Les élus satisfaits de l'offre de meublés touristiques, mais mécontents de la taxe de séjour

Quelle appréciation les élus locaux portent-ils sur les meublés de tourisme présents sur leur territoire ? Un nouveau baromètre de L'Association nationale des élus des territoires touristiques et de l'Union nationale pour la promotion de la location de vacances montre que plus de 90% d'entre eux estiment que cette forme d'hébergement "constitue une offre complémentaire" et a "des impacts positifs pour l'économie locale". Leur regard est en revanche critique sur la dimension réglementaire et fiscale.

L'Anett (Association nationale des élus des territoires touristiques) et l'UNPLV (Union nationale pour la promotion de la location de vacances) – qui regroupe les principaux acteurs du secteur : plateformes, agents de voyage, professionnels et labels – publient la première édition d'un baromètre sur la question des meublés touristiques. Ce baromètre, qui a désormais vocation à être renouvelé tous les deux ans, entend "aider les élus à mieux connaître leurs territoires et à informer les habitants, mais également à fournir des indicateurs sur l'appréciation des élus vis-à-vis des meublés de tourisme présents sur leur territoire". L'enquête s'est déroulée du 29 juillet au 20 octobre 2021 auprès des maires et adjoints des communes adhérentes de l'Anett. Elle a recueilli 119 retours d'élus, constituant un échantillon représentatif des collectivités membres de l'association. Les répondants sont issus de communes situées à 40% sur le littoral, 34% en zone rurale, 20% en montagne, 4% en ville et 1% en outre-mer. Sur l'échantillon, 58% de ces communes sont des stations classées.

Une offre d'hébergement complémentaire bien perçue, mais une montée en gamme nécessaire

La quasi-totalité (95%) des élus répondants indiquent connaître le type et la répartition approximative des hébergements touristiques de leur territoire. Ainsi, plus de 90% des communes concernées disposent de meublés de tourisme et de chambres d'hôtes sur leur territoire, plus de 80% d'hôtels et de campings et près de 65% de résidences de tourisme. Plus des deux tiers (70%) des répondants jugent que leur territoire disposait d'un nombre suffisant d'hébergements touristiques avant la crise sanitaire, avec une offre de meublés touristiques en hausse (45%) ou stable (44%). La pandémie a toutefois ralenti cette dynamique, avec 27,7% des répondants qui constatent une hausse de l'offre et 12,6% une baisse.

Les élus sont partagés sur la qualité de cette offre de meublés touristiques. Un peu plus de la moitié l'estime suffisamment qualitative et en adéquation avec les attentes des touristes (48%), tandis que 45% jugent nécessaire une montée en gamme, plus particulièrement dans les communes situées en zone de montagne et en zone rurale. De façon plus large, la vision des élus sur les meublés touristiques apparaît très positive. Plus de 90% d'entre eux estiment que l'hébergement en meublés touristiques "constitue une offre complémentaire aux autres hébergements touristiques présents sur leur territoire". La même proportion considère que "les meublés touristiques ont des impacts positifs pour l'économie locale". De même, près de 85% des répondants pensent que la clientèle touristique est plutôt bien perçue et acceptée par les habitants, conscients de leur apport au développement économique sur leur territoire, et 82% considèrent que les nuisances engendrées par le tourisme sont stables voire en baisse. En revanche, les élus sont plus partagés sur l'impact des meublés touristiques dans la problématique des lits froids et des volets clos.

Taxe de séjour : un impôt à réformer et simplifier pour les deux tiers des élus

Si la perception des meublés touristiques apparaît ainsi largement positive, il n'en va pas de même pour la dimension réglementaire et fiscale. Ainsi, seule la moitié des élus (52%) considère que la règlementation sur les meublées touristiques est claire et facilement accessible. Près des deux tiers (62%) connaissent toutefois la règlementation et les conditions d'application des procédures de changement d'usage pour les résidences secondaires et du numéro d'enregistrement pour les meublés de tourisme. Les élus les moins informés sont ceux des petites communes, qui se situent rarement en zone tendue en matière de logement.

Les griefs des élus portent surtout sur la taxe de séjour. Certes, plus de la moitié (54%) des élus répondants reconnaît un accroissement des recettes liées à la collecte obligatoire de la taxe de séjour par les plateformes en ligne, "ce qui démontre l'utilité de cette mesure mise en place en 2019". Mais pour autant, près des deux tiers d'entre eux (65%) se montrent critiques à l'encontre du mécanisme de la taxe de séjour, en estimant que le régime de cette taxe "mériterait d'être profondément repensé et simplifié". Pour Dominique Debuire, président de l'UNPLV, "cette partie donne des indicateurs intéressants sur la dynamique engendrée par la collecte de la taxe de séjour par les plateformes ainsi que sur l'impact positif des meublés touristiques dans l'économie locale. Sans surprise malheureusement, les élus sont toujours aussi nombreux à appeler de leurs vœux à réformer la taxe de séjour. Espérons qu'ils seront entendus et que ce projet soit à l'agenda du prochain quinquennat. Les meublés de tourisme sont victimes de réglementations complexes qui ne sont pas proportionnée aux problématiques réelles des territoires".

 

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