France

Anne Lenormand avec AFP pour Localtis

Déchets d'emballages : le gouvernement veut encourager des modes de collecte innovante

Environnement

Doté de 6 millions d'euros, un appel à manifestation d'intérêt lancé ce 10 janvier vise à soutenir des solutions de de collectes d'emballages et de papier innovantes pour encourager et faciliter le geste de tri, encore négligé dans de nombreux endroits.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire, l'Ademe et l'éco-organisme Citeo ont annoncé ce 10 janvier le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour soutenir des dispositifs innovants de collecte de déchets d'emballages (plastiques, papier/cartons, etc.) dans le but d'améliorer leur recyclage. "C'est toute une économie incitative que nous voulons lancer. L'objectif c'est de récompenser les bons comportements", a expliqué à cette occasion la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Écologie, Brune Poirson.

Nombreux acteurs éligibles

Ouvert à de nombreux acteurs publics ou privés - collectivités, entreprises, start-up, bailleurs, associations … -, cet AMI vise à soutenir des solutions qui encouragent une collecte solidaire ou collaborative, en particulier dans des zones où le tri est encore à la traîne. C'est notamment le cas dans les centres urbains denses, les habitats collectifs, les collectivités touristiques ou les territoires ultramarins. Les premiers projets financés et labellisés "collecte innovante" seront connus "dès le printemps prochain", indique le ministère. L'accompagnement financier de Citeo portera sur une vingtaine de projets et pourra concerner aussi bien des outils que des actions (mobiliers urbains de collecte, équipements technologiques et actions de communication et de sensibilisation). Le financement est plafonné à 200.000 euros par projet, sur toute sa durée, et pourra être porté à 250.000 euros pour un projet associant une cause solidaire. L'Ademe contribuera à l'évaluation de ces nouvelles solutions et abondera les dotations pour les associations, a précisé le ministère.

Solutions innovantes

Lors du lancement de cette initiative, dotée de 6 millions d'euros jusqu'en 2022, le ministère accueillait à Paris une dizaine d'entreprises et start-up, venues présenter leurs solutions. La société Connect Sytee commercialise par exemple un conteneur compacteur de déchets à installer dans l'espace public ou les entreprises à la place des poubelles traditionnelles. Il permet de réduire considérablement la fréquence de ramassage de ces poubelles et a déjà séduit des villes comme Strasbourg, Cannes ou Menton. Green Go a lancé un service de consigne de contenants en verre pour les plats à emporter achetés au restaurant ou dans des enseignes de proximité, déjà expérimenté dans un arrondissement parisien. Autre exemple, le boîtier Eugène de la start-up Uzer, permet au consommateur de scanner les produits pour savoir dans quelle poubelle les jeter. L'application repère même les différentes parties de l'emballage pour savoir quoi faire de chacune.

Performances à améliorer

"On a besoin d'améliorer nos performances", a insisté Jean Hornain, le patron de Citeo. Quelque 55% des bouteilles d'eau seulement sont collectées aujourd'hui, ainsi que 70% des papiers, a-t-il détaillé. Le reste échappe au tri sélectif et donc à toute opportunité de recyclage, alors que la loi sur la transition énergétique de 2015 fixe l'objectif de réduire de moitié la quantité de déchets mise en décharge en France. Le gouvernement veut aussi arriver à recycler 100% des plastiques d'ici 2025, contre 26% actuellement pour les emballages plastiques.
 "On est presque dans une situation en France de crise des déchets. Beaucoup (de Français) ne veulent plus d'incinérateurs à côté de chez eux, et d'un autre côté les décharges sont pleines à craquer. On voit qu'on est au bout d'un certain modèle, il faut transformer l'équilibre", a insisté Brune Poirson.
 

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