Team France Export : vers l'accompagnement des ETI et la transition écologique

La Team France Export poursuit son chemin, avec quelque 235 conseillers qui ont 45.000 entreprises dans leur portefeuille. Le bilan tiré lors de l'événement Bercy France Export 2020 organisé le 30 janvier 2020 a fait ressortir les nouvelles priorités : l'accompagnement des entreprises de taille intermédiaire et la transition écologique.

"Nous ne sommes plus dans le temps de la réflexion mais dans le temps de l'action." Christophe Lecourtier, directeur général de Business France et inspirateur du dispositif, résume ainsi les avancées de la Team France Export. Réunies le 30 janvier 2020 à l'occasion de Bercy France Export 2020, rendez-vous annuel d'échanges sur les grands enjeux de l'export, les équipes ont pu faire état du bilan de la démarche entamée il y a deux ans. "À l'heure actuelle, 235 conseillers quadrillent la France, a affirmé Christophe Lecourtier, dans les métropoles mais aussi dans les villes secondaires ; avec un total de 45.000 entreprises en portefeuille." Des conseillers qui accompagnent ces entreprises depuis la première étape consistant à diagnostiquer leurs forces sur les marchés internationaux pour la construction d'un projet d'exportation dans la durée.
Le promesse du guichet unique de l'export serait-elle en passe de devenir une réalité ? Annoncé depuis de longues années, le projet a été relancé en 2018, dans le cadre de la Team France Export, qui consiste à regrouper l'offre de trois réseaux existants (les CCI, Bpifrance et Business France) au niveau de chaque région et s'est vu concrétiser dans le cadre de la loi Pacte du 22 mai 2019.

L'organisation à l'international

Les chambres de commerce et d'industrie, dont les missions sont resserrées sur l'appui à la création, la transmission et l'exportation des entreprises, constituent la pièce centrale du dispositif. Les conseillers de Business France ont rejoint localement les équipes des CCI. Les entreprises peuvent ainsi disposer de conseillers issus des CCI ou de Business France au sein d'un seul et même dispositif. "Il fallait traiter la question du millefeuille administratif, a rappelé Christophe Lecourtier. Pour ce faire, nous avons organisé les conditions de mise à disposition des moyens de l'État par les régions, un acte salué par Régions de France, à travers un mode contractuel dans lequel les régions sont les pilotes, les stratèges et l'État apporte les moyens pour mettre en œuvre leur politique de développement économique." Autre pièce de l'édifice : la régulation du réseau à l'international, pour éviter les doublons et les compétitions inutiles. "Nous concentrons notre action sur six pays, dont la Russie, Singapour, le Japon, dans lesquels nous sommes associés avec des acteurs privés, a expliqué le directeur général de Business France. Dans cinquante autres pays, nous sommes en train de définir des partenariats avec aussi des acteurs privés pour proposer un continuum de services."

"Cocooner" les entreprises de taille intermédiaire

Maintenant installée, cette Team France Export devrait prendre deux orientations bien spécifiques : l'accompagnement des entreprises de taille intermédiaire (ETI), dont la France manque, notamment par rapport à ses voisins européens (5.400 en France contre 12.500 en Allemagne) et le développement d'exportations décarbonées.
"Les PME et les ETI de croissance sont les moteurs de notre croissance et de notre exportation", a affirmé Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, lors de son discours de clôture. "Mais ce sont des championnes encore trop méconnues de nos concitoyens et des investisseurs étrangers." Lors de l'événement organisé le 21 janvier 2020 à l'Élysée, rassemblant 500 ETI, le gouvernement a annoncé une stratégie nationale. "Les ETI sont souvent les grandes oubliées de nos politiques publiques (...). Nous allons les accompagner, les 'cocooner' plus particulièrement de façon à ce qu'elles se sentent autorisées à utiliser les services de l'administration de manière partenariale", a insisté la secrétaire d'État.
Autre enjeu : la transition écologique. "Nos exportations doivent être plus responsables de l'environnement", a quant à lui affirmé Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, dans une vidéo d'introduction. Une revue de toutes les garanties à l'exportation est en préparation, qui devrait prendre fin à l'été 2020. Les garanties ne répondant pas aux objectifs environnementaux ne seront plus soutenues par l'État, le tout sera traduit dans le projet de loi de finances pour 2021. "Cela permettra de réorienter les garanties à l'export vers des projets décarbonés, respectueux de l'environnement", a déclaré Bruno Le Maire.

Le pacte productif retardé

Reste la question de la baisse des impôts de production, sur laquelle le gouvernement s'est engagé. Intégré dans le pacte productif, le chantier de la fiscalité des entreprises est reporté au second trimestre, comme l'a annoncé le Premier ministre le 15 janvier à l'issue d'un séminaire gouvernemental. L'un des enjeux serait la possibilité pour les régions de moduler la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE), afin d'attirer des entreprises, comme l'avait proposé Édouard Philippe lors du dernier congrès des régions. Côté simplification des procédures, les choses devraient aller plus vite. Un projet de loi d'accélération et de simplification de l'action publique devrait être présenté début février en conseil des ministres, avec notamment des procédures accélérées pour les implantations industrielles.

 

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