Handicap - Ségolène Neuville lance à Nantes une Conférence nationale du handicap décentralisée

Le 24 novembre, la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion a lancé, à Nantes, la première étape de la Conférence nationale du handicap (CNH). La loi Handicap du 11 février 2005 prévoit en effet la réunion de cette conférence tous les trois ans. L'originalité de cette CNH 2014 est d'être organisée sous la forme de quatre forums régionaux. Celui de Nantes était consacré au thème de l'accessibilité. Les suivants se tiendront à Dijon le 1er décembre (emploi), à Lille le 5 décembre (jeunesse), puis le 8 décembre à Ille-sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales (accès aux soins et secteur médicosocial). Avant une restitution des travaux à l'Elysée, qui, selon les associations, n'est pas aux normes en matière d'accessibilité... Cette réunion, en présence du chef de l'Etat, fixera de nouveaux objectifs, dont le premier bilan sera examiné lors de la prochaine réunion du comité interministériel du handicap (CIH).

Une meilleure intégration du handicap dans les politique publiques

La CNH 2014 s'inscrit elle-même dans le prolongement du CIH du 25 septembre 2013 (voir notre article ci-contre du 26 septembre 2013). A l'occasion de ce premier forum régional de Nantes, Ségolène Neuville a présenté les principaux points à l'ordre du jour des travaux et, sans doute, à celui de la réunion à l'Elysée. En termes de mesures nouvelles, le bilan semble toutefois relativement maigre. La secrétaire d'Etat a notamment évoqué, dans son intervention, la circulaire du Premier ministre sur l'intégration du handicap dans les différentes politiques publiques (voir notre article ci-contre du 17 juillet 2014), la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, qui comporte - pour la première fois - un volet spécifique au handicap, ou encore "l'application progressive par la France" de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), adoptée par l'assemblée générale des Nations unies le 13 décembre 2006 et ratifiée par la France au début de 2010.

Le gros morceau de l'accessibilité

Le gros morceau de la réunion devrait toutefois rester celui de l'accessibilité, après l'ordonnance sur les agendas d'accessibilité programmée. Ségolène Neuville a reconnu que "notre pays est loin d'être exemplaire". Elle a annoncé quelques mesures pour tenter d'y remédier : mise à disposition des commerçants d'un outil d'autodiagnostic gratuit et disponible en ligne, déploiement des "ambassadeurs de l'accessibilité" (jeunes recrutés dans le cadre du service civique), amplification de la campagne nationale de communication sur la mise en accessibilité...
D'autres annonces portent sur une conception plus large de l'accessibilité, comme la signature prochaine de la charte de qualité pour l'usage de la langue des signes française (élaborée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel) ou l'expérimentation en cours du système du relais téléphonique. Ségolène Neuville a également évoqué les secteurs du sport, du tourisme et de l'accès à la consommation, ainsi que les perspectives ouvertes par les progrès de la technologie, autour de l'accessibilité numérique. Reste un point qui n'a pas été évoqué, mais que les associations ne devraient pas manquer de soulever : celui des ressources des personnes handicapées.

Jean-Noël Escudié / PCA
 

 

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