"Casiers de campagne", des produits locaux en libre-service 7 jours sur 7 (37)

À Paulmy, en Sud Touraine, la mairie a incité des producteurs locaux à s’associer pour implanter un système de distributeurs automatiques de produits locaux en centre-bourg, dans un local équipé par la commune. Ouvert en mars 2019, le système a fait ses preuves. 

Paulmy, commune rurale de 240 habitants, n’avait plus aucun commerce depuis la fermeture du bar-hôtel en 2011. "Nous cherchions une solution pour créer un service de proximité et redynamiser le centre-bourg", explique le maire, Dominique Frêlon. La création d’un commerce en gérance nous est apparue trop risquée dans notre cas." La commune propose alors à des producteurs locaux de s’associer pour créer un point de distribution de leurs produits, sous forme de casiers en libre-service, dans un local communal. L’originalité tient au fait qu’il s’agit de mutualiser cette forme de commercialisation en libre-service, qui jusqu’à présent s’implantait plutôt sur les exploitations agricoles elle–mêmes. 

Investissements par la commune et la SAS de producteurs

En 2018, la commune rachète le bâtiment de l’ancien bar-hôtel et engage sa rénovation (voir encadré sur les investissements et subventions), tout en encourageant la création d’une société par 6 producteurs locaux, qui créent la SAS "Casiers de campagne". Vient ensuite l’aménagement du local, financé par la commune : système automatique d’ouverture et fermeture quotidiennes, caméra de surveillance, climatisation à 18°C, chambre froide de stockage. De son côté, la SAS achète le système de distribution : casiers, dont un certain nombre réfrigérés, et monnayeur acceptant uniquement la carte bancaire.   
Ouvert en mars 2019, le distributeur est ouvert 7 jours sur 7 de 6 heures à 23 heures. Il comporte 94 casiers pour les divers types de produits : volaille et œufs, fromage, légumes, fruits et jus, pain, pâtisserie et viennoiseries. L’offre issue des producteurs locaux est complétée par des produits de base non périssables : farine, pâtes, lentilles, riz… L’achat se fait sur place par carte bancaire, ou bien après commande passé auprès des producteurs et mise dans un casier avec un code. "À terme – avec l’installation de la fibre optique – il est prévu que la commande s’effectuera via un site internet", précise le maire. 

Six producteurs locaux, dont un boulanger  

Les producteurs de la SAS – qui vivent dans un rayon de 10 km alentour – se coordonnent pour approvisionner à tour de rôle les casiers : le stock en chambre froide permet de recharger les casiers avec les produits des autres producteurs. Le boulanger passe trois fois par jour pour achalander le distributeur de baguettes, un service très prisé par les habitants. Si le chiffre d’affaires, de 32.420 euros sur les 6 premiers mois, est légèrement inférieur aux prévisions, les producteurs sont satisfaits de cette forme de commercialisation mutualisée. L’installation de 40 nouveaux casiers réfrigérés est prévue fin 2019. 

Expérience duplicable si portée par les élus communaux

Pour la commune, "créer un commerce sans commerçant pose question, souligne le maire. Mais le local est aussi un nouveau lieu de rencontre pour les habitants et rend un vrai service de proximité". La communauté de communes Loches Sud Touraine (67 communes, 52.000 habitants), qui a subventionné le projet, suit l’expérience avec attention, dans l’hypothèse de le dupliquer sur d’autres territoires. "Cela peut se faire ailleurs, mais cela ne peut pas être envisagée comme une solution apportée clé en main par la communauté de communes, estime le maire. Pour réussir, il faut d’abord que le projet soit porté par les élus communaux eux-mêmes".

Financement

La commune a investi 65.000 € pour l’achat du local et 10.000€ pour les aménagements. Le reste des travaux (d’un total de 27.000€) a bénéficié de subvention "dotation d’équipement aux territoires ruraux" (DETR) et du fonds de concours intercommunal au développement économique. De son côté, la SAS a acquis les 94 casiers au prix de 43.200€, dont 40% subventionnés par la chambre de métiers et 40 % par le fonds Leader.

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