2020, année noire pour la construction de logements : -15% de permis de construire et -7% de mises en chantier

Le ministère de la Transition écologique vient de publier les chiffres de la construction de logements au 31 décembre 2020. Les plus touchés sont les logements collectifs, que ce soit en autorisations (-20,7%) ou en mises en chantier (-9,1%). Toutes les régions affichent une baisse des permis de construire. Si les chiffres du dernier trimestre sont un peu moins mauvais que ceux de l'ensemble de l'année 2020, difficile d'y déceler l'amorce d'une reprise vigoureuse.

Le ministère de la Transition écologique publie, dans le dernier numéro de sa lettre d'information "Stat Info", les résultats de la construction de logements au 31 décembre 2020. Ceux-ci revêtent une importance particulière, dans la mesure où ils donnent une vision complète de l'année écoulée en matière de logement. Celle-ci est conforme à celle qui se dessinait au fil des mois et des trimestres (voir notre article du 29 octobre 2020) : sous l'effet de la crise sanitaire, les autorisations de logements ont connu un très fort recul en 2020 avec une baisse de près de 15%, tandis que les mises en chantier ont un peu mieux résisté, avec une baisse de près de 7%.

En 2020, il manque 65.800 logements

Ainsi, en données brutes, 381.600 logements ont été autorisés à la construction au cours de l'année 2020, soit 65.800 de moins qu'en 2019 (-14,7%). Dans le même temps, environ 376.700 logements ont été mis en chantier, soit 28.200 de moins que durant l'année 2019 (-6,9%). Le fort recul sur les autorisations de logement, nettement plus prononcé que celui des mises en chantier, ne va pas manquer de faire renaître les polémiques sur les défaillances, réelles ou supposées, des collectivités territoriales dans l'instruction et la délivrance des permis de construire, tout particulièrement durant les périodes de confinement. 
En matière d'autorisations de logements, les plus touchés sont les logements collectifs (-20,7% sur 2020), devant les logements individuels groupés de type lotissements (-11,8%) et les logements individuels purs, autrement dit les maisons (-9,4%). Les logements en résidence – offrant des services spécifiques : résidences pour personnes âgées, pour étudiants, de tourisme, à vocation sociale, pour personnes handicapées... – s'en sortent nettement mieux (-0,6%), mais ils représentent moins de 10% de l'ensemble des autorisations de logements. 
Ces logements en résidences connaissent même une progression de leurs mises en chantier sur l'année 2020 (+9,3%). À l'inverse, les mises en chantier reculent pour les logements collectifs (-9,1%) et les logements individuels purs et individuels groupés ne font guère mieux (-7,2% chacun). L'étude du ministère ne fait pas le distinguo entre parc privé et parc public, mais il est d'ores et déjà acquis, comme l'a récemment reconnu la présidente de l'USH (Union sociale pour l'habitat), Emmanuelle Cosse, que 10 à 20.000 logements sociaux devraient manquer à l'appel sur 2020. 

Aucune région n'échappe à la chute des permis de construire 

En termes géographiques, aucune région n'échappe à la chute des autorisations de logements. Neuf d'entre elles affichent une baisse des permis de construire supérieure à 10%. À l'exception de la Corse (-35%, mais peu significative en raison de l'étroitesse du marché), on y trouve toutes les grandes régions et notamment l'Île-de-France (-25%) – qui pèse lourdement sur le résultat d'ensemble –, Paca (-25%), Occitanie (-13,9%), Auvergne-Rhône-Alpes (-13,7%), Nouvelle-Aquitaine (-13,4%), Grand Est (-13,3%), les Hauts-de-France (-10,5%)... Cinq autres régions s'en tirent mieux sur les permis de construire : l'Outre-Mer (-5,1%), Centre-Val de Loire (-4,6%), Bourgogne-Franche-Comté (-4,1%), Normandie (-2,6%) et Bretagne (-1%). 
En matière de mises en chantier, les résultats sont plus contrastés. Trois régions affichent une progression : Bourgogne-Franche-Comté (+7,7%), Bretagne (+5,7%) et Centre-Val de Loire (+1,1%). À l'inverse, cinq régions connaissent un chute prononcée des mises en chantier : la Corse (-25%), l'Île-de-France (-16,7%), l'Outre-Mer (-16%), les Hauts-de-France (-11,2%) et Paca (-11%). Six autres régions se situent entre -10% et 0%. Elles vont de -0,2% (Pays de la Loire) à -8,7% (Occitanie), Auvergne-Rhône-Alpes se situant pour sa part à -1,9%.

Quelles perspectives pour 2021 ?

Le numéro de décembre de "Stat Info" donne aussi les résultats du dernier trimestre 2020. Si les chiffres sont un peu moins mauvais que ceux de l'ensemble de l'année 2020, il est néanmoins difficile d'y déceler l'amorce d'une reprise vigoureuse. Le recul des autorisations de logement au dernier trimestre (par rapport au dernier trimestre 2019) est certes un peu moins important : -9% contre -14,7% sur toute l'année 2020. Les logements collectifs sont toujours les plus touchés (-17,1%), alors que les autorisations de logements individuels purs repartent légèrement à la hausse (+3,4%). Il faut peut-être y voir les effets des confinements successifs et le désir de maison qu'il ont engendré.
La situation est similaire pour les mises en chantier. Au dernier trimestre, leur recul est moins prononcé que sur toute l'année 2020, mais il n'y a pas encore de redressement. Les mises en chantier sont ainsi en recul de 4% par rapport au dernier trimestre de 2019 (contre -6,9% sur tout l'année 2020). Comme dans le cas des permis de construire, les logements collectifs sont toujours à la traine (-6,4%), tandis que l'individuel pur ralentit sa baisse (-3,7%) et que les logements individuels groupés et ceux en résidence se redressent (+0,1% et +7%).

 

Pour aller plus loin

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis

Choix du format

 

Pour en savoir plus sur le traitement de vos données nous vous invitons à consulter notre Politique de protection des données à caractère personnelle