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Covid-19 : 5.500 places pour les sans-abri, 40 sites de confinement et des "chèques services"

Le ministère de la Cohésion des territoires a présenté un point de situation au 30 mars sur l'hébergement des personnes sans abri et la prise en charge de celles qui sont atteintes par le Covid-19 sans nécessiter pour autant d'hospitalisation. Le 1er avril, le ministère a annoncé le lancement de "chèques services", financés par l'État et destinés à permettre l'accès aux produits d'alimentation et d'hygiène aux personnes sans abri. Julien Denormandie a par ailleurs fait le point, le 31 mars, sur les résultats de la mobilisation en faveur du logement des personnels soignants des hôpitaux et des Ehpad.

Côté hébergement, Julien Denormandie, le ministre en charge de la Ville et du Logement, annonce la mobilisation de 5.467 places d'hôtels au 30 mars dans toute la France et précise que "le dispositif se déploie donc rapidement et va se poursuivre". Ces places s'ajoutent aux 157.000 places d'hébergement déjà financées par l'État, mais aussi aux 14.000 places supplémentaires du dispositif hivernal, qui vont être prolongées jusqu'à la fin du mois de mai. Et le ministère continue de travailler avec des associations, des collectivités et des entreprises pour identifier des solutions d'hébergement supplémentaires dans des équipements publics, des hôtels ou des bâtiments devenus vacants du fait de la crise sanitaire, ou pour appuyer la distribution de denrées alimentaires (voir notre article ci-dessous du 1er avril 2020). L'effort en faveur de l'hébergement des personnes sans abri apparaît donc indéniable, même s'il est difficile de ne pas voir qu'il subsiste encore de nombreuses personnes SDF dans les rues de Paris.

Julien Denormandie annonce aussi que 40 "centres de confinement", pour les personnes sans domicile malades mais sans nécessité d'hospitalisation, sont désormais ouverts. Il sont répartis sur tout le territoire, à l'exception de la Corse et de Mayotte. Ces structures offrent une capacité totale de 1.300 lits et se remplissent progressivement. Là aussi, "ce déploiement va se poursuivre". Les préfets ont en effet déjà identifié plus de 80 sites dans toute la France, pour un total de 2.900 places. Ces sites font l'objet "d'une analyse approfondie, en lien avec la direction générale de la cohésion sociale".

Des chèques services pour faire face au quotidien

En complément de l'action sur l'hébergement, Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, et Julien Denormandie annoncent, le 1er avril, "la mise en place d'un dispositif exceptionnel de distribution de 'chèques services' permettant l'accès aux besoins de première nécessité pour celles et ceux qui sont à la rue ou en centres d'hébergement et qui n'ont plus rien". Les deux ministres précisent que "cette action de l'État sera complémentaire des actions solidaires déjà menées par les collectivités territoriales et les associations". De nombreuses collectivités et CCAS ont en effet déjà engagé des dispositifs de ce type.

En pratique, ces chèques d'un montant de sept euros par jour et utilisables durant la période de crise sanitaire, seront distribués par des associations aux personnes et aux ménages sans domicile "en fonction de leurs besoins et dédiés à l'achat de denrées alimentaires, de produits d'hygiène et de produits à destination des enfants en bas âge". Les préfets sont chargés de l'organisation et de la coordination de ce dispositif, qui doit bénéficier à plus de 60.000 personnes sur l'ensemble du territoire y compris les DOM, pour un montant total de 15 millions d'euros.

Dernière précision : les dispositifs évoluent et se renforcent très rapidement. Dans le communiqué du 1er avril présentant les chèques services, soit deux jours seulement après le point du 30 mars sur l'hébergement des personnes sans abri, le ministère annonce plus de 7.600 places d'hôtels mobilisées sur l'ensemble du territoire pour accueillir les personnes à la rue et plus de 60 centres spécialisés (centres de confinement) ouverts dans douze régions métropolitaines, à La Réunion et à Mayotte.

Plateformes : déjà plus de 6.000 logements mobilisés pour les soignants et les professionnels des CH

Julien Denormandie a fait le point, le 31 mars, sur les résultats de la mobilisation en faveur du logement des personnels soignants des hôpitaux et des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), mais aussi pour les travailleurs sociaux des centres d'hébergement, indispensables pour la prise en charge des personnes sans abri (voir notre article ci-dessous du 25 mars 2020). L'opération semble aujourd'hui porter largement ses fruits puisque le dispositif "Appart Solidaire", monté avec Airbnb et lancé le 24 mars, a déjà permis de mobiliser 5.000 logements gratuits au 31 mars. Ces 5.000 logements ont déjà réalisé 11.000 nuitées à ce jour. Interrogé le même jour sur France Info, le ministre de la Ville et du Logement a précisé que le dispositif similaire monté par pap.fr (De particulier à particulier) avait, de son côté, permis de mobiliser 1.200 logements. 
Le principe consiste, pour les propriétaires disposant d'un logement entier libre (les chambres au sein d'un logement étant exclues pour des raisons de sécurité sanitaire), à l'inscrire sur la plateforme, pour le mettre gratuitement à la disposition de professionnels dont le domicile est éloigné de leur lieu d'exercice (en principe d'au moins 30 minutes). Airbnb ne facture bien sûr aucun frais aux propriétaires, mais prend au contraire à sa charge les frais administratifs et de remise en état. La plateforme verse également aux propriétaires un dédommagement de 50 euros par mise à disposition.  
Le succès est tel que la demande des soignants augmente régulièrement et "sera bientôt plus forte que l’offre de logements proposée dans certains territoires". Le communiqué de Julien Denormandie précise que c’est notamment le cas à Paris et en région parisienne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Yvelines), mais aussi dans les départements du Rhône, des Bouches-du-Rhône et du Nord. Le ministre de la Ville et du Logement remercie donc les propriétaires qui participent à l'opération et lance "un nouvel appel à la solidarité [...], notamment en région parisienne, à Lyon, Marseille, Lille : si vous avez un logement disponible et que vous souhaitez aider les soignants et travailleurs sociaux, votre aide peut faire beaucoup pour alléger leur quotidien".

 

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