En zone semi-rurale, les tontes de jardins recyclées dans une unité de méthanisation locale (76)

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Environnement

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Seine-Maritime

Depuis 2013, la communauté de communes des Portes Nord-Ouest de Rouen (CCPNOR) collecte les tontes issus des jardins des particuliers et les livre à un agriculteur qui les traite dans son unité de méthanisation. Soit environ 130 tonnes par an. Ce dispositif qui a bien fonctionné grâce à une convention tripartite avec le syndicat des ordures ménagères (Smedar), a été renouvelé en 2014.

Située en périphérie de la future métropole de Rouen, la communauté de communes des Portes Nord-Ouest de Rouen (Seine-Maritime, 23 communes, 27.000 habitants) a dû faire face depuis quelques années à une très forte croissance du volume des déchets verts, et des tontes de gazon en particulier.
Cette augmentation - 10% entre 2012 et 2013, soit 3.658 tonnes en 2013 contre 3.328 en 2012 -, s’explique aisément par la forte attractivité de ce territoire semi-rural.
Non seulement la progression démographique est plus élevée que sur l’ensemble du département (1% par an au lieu de 0,1%), mais de plus il accueille massivement des habitants issus de l’agglomération rouennaise, qui cherchent à s’installer dans une maison entourée d’un jardin.

Déjà une collecte en porte-à-porte pour les déchets verts

En réponse à cette situation, la communauté de communes proposait déjà deux types de service pour les déchets verts : l’apport volontaire en déchetterie, ainsi que pour 16 des 23 communes la collecte en porte-à-porte. "Ce niveau de service peut surprendre sur un territoire plutôt rural comme le nôtre, explique Christian Poissant, conseiller communautaire. Pourtant, il est difficile de ne pas proposer aux anciens urbains un niveau de service équivalent à celui auquel ils sont habitués et ce, malgré des surcoûts de traitement."
"Compte tenu des courbes démographiques et de la saturation de nos capacités d’accueil, il nous a cependant fallu réfléchir à un autre mode opératoire. Pour cela, nous avons décidé d’imaginer une solution pour monter une filière locale avec le syndicat mixte d’élimination des déchets de l’arrondissement de Rouen (Smedar), qui exploite notamment l’usine d’incinération et de valorisation des déchets."

Expérimentation avec un agriculteur et les habitants volontaires pour collecter une tonte "triée sur le volet"

Fin 2012, la communauté a été contactée, via le Smedar, par un agriculteur qui cherchait à collecter des déchets verts pour rentabiliser sa récente unité de méthanisation. Cet exploitant d’une ferme équestre installé à proximité avait besoin d’une tonte de qualité pour atteindre une certaine indépendance énergétique. "Techniquement, la solution était simple à condition que les apports en déchetterie soit méticuleusement triés, explique l’élu. Autrement dit, il fallait communiquer avec beaucoup d’efficacité et d’exigence auprès de nos habitants."
La communauté a donc suggéré aux habitants qui souhaitaient participer à cette expérimentation d’isoler les tontes de leur gazon des autres déchets et de les déposer à la déchetterie dans une benne dédiée : c’était autant de volume en moins à transporter par le Smedar vers son usine (prestation facturée 30 à 40 euros la tonne à la communauté).

Formation des agents et convention tripartite d’expérimentation

"Nous avons formé nos agents pour assurer une qualité irréprochable aux dépôts en déchetterie : il suffit d’un branchage ou d’un morceau de plastique, précise l’élu, pour endommager l’unité de méthanisation." Pour maintenir la qualité de l’apport et éviter une latence excessive dans les bennes, le Smedar et la communauté ont mis en place un système de rotation à flux tendu des camions du syndicat entre la déchetterie et l’exploitation.
Après avoir convaincu les élus et fixé une convention expérimentale entre les trois parties, la communauté a mis en place le dispositif pendant huit mois (d’avril à octobre 2013) sur la période des tontes. L’agriculteur s’était engagé à éliminer gratuitement les apports, à condition que la matière collectée réponde à ses critères de qualité. Le Smedar, lui, accepte de ne pas facturer le transport à la communauté de communes, sauf en cas d’anomalie.

Prolongation d’une expérience concluante

En 2013, la communauté de communes n’a pas fait de gain financier, mais réalisé une moindre dépense. "De plus, ce mode opératoire a fait favorablement évoluer les mentalités des élus, souvent agriculteurs", constate le conseiller communautaire.
En 2014, la communauté a décidé de renouveler l’expérience, en tenant un discours très franc et transparent sur la fiscalité aux usagers. "Nous leur disons en substance : si nous constatons un effort sur la maîtrise des volumes et le respect du bon geste de tri, nous nous engageons à neutraliser le taux de la taxe sur les ordures ménagères, tout en recherchant encore d’autres filières avantageuses de traitement ou de transport."

Michel Léon, Titres & Chapos pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Communauté de communes des Portes Nord-Ouest de Rouen

Nombre d'habitants :

27000

Nombre de communes :

23
Maison de l'intercommunalité, 9 place de la République - BP 25
76710 Montville
cc-sg-ccpnor@fr.oleane.com

Christian Poissant

Conseiller communautaire, président de la commission déchets

Arnaud Legras

Directeur général des services
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