Emplois saisonniers en Sud Corse : un club d'employeurs, soutenus par la maison de l'emploi, se mobilise (2A)

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Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Corse-du-Sud

"Pour avoir de bons salariés, il faut être bon employeur." Un club de dirigeants d'hôtels, cafés et restaurants de Corse du Sud a travaillé sur cette base avec la maison de l'emploi du Sud de la Corse pour améliorer l'accueil et l'intégration des saisonniers, une main-d’œuvre essentielle à l'activité économique de cette partie de la Corse.

La maison de l'emploi du Sud de la Corse (MDE) - qui couvre les bassins de vie de Porto-Vecchio, Sartenais Valinco et Alta Rocca (44 communes et 38 291 hab.) - a commencé à travailler sur la question de la saisonnalité dès sa création, en commandant une étude réalisée en 2007 par l'Insee. "Il fallait sortir des idées toutes faites sur la question de la saisonnalité : chacun y mettait sa réalité, sans que l'on sache sur quoi ces visions étaient fondées", explique la directrice de la maison de l’emploi, Laurence Giraschi. L'étude apporte une première "surprise", en révélant que le nombre d’offres d’emplois saisonniers est très élevé.
Réactualisée en 2010, cette étude - se fondant sur la base des déclarations uniques d'embauche -, confirme qu’au pic de la saison, les offres d'emploi pour des postes saisonniers représentent un emploi salarié sur trois. Cependant, les candidatures sont très en dessous des besoins.

En allant au-devant de chaque entreprise, la MDE crée une dynamique collective

"Notre base de travail ainsi consolidée, nous avons décidé en 2011 d'aller rencontrer individuellement les gérants d’hôtels, cafés, restaurants, (HCR), pour préciser avec eux leurs besoins, et leurs difficultés." Deuxième surprise, tous ont les mêmes difficultés : structurer l'accueil des saisonniers, anticiper leurs besoins, être attractifs pour une main-d’œuvre qualifiée. La MDE décide alors de réunir cette trentaine d’entreprises rencontrées, qui se mettent d'accord pour définir les axes d’améliorations prioritaires : le mode de recrutement, la formation, l'aménagement du poste de travail, la fidélisation.
Pour faciliter la dynamique qui émerge, la maison de l'emploi lance l'idée de la création "d'un club des dirigeants HCR". Ce club doit permettre à la MDE d'avoir un interlocuteur unique, et aux entreprises d'exprimer plus directement leurs demandes.

Vers la création d’une association d’employeurs

Dans un premier temps, en 2012, le club se lance de façon informelle. La MDE en assure l'animation, les entreprises ayant décidé qu'il n'y aurait pas de président, pour que ce club fonctionne vraiment comme un groupe de travail. "Au fil du temps, le Club HCR s'engage sur des axes de travail -comme la commercialisation ou les transports- qui ne relèvent pas du cœur de métier de la MDE ", explique la directrice. Pour se donner les moyens d’agir plus librement, le Club se structure en association en juin 2014. Il reste lié à la maison de l'emploi où il a installé son siège social.
En 2014, près de 35 entreprises sont fédérées au sein de ce club. Elles représentent entre 500 et 600 salariés. "Ce n'est qu'une petite partie des entreprises, mais ce noyau a construit une vraie mobilisation. Maintenant que le club d’entrepreneurs a atteint sa maturité organisationnelle, il peut commencer à s'élargir" observe la directrice qui mise sur la pédagogie par l'exemple.

Avancées concrètes pour mieux anticiper les saisons

Pour la directrice de la MDE, ce travail avec le Club HCR a créé une dynamique réelle avec des apports tangibles. "Nous avons misé sur des méthodes de travail coopératives, relativement efficaces : échanges sur les techniques de recrutement, réalisation de fiches de postes, mise en commun de candidatures non utilisées, charte de l'emploi pour une meilleure intégration des saisonniers adoptée en 2012 (voir document joint)".
La directrice se félicite également des avancées sur la formation et des progrès des entreprises en termes d’anticipation. "Cela se traduit par le fait que les entreprises programment désormais leurs besoins de formation une saison à l'avance". Les sessions de formation réalisées fin 2014 ont été arrêtées au premier trimestre 2014, en anticipation des besoins pour la saison suivante (celle de 2015). Triple bénéfice : les entreprises ont des saisonniers formés, ceux-ci sont opérationnels dès le début de la saison, et les fonds des OPCA (organismes collecteurs du 1% formation) sont utilisés à plein, résume la directrice.

"Chaque année, on fait un peu mieux", résume la directrice de la MDE. Reste que certains volets doivent encore être améliorés, à commencer par le logement, alors que beaucoup de saisonniers viennent du continent.

Expérimentation avec la station alpine de Courchevel
Pour construire la saisonnalité sur tous les temps de l'année, la maison de l’emploi Sud de la Corse a également testé un partenariat avec la station de Courchevel , station de ski alpine avec qui elle est en complémentarité de saisons. Mais ce qui fonctionne dans le sens Courchevel/Corse, fonctionne moins bien dans l'autre sens : "Nos saisonniers basés en Corse ne partent pas." L'expérience reste néanmoins positive pour les entreprises qui ont pu puiser dans un vivier de candidatures extérieures, souvent plus qualifiées.

Emmanuelle Stroesser / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

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