Face au Covid, Deauville redéploie son festival photo hors les murs (14)

Imaginé et porté par la ville de Deauville, le festival photographique Planches contact s’est réorganisé dans le temps et dans l’espace pour exister malgré les restrictions sanitaires : il se tient « hors les murs » et a été prolongé de deux mois.

« Deauville a une politique culturelle très large, explique le maire de la commune, Philippe Augier. La ville s’intéresse beaucoup à la création, aux jeunes talents, elle a fait de la culture un outil pour le lien social et un élément d’attractivité. Et Deauville vit de l’attractivité. » La commune compte en effet 3.595 habitants à l’année mais accueille près de 5 millions de visiteurs par an… Planches contact, créé en 2010, est l’un des rares festivals dont la production est fondée sur le principe de la commande publique. Mais cette année, Covid-19 oblige, il a dû revoir profondément son organisation pour exister malgré tout, en s’adaptant au contexte sanitaire. « Le confinement est arrivé le 15 mars, alors que la onzième édition du festival n’était pas encore organisée. Nous avons alors décidé de présenter quatre cinquièmes des expositions en extérieur ; les années précédentes, c’était seulement un tiers en extérieur, le reste dans des salles et des lieux clos », poursuit l’élu. « Cela nous a demandé beaucoup d’agilité, car la base du festival consiste à inviter des photographes, notamment internationaux, à venir ici en résidence pour faire des photos sur place. Nous avons dû revoir entièrement notre programme. »

Des bâches de 4 mètres par 3 qui résistent aux vents et marées

Le résultat est spectaculaire ! Les expositions de photographies sont présentées sur le front de mer, les célèbres Planches de Deauville, mais aussi le long d’un parcours à ciel ouvert dans la ville, jusqu’à l’embarcadère, nouveau lieu dédié cette année à l’événement. Les images sont imprimées sur des bâches, afin de résister aux vents et marées, en grand format, 4 mètres x 3, et même 3,5 par 4,5 pour la « star » de la onzième édition, le photographe documentaire britannique Martin Parr. Les structures sont lestées au moyen d’eau et de sable, et sont conçues et fabriquées par une entreprise de bois locale. Au départ programmé du 17 octobre 2020 au 3 janvier 2021, l’exposition hors les murs a été prolongée jusqu’au 7 mars. Heureusement pour le public, car les expositions en salle n’ont pu se tenir que pendant dix jours, du fait du deuxième confinement… Le tout avec un certain succès, puisqu’entre le 17 octobre, jour du vernissage et la mi-décembre, 170.000 passages de visiteurs avaient été enregistrés par les compteurs témoins.

Deauville et la photographie, toute une histoire…

Depuis des décennies des photographes célèbres –les frères Seeberger, Robert Capa, ou encore Jacques-Henri Lartigue – ont saisi sur la pellicule ce lieu de villégiature mythique qu’est Deauville. Au début des années 2000 et plusieurs années durant, la ville a exposé leurs photos dans la ville. Jusqu’à ce qu’elle décide d’en acquérir certaines, pour créer un fonds (aujourd’hui constitué de plus de 1.000 photographies d’artistes connus). « En 2010, année du cinquantenaire de la ville, j’ai souhaité ajouter du contemporain à ce fonds : c’était la première année de Planches contact, précise le maire. Le principe est désormais de passer commande à des photographes pour réaliser un travail sur le territoire. Les images présentées chaque année ont été créées spécialement pour le festival, au moyen de résidences d’artistes et d’un concours pour les amateurs. »

« La photographie est un art qui intéresse tous les publics, toutes les générations, poursuit le maire, élu depuis 2001. Et qui couvre toutes les expressions, tous les styles : portrait, scènes de genre, paysages, nature morte, abstraction même. » La médiation culturelle constitue un pan très important de cet événement : « Cinq salariés sont aujourd’hui mobilisées pour les actions vers les publics : jeunesse et scolaires d’un côté, public averti d’un autre, au moyen de workshop et de masterclass. Objectif du festival : viser tous les publics », précise Camille Binelli, responsable du Pôle photographique pour l'établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) Les Franciscaines.

De la régie municipale à l’Epic

Jusqu’en 2019, Planches contact était géré par une régie municipale chargée de l’organisation des résidences, de l’accueil des artistes, de la réalisation et de la présentation des expositions. InDeauville, un service de communication mutualisé entre 11 communes, était chargé de la promotion de l’événement. Depuis 2019 la régie a été transférée à l’Epic Les Franciscaines, qui gère désormais l’ensemble de la politique culturelle de Deauville. Et celle-ci va bientôt monter en puissance avec l’ouverture, au printemps 2021, de l’ancien lieu de culte reconverti, qui abritera à la fois un musée, un auditorium, des expositions temporaires, des espaces de lecture et de documentation. Un investissement de 25 millions d’euros, qui cible aussi bien les touristes que les habitants.

Financement et partenaires

Le financement de Planches contact, organisé par Les Franciscaines-Deauville, est soutenu par le ministère de la Culture, la direction régionale des affaires culturelles, la région Normandie, le département du Calvados et par des mécènes et partenaires privés. Un budget de 350.000 euros est consacré chaque année à cette action : la ville finance 200.000 euros ; 150.000 euros sont apportés pour moitié par des subventions publiques, le reste par des partenaires privés, via du mécénat ou du sponsoring.

Commune de Deauville

Nombre d'habitants :

3595
20 rue Robert-Fossorier, BP 31600
14801 Deauville Cedex
mairie@deauville.fr

Philippe Augier

Maire

Établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) Les Franciscaines

145 B, avenue de la République
14800 Deauville
contact@lesfranciscaines.fr

Caroline Clemensat

directrice