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Nouveau protocole sanitaire à l'école : simple principe de distanciation et classe à l'air libre

Le nouveau protocole sanitaire de l'Éducation nationale allège les règles de distanciation pour permettre à tous les élèves de revenir en classe. Il prend aussi la mesure de la limite de l'exercice en posant un simple "principe" pour les écoliers et collégiens et en encourageant les enseignants à faire classe en plein air.

Deux jours. Directeurs d'école, enseignants, élus locaux et services des collectivités locales ont deux jours pour mettre en place le nouveau protocole sanitaire dans les établissements scolaires. Le 14 juin 2020, le président de la République annonçait le retour obligatoire de tous les élèves dans les écoles et collèges à partir du 22 juin. Comment ce retour allait-il être possible alors que des mesures de distanciation physique sont maintenues ? C'est à cette question que répond le nouveau protocole de l'Éducation nationale.
Une bonne nouvelle pour commencer. Le document publié le 17 juin au soir ne fait que huit pages. Le précédent en comptait cinquante-six. Le principal changement tient à la distanciation physique : "La règle indicative de surface de 4m² par élève ne s’applique plus dans les locaux comme dans les espaces extérieurs." C'est grâce à cette nouvelle mesure que la limite de quinze élèves au maximum par classe peut être levée. 

Un "principe" de distanciation

Le protocole fait ensuite une distinction selon les niveaux de classes. Dans les lycées, une distance minimale d’un mètre est respectée entre chaque personne dans les espaces clos et dans les espaces extérieurs. Rien ne change donc. À l’école maternelle, aucune règle de distanciation ne s’impose plus entre les élèves d’une même classe ou d’un même groupe quel que soit l'espace, clos ou ouvert. C'est une réouverture totale qui attend les plus petits dès le 22 juin. 
Dans les écoles élémentaires et les collèges, il devrait en être de même. La distanciation physique d’au moins un mètre dans les espaces clos, entre l’enseignant et les élèves ainsi qu’entre les élèves quand ils sont côte à côte ou face à face devient un simple principe. Si le mobilier des classes ne permet pas de respecter la distanciation physique, tous les espaces de l’établissement peuvent être mobilisés (CDI, salles informatiques…), y compris pour proposer d’autres activités (études, 2S2C). Surtout, le protocole précise : "Si la configuration des salles de classe (surface, mobilier, etc.) ne permet absolument pas de respecter la distanciation physique d’au moins un mètre, alors l’espace est organisé de manière à maintenir la plus grande distance possible entre les élèves et les élèves de plus de onze ans doivent porter le masque de protection dans la classe." Dans les espaces extérieurs entre élèves d’une même classe ou d’un même groupe, aucune distanciation ne s'applique plus, y compris pour les activités sportives. Pour limiter les croisements entre élèves de classes différentes ou de niveaux différents, les établissements organisent le déroulement de la journée et des activités scolaires, en étalant les horaires le cas échéant.
Le protocole tient encore compte de cette équation difficile à résoudre quand il énonce : "L’organisation de la classe à l’air libre est donc une possibilité encouragée." Il ne reste plus qu'à espérer que le temps soit clément jusqu'au 3 juillet, date de fin de l'année scolaire.

Le grand retour du ballon

Côté hygiène, le lavage des mains aux lavabos peut désormais se réaliser sans mesure de distance physique entre les élèves d’une même classe ou d’un même groupe. Pour les personnels, le port d’un masque grand public est obligatoire en école primaire, en collège et en lycée dans les situations où la distanciation d’au moins un mètre ne peut être garantie. Il ne l’est pas pour les enseignants lorsqu'ils font cours et sont à une distance d'au moins un mètre des élèves.
L'aération des locaux est maintenue. Elle a lieu au minimum toutes les trois heures durant au moins quinze minutes à chaque fois. Et en tout état de cause le matin avant l’arrivée des élèves, pendant chaque récréation, au moment du déjeuner et le soir pendant le nettoyage des locaux. Ce nettoyage est effectué au moins une fois par jour pour les sols et grandes surfaces (tables, bureaux). Un nettoyage désinfectant des surfaces les plus fréquemment touchées par les élèves et personnels dans les salles, ateliers et autres espaces communs est également réalisé au minimum une fois par jour. L’accès aux jeux extérieurs, bancs et espaces collectifs est autorisé si un nettoyage quotidien est assuré ou après une période sans utilisation d’environ 12 heures. La mise à disposition d’objets partagés au sein d’une même classe ou d’un même groupe est permise si une désinfection quotidienne est assurée ou que les objets sont isolés 24 heures avant réutilisation. C'est le grand retour des ballons et jouets dont l'usage était proscrit dans le précédent protocole.
Pour rappel, la restauration scolaire est organisée dans les lieux habituels et doit être privilégiée. Les flux et la densité des élèves sont organisés en respectant la distance d’au moins un mètre entre élèves (ou groupe d’élève s’agissant de la maternelle). Quand la distanciation s'avère "matériellement impossible", il convient de faire déjeuner les élèves d’une même classe ensemble et de respecter une distance d’au moins un mètre avec les autres groupes. Les tables du réfectoire sont nettoyées et désinfectées après chaque service.

Le 2S2C dans le viseur

Dans un communiqué du 16 juin, l'Association des maires de France (AMF) se félicite du retour obligatoire de tous les élèves à l’école. Mais s’interroge sur sa mise en œuvre. À propos du nouveau protocole sanitaire elle écrit : "Les premières précisions relatives à l’instauration de la distanciation sociale d’un mètre latéral et le maintien du non-brassage des groupes d’élèves soulèvent dès à présent des interrogations au regard de la taille et de l’aménagement possible des locaux ainsi que pour l’organisation du service de restauration et des activités périscolaires." Elle a maintenant des réponses. Dont celle qui précise que, non, tous les enfants ne pourront pas prendre place en classe le 22 juin. Le dispositif 2S2C mis en place par des collectivités volontaires pour rendre possible l’accueil de tous les élèves sur le temps scolaire devrait perdurer. L’AMF prévient : "Il doit demeurer exceptionnel [et] faire l’objet d’une compensation financière de l’État."
Le 17 juin, l'Assemblée nationale lance une "mission flash" sur la mise en place du dispositif 2S2C à l’école. Les corapporteurs François Cormier-Bouligeon, député du Cher, et Béatrice Descamps, élue du Nord, devraient rendre rapidement leur travail. Mais sans doute trop tard pour rectifier le tir le cas échéant.

 

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