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Education artistique et culturelle : France urbaine propose d'en faire "une véritable politique publique"

France urbaine et l'Inet (Institut national des études territoriales) publient une étude intitulée "Réussir la généralisation de l'éducation artistique et culturelle" (EAC). Il s'agit d'un travail commandé par l'association d'élus à quatre élèves administrateurs de l'Inet sur la mise en œuvre de l'EAC dans les grandes villes de France. L'objectif de cette démarche est de dégager des pistes d'évolution pour faire de cette dernière "une véritable politique publique".
Si l'intérêt de l'EAC ne fait plus débat, le rapport constate néanmoins la persistance de tensions. "Au niveau national, l'expertise et la responsabilité du bloc local semblent insuffisamment prises en compte, alors qu'elles apparaissent comme le pivot de cette action. Au niveau territorial, cette politique transverse, à la croisée des interventions éducatives, culturelles, citoyennes, sociales et au cœur du projet de cohésion sociale d'un territoire, peut encore souffrir d'une insatisfaisante mobilisation des moyens existants, souvent liée à une pensée sectorielle des politiques publiques locales".

Un "indice d'exposition à l'art" ?

Pour sortir de cette situation, l'étude propose cinq actions "pragmatiques, opérationnelles et progressives". La première consiste à élaborer un référentiel commun, afin de "mieux agir en matière d'EAC". Celui-ci comporterait notamment un outil de mesure de la qualité des actions menées, sous la forme d'un "indice d'exposition à l'art" (IEA).
La second préconisation prévoit de "préciser une stratégie d'intervention locale au regard d'un objectif gouvernemental ambitieux mais encore imprécis". Il s'agirait de prendre en compte la diversité des publics (en ayant toujours en tête l'objectif d'accès à l'EAC pour 100% des élèves scolarisés), de déployer l'EAC au-delà du temps scolaire pour toucher "tous les autres temps de l'enfant" et de réduire les inégalités d'accès aux pratiques artistiques et culturelles pour tenir la promesse de généralisation de l'EAC.

Affirmation d'un pilotage intercommunal

Troisième préconisation : conforter la gouvernance par l'affirmation d'un pilotage intercommunal, qui apparaît comme "l'espace le plus pertinent, dans lequel l'EAC peut être un levier de solidarité et de cohésion territoriale".
Le quatrième axe prévoit de renforcer l'efficience et la mobilisation des moyens. Ceci passe notamment par la mise en œuvre d'un réseau d'encadrants de proximité permettant d'améliorer la coordination de l'EAC et par un renforcement de la formation. Face aux difficultés engendrées par les financements croisés, le rapport préconise "un fléchage des subventions, un cadrage plus fin des conventions pluriannuelles d'objectifs et de moyens et la mise en œuvre de comptabilités analytiques [qui] permettrait de gagner en lisibilité́".

Une "grille d'autopositionnement" pour faciliter les arbitrages locaux

Enfin, le rapport recommande de garantir l'amélioration continue de l'EAC par un renforcement de l'évaluation. Ceci suppose d'élaborer une méthode d'évaluation précise et des indicateurs partagés. Le rapport en propose d'ailleurs un embryon avec une "grille d'autopositionnement", ayant pour ambition "de faciliter les arbitrages locaux et de permettre à France urbaine de se positionner comme un lieu d'échange de bonnes pratiques, de réflexion et d'accélérateur du développement de l'EAC".

 

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