Les territoires invités à se saisir des opportunités de l'intelligence artificielle

Source de peurs autant que d'espoirs, l'intelligence artificielle (IA) s'impose comme une rupture technologique majeure du XXIe siècle. La note publiée mi-janvier 2020 par la Banque des Territoires invite les collectivités à en saisir toutes les opportunités.

Prometteuse mais encore balbutiante dans les territoires. Tel est le diagnostic de la note d'une vingtaine de pages que vient de publier le département smart city de la Banque des Territoires sur "Intelligence artificielle et collectivités" . Un document dont la principale vocation est pédagogique : démystifier l'IA, décrire quelques usages concrets et aider les territoires à se saisir du sujet.

L'immensité du champ des possibles

Définie comme "un ensemble de méthodes visant à faire effectuer par des ordinateurs des tâches nécessitant normalement une intelligence humaine", l'IA repose sur deux piliers : des données et des algorithmes dont certains ont la particularité de pouvoir apprendre par eux-mêmes. Avec à la clef une grande variété d'usages tels que la traduction, la détection, la prédiction ou encore la reconnaissance de forme ou d'objet. Si l''IA permet de piloter une voiture autonome, de détecter une tumeur sur une image médicale ou une fraude, elle est aussi capable de créativité en produisant des textes voire des œuvres d'art originales. Secteur économique porteur, l'IA impacte les infrastructures (réseaux, machines), le secteur des logiciels (algorithmes, logiciels) et celui de la data (collecte, stockage de données). Si l'IA n'est pas une invention nouvelle – les premières recherches remontent aux années 50 – la technologie connaît aujourd'hui un réel décollage. L'amélioration continue des puissances de calcul des machines et des capacités de stockage, la diminution des coûts et la disponibilité de données en très grand nombre (big data) sont à l'origine de ce "momentum". Désormais des milliers de chercheurs, de grands industriels comme les Gafam investissent ce domaine. Si l'IA semble définitivement sortie des "hivers" qui ont ponctué son histoire, elle doit encore résoudre beaucoup de défis avant de s'imposer : qualité (et parfois quantité) des données nécessaires à son fonctionnement, manque de compétence et complexité des modèles algorithmiques. Elle suscite surtout autant d'espoirs que de craintes, notamment sur la vie privée. Son développement s'accompagne également d''un manque de cadre éthique et juridique, sur lequel planchent plusieurs institutions comme la Cnil ou le Conseil national consultatif d'éthique.

Des usages encore timides dans les territoires

La note s'intéresse ensuite à l'appropriation de l'IA par les territoires. Globalement, les initiatives des collectivités territoriales en matière d'IA se révèlent encore "timides", peu distinctes de celles menées dans le cadre de l'entreprise et pour l'essentiel centrées sur l'amélioration ou l'optimisation de processus existants. Les usages les plus médiatiques – et aussi les plus controversés – portent sur la reconnaissance faciale expérimentée à Nice et Marseille (notre article). Plusieurs territoires sont ensuite impliqués dans des expérimentations de véhicules autonomes en milieu ouvert (Rouen, Rennes…). Les algorithmes sont enfin au cœur de plusieurs projets en matière d'optimisation des déchets (poubelles connectées) de mobilité (partage, itinéraire, trafic prédictif…) ou encore de simplification de la relation citoyen (chatbots). Pour les collectivités qui voudraient se lancer - en répondant notamment aux appels à projets de l'Etat et de l'Europe -  la note recommande de commencer par des projets de taille modeste en mobilisant tout l'écosystème d'innovation. Des projets dont la première pierre reste "la culture de la donnée".

 

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