PLF 2021 : la baisse du Pass Culture de 500 à 300 euros se confirme

A l'occasion de l'examen des crédits de la culture, dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances pour 2021, les députés ont été nombreux à revenir sur l'avancement du Pass Culture et les incertitudes qui entourent encore ce dispositif (voir nos articles ci-dessous). L'enjeu budgétaire est assez limité, puisque le PLF 2021 prévoit seulement 20 millions d'euros supplémentaires pour le Pass Culture, au titre des mesures nouvelles, ce qui portera l'enveloppe à 57 millions. Les interrogations portent plutôt sur les perspectives de généralisation d'un dispositif qui semble loin d'être stabilisé.

La principale incertitude porte sur le montant du Pass. Initialement et jusqu'à présent, le montant prévu était de 500 euros, mis à disposition des bénéficiaires. C'est d'ailleurs ce montant qui est retenu dans le cadre de l'expérimentation en cours auprès de 115.000 jeunes de 14 départements. Mais le récent bilan présenté par la SAS (société anonyme simplifiée) Pass Culture, créée il y a un peu plus d'un an pour gérer le dispositif, apporte un sérieux bémol. Il montre en effet que le Pass est utilisé plutôt à hauteur de 300 euros (voir notre article ci-dessous du 2 octobre 2020).

En commission des affaires culturelles comme en séance publique, Roselyne Bachelot a confirmé que "nous réfléchissons à faire passer le montant du Pass à 300 euros – ce qui correspondrait d'ailleurs aux pratiques constatées –, tout en enrichissant l'offre disponible sur la plateforme, notamment par des offres gratuites. Le système actuel des sous-plafonds [par grandes catégories de biens culturels, ndlr] mérite certainement d'être à la fois simplifié et mieux adapté".

Lors de la discussion, l'Assemblée a écarté un amendement de suppression du Pass Culture au profit d'un programme intitulé "Démocratisation de la culture", présenté par la France insoumise. Pour leur part, le PS et le groupe LR ont réitéré leurs réserves sur le dispositif. Les premiers estiment que le dispositif bénéficie avant tout aux étudiants et lycéens et peu aux apprentis et jeunes salariés, quand les seconds y voient une usine à gaz et proposent de réorienter les crédits prévus vers le patrimoine. Le groupe Libertés et territoires s'est également montré réservé, considérant que "le Pass Culture favorise l'autonomie de ceux qui ont les moyens de cette autonomie".

Face à ces critiques, Roselyne Bachelot s'est dite "la première à reconnaître qu'il a encore des défauts. La généralisation constitue une réponse, la seule possible pour améliorer certains aspects, en particulier la communication". Elle a également insisté sur la nécessité "d'articuler le dispositif avec les expériences régionales" portant sur des initiatives similaires ou complémentaires. Pour sortir de l'impasse, la ministre de la Culture a proposé de se mettre "à la disposition de la commission des affaires culturelles et de l'éducation pour en discuter lors d'une réunion". Une proposition reprise au bond par la plupart des groupes et qui ne devrait pas tarder à se concrétiser.

 

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