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Prévention des inondations, littoraux et verdissement des services de l'État au programme du Conseil de défense écologique

Consacré à l'adaptation au changement climatique, le quatrième Conseil de défense écologique, qui s'est tenu ce 12 février sous la présidence d'Emmanuel Macron, a arrêté des mesures destinées à mieux prévenir les inondations et les risques liés à l'érosion côtière, et à rendre les services de l'État "écoresponsables". L'objectif d'une augmentation des aires protégées en France a également été confirmé.

Avant de se rendre au mont Blanc pour y détailler des mesures de protection du massif et de son écosystème, Emmanuel Macron a présidé ce 12 février le quatrième Conseil de défense écologique. Consacrée à l'adaptation au dérèglement climatique, cette réunion a notamment confirmé l'objectif d'une augmentation des aires protégées en France, qui devront couvrir 30% du territoire, contre 23,9% actuellement, via des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux et en parcs naturels régionaux. Quatre nouveaux parcs verront ainsi le jour au mont Ventoux, dans la baie de Somme, les Corbières et une partie du Doubs.
Dix ans après la terrible tempête Xynthia, qui avait frappé les côtes vendéennes et fait 47 morts, le Conseil de défense écologique s'est également penché sur la lutte contre l'érosion côtière et la prévention des inondations, qui concernent 17 millions de Français.

Prévention des inondations : accélération de l'élaboration des Papi

Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, a d'abord indiqué que la durée d'élaboration par les collectivités des programmes d'action pour la prévention des inondations (papi),  qui "peuvent prendre aujourd'hui jusqu'à huit ans", devra être divisée par deux. Ceux en-deçà de 20 millions d'euros (70% d'entre eux) seront validés au niveau local, a-t-elle ajouté. La ministre s'est aussi engagée à "garantir" la capacité du "fonds Barnier" pour la prévention des risques naturels majeurs. Financé par un prélèvement sur les assurances habitation et automobile, le fonds a engagé quelque 200 millions d'euros par an ces trois dernières années et sera de plus en plus sollicité en raison de l'accroissement des besoins face au changement climatique, a noté le ministère. D'autre part, pour améliorer la préparation des territoires concernés par le risque d'inondation, Élisabeth Borne a notamment évoqué la mise en place de solutions fondées sur la nature, comme la recréation de dunes, prairies, forêts... Dans ce cadre, neuf sites, dont Marseille, Dax, Saint-Étienne, Saint-Nazaire et Vernon, vont être accompagnés par des équipes d'architectes, d'urbanistes, d'ingénieurs pour concevoir des réaménagements permettant plus de résilience.

Érosion côtière : "réduire la vulnérabilité des territoires"

D'autres mesures visent à faire face au recul du trait de côte. "20% de notre façade maritime est concernée, a souligné Élisabeth Borne. En Vendée ou dans la Somme, le littoral recule de 0,5 à 1,5 mètre par an. D’ici la fin du siècle, près de 50.000 logements pourraient être menacés." "Nous devons agir pour réduire la vulnérabilité des territoires exposés tout en préservant leur attractivité, a poursuivi la ministre. D’abord, dans les espaces menacés à court terme, d’ici 30 ans, pour interdire les nouvelles constructions, en relocaliser certaines, recréer les dunes, des forêts, des prairies qui limitent l’érosion." Le ministère vient de retenir sept candidats qu'il accompagnera pour mettre en œuvre ces solutions fondées sur la nature. Pour les zones exposées à long terme, un nouveau dispositif d'autorisation de construire "non pérenne" doit voir le jour. "Ce permis non pérenne autoriserait de nouvelles constructions, à condition que celles-ci soient démontées au terme d'un délai fixé au préalable", précise le ministère.  
"Nous devons améliorer l'information de nos concitoyens lorsqu'ils décident de s'installer dans ces zones, nous créerons donc une obligation d'information transparente et objective pour que les acheteurs ou des locataires soient informés du risque d'érosion, comme ils le sont aujourd'hui pour les inondations", a ajouté Élisabeth Borne.

"Verdir" les services de l'État

Défendant la politique des "petits pas", le gouvernement a en outre annoncé 20 mesures pour "verdir" les services de l'État. Il s'agit de "permettre à 2,4 millions d'agents publics d'être acteurs de la transition écologique dans tous les territoires", a expliqué la ministre. "Cela va de l'installation de 500 bornes de recharge électrique d'ici fin 2021 à la réduction d'utilisation de l'avion pour les déplacements professionnels, en passant par l'interdiction de l'achat de chaudières au fioul", a-t-elle détaillé. Parmi ces mesures figurent également la généralisation de parcs de stationnement de vélos et celle du "forfait mobilité" de 200 euros pour les agents se déplaçant à bicyclette ou covoiturage.
Par ailleurs, à compter de juillet prochain, les pesticides seront bannis dans les espaces verts, forêts, promenades et voiries, que ces lieux soient ouverts ou non au public, et les produits bio devront représenter au moins 20% des produits utilisés dans les services de restauration collective de l'État et de ses établissements publics lors du renouvellement des marchés. L'État s'engage en outre à "utiliser systématiquement du papier recyclé ou, à défaut, du papier issu de forêts gérées durablement", et à ne plus acheter de "plastique à usage unique". L'État s'engage aussi à proposer systématiquement son matériel, notamment informatique, aux associations et acteurs de l'économie sociale et solidaire lorsqu'il est remplacé.

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