Chenôve encourage les études supérieures grâce à un revenu minimum étudiant (21)

Certaines collectivités réfléchissent aujourd'hui aux moyens d'épauler les étudiants dans la poursuite de leurs études. Chenôve a lancé il y a plus de 30 ans un « revenu minimum étudiant ». La refonte de son dispositif il y a quatre ans, démontre que l'offre répond à un réel besoin.

L'objectif du revenu minimum étudiant (RME) de Chenôve est invariable : rétablir l'égalité des chances des jeunes dans la réalisation d'études supérieures. Le dispositif a en revanche été revu depuis sa création en 1989. La dernière révision date de septembre 2018. Seuls 45.000 euros sur les 72.000 euros budgétisés avaient été consommés cette année-là. À peine 40 % des demandes recevaient un avis favorable. « Or, nous savions qu'il y avait bien plus que 70 étudiants sur la ville (le nombre de dossiers déposés). Nous avons donc entrepris de changer les barèmes, le calcul de l'aide pour le rendre plus lisible et donc plus accessible », résume la directrice du Centre communal d’action sociale (CCAS), Sandra Cruz-Reis. L'objectif était également de toucher les jeunes qui ne pouvaient prétendre à une bourse mais qui n'étaient pas pour autant dans une situation confortable pour envisager la poursuite d'études.

L’aide aux stages, qui peut aussi être sollicitée en complément du RME, permet à tous les étudiant de bénéficier d’un coup de pouce pour partir en stage, notamment à l’étranger, ce qui est de plus en plus fréquent.

Un barème plus lisible

Le montant en lui-même du revenu minimum étudiant auxquels les jeunes peuvent prétendre n'a pas changé, ce sont les critères qui ont bougé. La nouvelle grille a été simplifiée. De telle sorte, qu'un jeune, en consultant la grille, sait s'il peut avoir ou non un RME, ce qui l'incite davantage à déposer un dossier, explique la directrice.

Une allocation différentielle selon quatre situations

Le CCAS s'est appuyé sur les indicateurs utilisés par l’État pour calculer les bourses accordées aux étudiants. Le RME, de fait, complète la bourse. Il est dégressif en fonction du montant de la bourse reçue par le jeune et selon un barème fixé pour quatre types de budgets : l'étudiant poursuit des études à l'étranger, hors du département, en Côte d'Or, ou reste dans la métropole dijonnaise. Le RME pour des études à l'étranger est plus élevé que pour des études à Dijon. Pour les non boursiers, les barèmes sont liés aux revenus fiscaux des parents.

Les aides peuvent aller ainsi jusqu’à 2.300 euros par an, soit près de 200 euros par mois.

Effet immédiat

La simplicité du barème actuel – un étudiant sait quand il regarde la grille s'il a droit ou non au RME, et dans quelle proportion – a entrainé un regain de dossiers déposés. L'impact de cette refonte du dispositif, en vigueur depuis 2018, se mesure chaque année depuis. L'an dernier, 50 dossiers supplémentaires avaient été enregistrés, pour atteindre un total de 132 demandes. Près des trois-quarts ont été acceptées (soit 89 bénéficiaires).

Le principe étant « de répondre à toutes les demandes », le conseil d'administration du CCAS a augmenté le budget dédié, et « redéployé d'autres lignes budgétaires » quand il le fallait, puisque l'enveloppe a été consommée cette fois au-delà du plafond, à hauteur de 117 %. En 2020, la dépense totale a atteint 93.744 euros, la provision était de 80.000 euros.

Une conjugaison de facteurs

La refonte du dispositif a naturellement amené à communiquer. Avec des flyers déposés dans les universités, les services municipaux, le Crous, etc. Cela a été un premier effet dynamisant selon la directrice. Autre facteur favorable : cette refonte a coïncidé avec une date anniversaire, les 30 ans du dispositif. Cela a démultiplié l'impact de la communication.

Évaluation plus délicate

Il reste toujours compliqué de mesurer l'impact sur la poursuite d'étude. Le RME a-t-il donné un coup de pouce supplémentaire ou été déterminant ? Pour éviter que l'étudiant ne multiplie les jobs ou pour assurer un loyer ? Le CCAS manque de réponses. « Nous avons essayé de faire des sondages auprès des jeunes mais peu nous répondent », reconnaît la directrice. En revanche, le CCAS arrive à croiser un certain nombre d'informations. Deux-tiers des bénéficiaires du RME suivent des cycles longs d'études. La moitié se déroule dans la métropole dijonnaise. Le CCAS sait encore que 19 % des bénéficiaires du RME sont des non boursiers ou des apprentis. « Mais nous manquons encore de recul pour savoir si cette proportion évolue » indique la directrice.

Points de repères

Chenôve fait partie de la quinzaine de communes qui, depuis quelques années, proposent un revenu minimum à des jeunes résidents pour poursuivre des études supérieures. La gestion est assurée par le CCAS. Le premier RME de Chenôve a été lancé en septembre 1989 par le maire de l'époque Roland Carraz, pour venir en aide aux étudiants de familles modestes. Il est accessible jusqu'à 27 ans (au lieu de 25 ans au départ). L'étudiant doit résider depuis au moins deux ans à Chenôve. Le RME peut être demandé plusieurs années consécutives. Il s'étend également maintenant à des études à l'étranger. Le CCAS n'exige aucune contrepartie sous forme d'heures d'engagement citoyen par exemple. Le CCAS consacre un budget annuel de 90.000 euros, sur un budget général de 1,5 million d'euros. À Chenôve, un jeune sur quatre de 18/34 ans n'est ni scolarisé ni diplômé, et 22 % des 15/24 ans ne sont ni en emploi ni en formation, selon l'analyse des besoins sociaux de 2018.

Commune de Chenôve

Nombre d'habitants :

14216
Place Pierre Meunier
21 300 Chenôve

Thierry Falconnet

Maire

Sandra Cruz-Reis

Directrice du centre communal d'action sociale (CCAS)