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En bref - Fichés "S" : un rapport sénatorial s’oppose à l’information des maires et des policiers municipaux 

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par
M.T.
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Sécurité

Elargir l’accès aux fiches S "apparaît inopérant et risqué sur le plan opérationnel", juge le sénateur François Pillet (LR, Cher), dans un rapport d’information rendu public jeudi 20 décembre 2018, une semaine après la fusillade de Strasbourg dont l'auteur Chérif Chekatt était lui-même fiché. "Depuis plusieurs années, certains maires demandent à être informés de l'identité des personnes fichées S résidant ou travaillant sur leur commune (…) Ces demandes traduisent ainsi la prégnance du mythe de la dangerosité de toutes les personnes fichées S et de l'association d'idées, qui semble désormais malheureusement durable, entre 'radicalisation islamiste' et 'fiche S'", souligne le sénateur. De la même manière, il "déconseille, à ce stade, de permettre un accès direct des agents municipaux" au fichier des personnes recherchées dont le fichier S (pour sûreté) est une sous-rubrique. En revanche, il "ne s'oppose pas à communiquer, sous certaines conditions, certaines informations sur des individus faisant l'objet d'une inscription au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), même s'il n'existe pas formellement de hiérarchisation de la dangerosité des personnes concernées au sein dudit fichier". C’est d’ailleurs ce que le ministre de l’Intérieur vient de faire dans une instruction du 13 novembre 2018. Mais la confusion entre les deux fichiers est fréquente.
De manière générale, le sénateur insiste sur la nécessité de ne "bouleverser ni l’organisation, ni le fonctionnement des fiches S". Il propose des "améliorations à la marge de l’outil" afin d’assurer son efficacité, notamment à travers une fluidification des échanges entre services.

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