'argumenter les réponses - chiffres à l'appui -, plutôt que de se contenter d'asséner des affirmations. Sont ainsi abordées successivement des idées reçues comme "Le HLM, des logements au rabais", "Des tours, des barres et des quartiers difficiles", "Des passoires thermiques", "Des logements réservés aux plus démunis", "Trop de 'riches' en HLM", "Des logements à vie", "Un nébuleuse d'organismes", "Ca coûte cher au contribuable" et, enfin, "Des investissements improductifs".

Des réponses argumentées

Certains arguments ne manqueront pas de faire mouche, lorsque l'USH rappelle, par exemple, que les immeubles petits et moyens représentent 95% des HLM construits depuis dix ans - ce qui donne une taille moyenne de vingt logements par opération - et 72% du parc existant. Mais la brochure est suffisamment habile pour ne pas s'installer dans la dénégation pure et simple d'idées reçues qui ont la vie dure, mais ne sont cependant pas dénuées de tout fondement objectif. Ainsi, à l'idée reçue "Les HLM, que des tours, des barres et des quartiers difficiles", elle répond certes "faux" en s'appuyant sur l'argument évoqué ci-dessus, mais elle reconnaît aussi qu'il existe "un quart de logements en zones sensibles". Ce balancement dialectique, utilisé dans la majorité des réponses, contribue grandement à la crédibilité de l'argumentaire.
L'USH va même plus loin dans la transparence à propos de l'idée reçue sur "Les HLM, une nébuleuse d'organismes". La réponse indique certes que les 770 organismes recensés agissent "au plus près des territoires" et que 4,1 millions de logements sociaux "ne peuvent être gérés de façon centralisée". Mais elle reconnaît aussi que "des efforts de réorganisation restent à faire". L'USH voit toutefois plutôt les réponses du côté de la mutualisation de certaines fonctions plutôt que dans "le regroupement forcé d'organismes [qui] peut s'avérer contre-productif selon le contexte local". Au final, ce document constitue une bonne mise au point et une mine d'informations et de chiffres pour qui veut en savoir plus sur le logement social et ses enjeux.
A noter également : à l'approche des échéances électorales, l'USH relance, sur son site, ses "Dix propositions pour sortir de la crise", présentées en janvier dernier et dont Localtis avait alors rendu compte (voir notre article ci-contre du 20 janvier 2012). 

Haut de page