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Personnes âgées et handicapées - Charte nationale sur l'alimentation dans les établissements médicosociaux : on reste sur sa faim...

Marisol Touraine, Stéphane Le Foll - le ministre de l'Agriculture -, Pascale Boistard et Ségolène Neuville ont signé, le 29 mars, la "Charte nationale pour une alimentation responsable et durable dans les établissements médicosociaux". Ce document, sans caractère normatif, est désormais proposé à l'ensemble des établissements médicosociaux. La démarche s'inscrit "en cohérence" avec les actions menées dans le cadre du Programme national pour l'alimentation (PNA) et du Programme national nutrition santé (PNNS).

Une démarche de responsabilité sociétale et de développement durable

La charte devrait être rapidement déclinée sous la forme d'une convention, proposée à la signature de tous les établissements médicosociaux volontaires. Les futurs signataires "s'engagent à proposer aux personnes âgées et aux personnes handicapées qu'ils accueillent une alimentation saine et adaptée, s'inscrivant dans une démarche de responsabilité sociétale et de développement durable". De façon plus terre à terre, il s'agit en l'occurrence de promouvoir le plaisir à table, d'améliorer l'alimentation des personnes accueillies pour leur santé et leur bien-être, de lutter contre le gaspillage alimentaire et de garantir un approvisionnement local et de qualité.
Si les intentions ne sont pas discutables, le résultat laisse néanmoins un peu sur sa faim. Tout d'abord, une bonne partie du contenu est déjà formalisée et actée depuis plusieurs années, même s'il y a parfois loin des intentions à la réalité. Une recommandation de bonnes pratiques professionnelles de l'Anesm (Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médicosociaux), publiée en 2011, fixe ainsi les orientations en matière de qualité, de diversité et de convivialité des repas dans les Ehpad.

Des considérations très générales

Ensuite, la charte elle-même s'en tient à des considérations très générales, comme d'adapter les repas aux besoins et aux profils de chaque personne ou de privilégier un environnement favorisant le plaisir et le bon déroulement du repas.
De même, les futurs signataires apprécieront qu'on leur explique que moins gaspiller, c'est notamment optimiser les commandes, la production et la gestion, cuisiner et servir la juste quantité en fonction des besoins des personnes...
Le plus original reste donc les considérations sur la façon de bien s'approvisionner. Si elles n'ont rien de bien nouveau, elles témoignent en revanche de la volonté d'étendre aux établissements médicosociaux une démarche déjà bien engagée dans les établissements scolaires. Il s'agit en l'occurrence de privilégier les produits de proximité (du producteur à l'assiette) - dont ceux issus de l'agriculture biologique -, de favoriser les modes d'approvisionnement en circuits courts, d'utiliser les plateformes d'approvisionnement collectives, ainsi que la boîte à outils Localim (disponible sur le site du ministère de l'Agriculture), ou encore d'identifier en interne les produits à risque.
Au demeurant, l'essentiel, dans ce type d'approche, ne réside pas dans l'originalité des consignes et recommandations formulées, mais dans sa capacité de mobiliser les acteurs dans l'engagement d'une démarche d'évolution des comportements.
 

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