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En 2020, l'aide alimentaire aura plus que doublé

Un nouvel appel d'offres national a été lancé fin août dans le cadre du Fead sur divers produits pour l'aide alimentaire. Il s'agit de pallier l'échec sur certains lots lors du précédent appel d'offres en avril et d'éviter le risque de rupture d'approvisionnement. En tenant compte notamment de la mise en place des "tickets services", les versements de l'Etat pour l'aide alimentaire vont passer de 114 millions d'euros en 2019 à 275 millions en 2020.

 

L'Etat a lancé le 27 août, via FranceAgriMer, un appel d'offres ouvert en vue de l'achat de produits alimentaires dans le cadre de la campagne 2020 du Fonds d'aide européen aux plus démunis (Fead). L'objet de la consultation est de permettre la fourniture de divers produits alimentaires à des organisations partenaires, en vue de leur distribution au titre de la campagne 2020 du Fead. Bien que le règlement de la consultation ne le précise pas, il s'agit d'un marché consécutif à un premier appel d'offres partiellement infructueux, lancé au mois d'avril dernier.

Les effets imprévus d'un stockage inutile

Ce premier marché, doté d'une enveloppe de 83 millions d'euros, portait sur 27 lots, correspondant à des aliments de base. Mais six d'entre eux n'ont pu être pourvus. D'après la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), la raison en est double. D'une part, ces produits étaient indisponibles à l'époque du premier appel d'offres – en plein confinement –, car captés par la grande distribution pour répondre à la constitution de stocks par certains ménages. Les produits en question sont en effet la purée de pommes de terre en flocons, les haricots verts en conserve, les petits pois, les lentilles, la confiture de fraise et les flageolets. S'y ajoute du lait UHT.

Par ailleurs, Virginie Lasserre, la directrice de la DGCS, a indiqué à l'AFP que "nous constatons aussi une faible connaissance de ce marché public auprès des industriels et grossistes". L'Etat appelle donc ces derniers "à se mobiliser et à répondre à ce deuxième appel d'offres, afin d'éviter toute rupture d'approvisionnement pour les plus démunis". Les opérateurs intéressés ont jusqu'au 29 septembre à midi pour remettre leurs offres. Doté de 17,5 millions d'euros, ce second appel d'offres permettra de combler les manques sur les lots infructueux de la première consultation.

Comme pour le premier marché, les produits ainsi collectés seront alloués aux quatre associations têtes de réseau de l'aide alimentaire : Croix-Rouge Française, Fédération Française des Banques Alimentaires, Restaurants du Cœur et Secours Populaire Français.

275 millions d'aide alimentaire en 2020 contre 114,5 en 2019

Ces marchés sont financés par le Fead, qui bénéficie, sur la période 2014-2020, d'une dotation de 3,5 milliards d'euros, dont 499 millions sont réservés à la France. Ce montant devant être complété, à hauteur de 15%, par des crédits nationaux, l'enveloppe Fead se trouve donc portée, pour la France, à 587 millions d'euros sur la période 2014-2020.

L'utilisation de ces crédits est définie dans le cadre du programme opérationnel français, qui détermine les orientations stratégiques et le cadre d'actions retenus par la France pour la période 2014-2020. Contrairement à d'autres pays bénéficiant du Fead, le programme français est exclusivement consacré à l'aide alimentaire, doublée d'un accompagnement des personnes bénéficiaires.

Au total (y compris les financements via le Fead), l'Etat devrait consacrer, cette année, 275 millions d'euros à l'aide alimentaire contre 114,5 millions en 2019, soit une hausse de 140%. Cette envolée s'explique notamment par la mise en place de dispositifs exceptionnels durant la crise sanitaire et plus spécialement durant la période de confinement. C'est le cas en particulier des 55 millions d'euros de "tickets services" pour les sans-abri (voir notre article ci-dessous du 1er avril 2020).

Pour l'avenir, la Commission européenne a proposé, dans son projet de cadre financier pluriannuel 2021-2027, de regrouper différents instruments financiers à vocation sociale, dont le Fead, dans un nouveau fonds. Cette nouvelle structure - le Fonds Social Européen (FSE+) - serait dotée de 101,2 milliards d'euros sur la période. Le Fead n'existerait donc plus en tant que tel, mais l’aide aux plus démunis, et plus particulièrement la lutte contre les privations matérielles, ferait l’objet d’une programmation spécifique et de mesures de gestion simplifiées au sein du FSE+. Les associations craignent néanmoins que l'aide alimentaire soit finalement diluée dans un fonds à la vocation beaucoup plus large : intégration des migrants, accès aux soins, innovation sociale, emploi des jeunes...

 

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