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Bruxelles dévoile la liste des "cent villes neutres pour le climat"

Les métropoles fer de lance de la neutralité climatique ? C’est le message que la Commission veut faire passer via les "100 villes neutres pour le climat et intelligentes d’ici à 2030" dont la liste a été dévoilée ce jeudi 28 avril. Les lauréates recevront un soutien en ingénierie et des subventions européennes afin de réduire fortement leurs émissions de gaz à effet de serre. Elles doivent à présent préparer un "contrat de ville climatique".

Angers, Bordeaux, Nantes, Dijon, Dunkerque, Grenoble, Lyon, Marseille et Paris : ce sont les 9 villes et métropoles françaises qui ont décroché le label "100 villes neutres pour le climat et intelligentes d’ici à 2030". Un titre décerné par la Commission européenne, jeudi 28 avril, dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé en novembre 2021. 377 villes de toute l’Europe s’étaient portées candidates pour baisser fortement leurs émissions de gaz à effet de serre. Les 100 lauréates représentent 12% de la population européenne, précise la Commission européenne dans un communiqué. "À l'échelle mondiale, les zones urbaines consomment plus de 65% de l'énergie produite, ce qui représente plus de 70% des émissions de CO2", souligne-t-elle. Ce qui doit les amener à agir "en tant qu'écosystèmes d'expérimentation et d'innovation pour aider toutes les autres dans leur transition vers une neutralité climatique d'ici à 2050".

Contrats de ville climatique

Les 100 lauréates font figure de "pionnières" a insisté à cette occasion la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen qui compte sur elles pour atteindre son objectif de 55% d’émissions de carbone en moins d’ici à 2030. Première étape avant la promesse de "neutralité climatique" à horizon de 2050 fixée dans son "Pacte vert". Elles sont à présent invitées à signer des "contrats de ville climatique" (Climate City Contracts) comprenant "un plan global pour la neutralité climatique" visant des actions dans de multiples secteurs : l'énergie, les bâtiments, la gestion des déchets et les transports. Les contrats seront accompagnés de plans d'investissement. Une enveloppe de 360 millions d'euros est prévue au titre du programme de recherche Horizon Europe pour la période 2022-2023.

L’élaboration des contrats devra associer les citoyens, les organismes de recherche et le secteur privé, précise la Commission. Cette contractualisation sera l'occasion pour les métropoles de "dialoguer" avec les autorités nationales, régionales et européennes, elles pourront profiter de conseils, d’assistance "sur mesure", via une plateforme dédiée (NetZeroCities), de financements complémentaires, d’une mise en réseau pour échanger les bonnes pratiques... Les 277 villes recalées ne seront pas délaissées et pourront bénéficier d’un soutien et de possibilités de financement.

Réseau de villes "inspirantes"

"Qu'il s'agisse d'écologiser les espaces urbains, de lutter contre la pollution atmosphérique, de réduire la consommation d'énergie dans les bâtiments ou de promouvoir des solutions de mobilité propre : les villes sont souvent la clé de voûte des changements dont l'Europe a besoin", a insisté Frans Timmermans, vice-président exécutif responsable du Pacte vert pour l'Europe.
La Cité phocéenne a été l'une des premières à réagir. "Cette victoire collective est l’acte fondateur d’une nouvelle ère de transformation écologique qui s’ouvre pour Marseille", s’est félicitée la ville, dans un communiqué. Un moyen de "rattraper un retard accumulé depuis de trop longues années", tacle la nouvelle municipalité de gauche qui devra toutefois composer avec la métropole de bord opposé, notamment sur la question des transports. Lyon se félicite pour sa part d’intégrer un "réseau de villes inspirantes" et indique qu’elle mobilise déjà "plus de 80 acteurs issus de tous les secteurs (universitaires, milieux économiques, urbanisme, mobilité, associations, partenaires institutionnels…)" autour de son projet "Lyon 2030".