Lutte contre l'exclusion - Pour la première fois depuis le début de la crise, la pauvreté et les inégalités ont reculé en 2013

S'il fallait une preuve de la réalité du "choc fiscal" de 2012-2013, l'Insee vient de la fournir avec la publication des résultats de son étude sur les niveaux de vie en 2013. En apparence, pourtant, rien n'a changé puisque le niveau de vie médian de la population française en 2013 est toujours de 20.000 euros annuels, soit un niveau quasiment identique, en euros constants, à celui de 2012. Pourtant, l'indice de Gini, qui mesure le degré d'inégalité (la valeur 0 correspondant à l'égalité parfaite où tout le monde a le même niveau de vie et la valeur 1 à l'inégalité extrême où une seule personne monopolise tout le revenu), a connu un "repli d'une ampleur inobservée depuis 1996", passant de 0,305 en 2012 à 0,291 en 2013).

Les impôts augmentent...

L'explication de ce résultat tient en une phrase : alors qu'en 2012, tous les déciles de niveaux de vie avaient diminué, en 2013, tout s'est joué aux deux extrêmes de l'échelle. Ainsi, les trois premiers déciles de niveau de vie ont progressé légèrement, avec toutefois une progression plus marquée (+1,1% en euros constants) pour le premier décile, regroupant les revenus les plus faibles. Selon l'Insee, cette amélioration de la situation de ménages les plus modestes s'explique - malgré un taux d'activité demeuré stable - par la hausse des revenus salariaux sous l'effet d'une augmentation des heures travaillées sur l'année.
A l'inverse, les niveaux de vie ont eu tendance à diminuer en 2013 dans tous les autres déciles. Cette baisse est "plutôt faible" du quatrième au huitième décile (entre -0,1% pour les 4e et 5e déciles et -0,8% pour le 8e décile). En revanche, elle est sensiblement plus forte pour le 9e et dernier décile (-1,8%), qui recule pour la seconde année consécutive.

... les revenus des plus modestes aussi

L'Insee avance plusieurs explications à ce recul : la hausse de la fiscalité, qui a concerné au premier chef les ménages les plus aisés (progression du taux moyen de prélèvement des impôts directs de 1,9 point en 2013 pour les 10% les plus aisés, contre +0,8 point pour le reste des ménages). Les mesures prises - création d'une tranche supplémentaire d'imposition, plafonnement de l'effet du quotient familial, prélèvement forfaitaire obligatoire pour les capitaux mobiliers (au lieu du prélèvement forfaitaire libératoire)... - ont particulièrement pesé sur les revenus du haut de la distribution.
La première conséquence de cette double évolution réside dans la réduction des inégalités, pour la première fois depuis le début de la crise de 2007-2008. Outre l'indice de Gini, l'Insee indique que "le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes diminue fortement, de 4,6 à 4,3", tandis que "le rapport entre le neuvième décile, plancher des 10% les plus aisés, et le premier décile, plafond des 10% les plus modestes, recule de 3,6 à 3,5".
La seconde conséquence réside dans l'amélioration des revenus les plus faibles. Le taux de pauvreté monétaire à 60% du revenu médian (soit en dessous de 1.000 euros par mois en 2013) recule ainsi de 14,3% de la population en 2012 à 14,0% en 2013, tandis que le taux de pauvreté à 50% baisse de 8,5% à 8,0%. Pour sa part, le niveau de vie médian des personnes pauvres atteint 802 euros par mois en 2013, contre 788 euros en 2012.  

 

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