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Pacte productif : dix secteurs prioritaires identifiés par un collège d'experts

Prévu pour le deuxième trimestre 2020, le pacte productif intégrera les conclusions du rapport "Faire de la France une économie de rupture technologique", présenté le 7 février 2020 au ministre de l'Économie et des Finances. Le rapport identifie 22 marchés émergents, dont dix secteurs prioritaires, sur lesquels la France peut se positionner pour devenir leader. Objectif : focaliser une partie des initiatives publiques sur ce nombre restreint de marchés qui répondent à des défis sociétaux.

Le pacte productif se précise, avec le rapport "Faire de la France une économie de rupture technologique", remis le 7 février 2020 à Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances. Le collège d'experts, construit autour du Conseil de l'innovation, identifie ainsi vingt-deux marchés émergents sur lesquels la France peut jouer le rôle de leader à l'échelle mondiale, dont dix sont jugés prioritaires. L'idée étant de concentrer les soutiens publics à l'innovation sur ces secteurs, qu'ils soient issus directement de l'État, des collectivités territoriales, et notamment des régions, ou de l'Europe. Le rapport se calque sur les pratiques d'autres pays industrialisés qui concentrent leurs moyens sur un nombre limité d'industries ou de technologies : le plan "Industrie 4.0" et les programmes spécifiques sur l'hydrogène pour l'Allemagne, la "stratégie nationale pour l'intelligence artificielle" en Corée du Sud et en Chine, ou encore la "Stratégie Robots" et l'énergie solaire au Japon…

Les régions, parties prenantes 

L'ensemble de la chaîne constituant le soutien public est concerné et à ce titre, les régions ont été consultées pour dresser le rapport, tout comme les pôles de compétitivité, les sociétés d'accélération du transfert de technologies (Satt), les représentants de la recherche publique, les ministères et autres opérateurs publics. À noter que, outre leur schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII), les régions occupent aussi un rôle de poids dans le cadre du déploiement de la Team France Export, qu'elles pilotent au niveau local. Elles seront amenées à intervenir dans les stratégies d'accélération que le gouvernement compte mettre en oeuvre pour ces marchés, des stratégies qui "devront être conçues dans une approche systémique : de l’amont à l’aval, en agissant sur l’ensemble des leviers pertinents, qu’il s’agisse du soutien à la R&D, de maturation des technologies, de déploiement, ou encore de capital humain, d’attractivité et de promotion à l’international", détaille le rapport.
Parmi les secteurs prioritaires identifiés* : l'agriculture de précision et les agro-équipements (matériels de pulvérisation, de tri des récoltes, infrastructures de stockage, technologies de production de semences), l'alimentation durable pour la santé (nouvelles sources de protéines, process de biotechnologies, production de ferments), le biocontrôle animal et végétal (fabrication de produits de biocontrôle), la santé digitale, la décarbonation de l'industrie, ou encore les nouvelles générations durables de matériaux composites et la cybersécurité.

La sélection finale des marchés prioritaires

Ces dix secteurs ont plusieurs caractéristiques communes. Ils répondent tous à des enjeux sociétaux (une alimentation saine et durable, la santé et le bien-être des citoyens, l'environnement et la transition écologique et énergétique, la souveraineté de la France dans le numérique) et comportent une forte dominante technologique. Ils sont en phase de structuration à l'échelle nationale et européenne sur des domaines en croissance où la France dispose d'avantages compétitifs et ils font face à des barrières à l'entrée importantes (capitalistiques, réglementaires, technologiques ou de compétences). Enfin, leur priorisation vient aussi du fait que les enjeux en matière de souveraineté y sont particulièrement forts.
A partir de ce rapport, le gouvernement va effectuer la sélection finale des marchés prioritaires pour élaborer le pacte productif et définir, avec les acteurs concernés, les stratégies d'accélérations. Ces stratégies bénéficieront des moyens issus du nouveau programme d'investissements d'avenir (PIA) dont l'élaboration a été demandée par le Premier ministre le 19 décembre 2019 et du réinvestissement dans la recherche que portera la loi de programmation pluriannuelle.
Les premières lignes du pacte productif sont attendues pour le deuxième trimestre 2020.

* Les dix secteurs prioritaires identifiés : l'agriculture de précision et les agro-équipements, l’alimentation durable pour la santé, le biocontrôle animal et végétal, la santé digitale, les biothérapies et bioproduction de thérapies innovantes, l’hydrogène pour les systèmes, la décarbonation de l’industrie, les nouvelles générations durables de matériaux composites, les technologies du quantique, la cybersécurité.