Lutte contre l'exclusion - Qui sont les travailleurs pauvres ?

Alors que le gouvernement travaille à la fusion du RSA activité et de la prime pour l'emploi au sein d'une nouvelle prestation - la prime d'activité (voir notre article ci-contre du 5 mars 2015) -, l'Observatoire des inégalités publie une étude, brève mais éclairante, sur les travailleurs pauvres en France. La question centrale est, en l'occurrence, celle de leur nombre. Il y a quelques semaines, les présidents de différents mouvements et réseaux associatifs attiraient ainsi l'attention du Premier ministre sur la situation de "millions de travailleurs pauvres" (voir notre article ci-contre du 27 février 2015).
L'Observatoire des inégalités - qui travaille en l'occurrence à partir des données 2012 de l'Insee - arrive à un chiffre inférieur. Il estime ainsi qu'un million de personnes exercent un emploi tout en disposant - après avoir comptabilisé les prestations sociales (primes pour l'emploi, allocations logement...) ou intégré les revenus de leur conjoint - d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 50% du revenu médian (soit 823 euros par mois pour une personne isolée). Si on retient le nouveau seuil fixé à 60% du revenu médian (soit 987 euros par mois), le nombre de travailleurs pauvres atteint 1,9 million de personnes. En intégrant les conjoints et les enfants, on arrive - selon le seuil de pauvreté retenu - à un total de 2 à 3,9 millions de personnes vivant dans un ménage dont le chef de famille est un travailleur pauvre. A titre d'exemple, pour un couple avec un enfant de moins 14 ans, le seuil de pauvreté est de 1.481 euros pour le seuil à 50% du revenu médian et de 1.777 euros pour le seuil à 60%.
L'autre information intéressante concerne l'évolution de ce nombre de travailleurs pauvres. Celui-ci apparaît en effet remarquablement stable entre 1998 et 2012, dernière année de l'étude. Si l'on s'en tient à la dernière décennie - autrement dit la période 2002-2012 - le nombre de travailleurs pauvres s'est accru de 154.000 personnes pour un seuil de pauvreté à 50% (+17%) et de 34.000 pour un seuil à 60% (+1,8%). De façon logique, les courbes relatives au nombre de personnes vivant dans un foyer de travailleurs pauvres suivent le même tracé. Malgré son ampleur, la crise économique à l'œuvre depuis 2007 n'aurait donc pas eu d'impact majeur sur le nombre de travailleurs pauvres. On ne dira, bien sûr, pas la même chose du nombre de personnes privées d'emploi.

 

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