Protection de l'enfance - Les appels au 119 ont baissé de 25% en 2014, mais pas les informations préoccupantes

Le Snated (Service national d'accueil téléphonique de l'enfance en danger) - qui gère le numéro national 119 - publie ses statistiques d'activité pour 2014. Avec l'Oned (Observatoire national de l'enfance en danger), le Snated est l'une des deux composantes du GIP Enfance en danger (Giped), géré et financé par l'Etat et les départements. Le Snated a une double mission : d'une part, recueillir (via le 119) les appels d'enfants en danger ou susceptibles de l'être ou de toute personne ayant connaissance d'une telle situation ; d'autre part, transmettre les informations préoccupantes concernant ces enfants aux services départementaux compétents en la matière, en l'occurrence les cellules de recueil des informations préoccupantes (Crip).

50% d'appel en moins depuis 2012, grâce au dispositif "anti-pervers"

Le principal enseignement des chiffres 2014 du Snated réside dans la poursuite de la baisse du nombre d'appels. De 2009 à 2012, les appels entrants sont restés quasiment stables, un peu au-dessus du million d'appels annuels (1,030 million en 2009, 1,063 en 2010, 1,015 en 2011 et 1,071 en 2012). En revanche, on observe un brusque et spectaculaire décrochage à partir de cette date : 822.997 appels entrants en 2013 et 613.635 en 2014. La baisse est de 25,4% en 2014 et de presque 50% entre 2012 et 2014. La nombre d'appels prétraités (appels décrochés par les agents du pré-accueil entre 8h et 23h, ou directement par les écoutants du plateau entre 23h et 8h) suit le même chemin, avec une pente légèrement moins raide : 610.627 appels prétraités en 2012, 490.819 en 2013 et 372.022 en 2014.
Pour le Snated, "le dispositif de blacklistage des numéros instauré en 2011, conjugué à la mise en place du démasquage systématique des numéros en juillet 2013, justifient en grande partie la diminution des flux d'appels". Ces dispositifs ont permis d'écarter les appelants "pervers" et "phonophiles". Une fois leur numéro repéré, ceux-ci sont "blacklistés" durant huit heures. L'explication ne semble toutefois qu'à demi convaincante, dans la mesure où le rapport indique que 6.602 appels ont été "blacklistés" en 2014, ce qui ne suffit pas à expliquer le recul de 209.000 appels observé sur l'année.

33.000 aides immédiates ou informations préoccupantes

Parmi les nombreuses autres informations apportées par ce document, on retiendra notamment celles relatives aux 33.043 appels traités en 2014, autrement dit ceux donnant lieu à une information préoccupante (IP) transmise au département concerné ou à une aide immédiate (AI) de la part de l'écoutant (conseil, soutien, orientation...).
A la différence des appels entrants, le nombre des appels traités reste stable par rapport à 2013 (33.043 contre 33.100) et progresse même légèrement depuis les 30.716 appels comptabilisés en 2009. Les appels traités en 2014 se répartissent en 19.058 AI (58%) et 13.985 IP (42%).
Les tableaux et cartes par département montrent des écarts importants - mais difficile à expliquer -, à la fois en termes de nombres d'appels pour 100.000 mineurs et jeunes majeurs et d'évolution annuelle. On relève ainsi qu'entre 2012 et 2014, le nombre d'IP a progressé de 55% dans la Nièvre, quand il reculait de 50% en Lozère. Si on ne considère que les grands départements - pour éviter le biais des petits échantillons - les écarts n'en restent pas moins significatifs : +40,4% dans les Alpes-Maritimes et -11,7% en Moselle. Globalement, les AI ont reculé de 5,9% entre 2009 et 2012, quand les AP progressaient de 11,8% sur la même période.

40% des IP débouchent sur une mesure administrative ou judiciaire

L'étude du Snated donne aussi des informations plus qualitatives. On retiendra ainsi que, pour les appels traités, la famille proche représente près de 40% des appelants, avec des chiffres très voisins pour la mère (16,9%) et le père (14,0%). Pour leur part, les mineurs concernés représentent 11% des appels.
En termes de dangers évoqués - et dans le cas des IP - les violences psychologiques représentent 35,9% des appels, les violences physiques 22,2%, les négligences lourdes 21,5%, les conditions d'éducation compromises 13,3%, les violences sexuelles 3,3% et le comportement du mineur 3,8%.
En termes d'auteurs présumés à l'origine du danger, la mère (44,4%) et le père (33,8%) se partagent l'essentiel des suspicions, suivis par les beaux-parents (9,8%).
Enfin - et pour les situations sur lesquelles le Snated a eu un retour d'information des départements après évaluation de la situation - 60,2% des IP ont fait l'objet d'un suivi de proximité, 19,9% de mesures administratives et 19,9% de mesures judiciaires. 

 

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