Garantie jeunes : la moitié de l’objectif déjà atteinte en 2021

Début septembre, plus de 100.000 jeunes avaient déjà intégré la garantie jeune, alors que l’objectif est d’atteindre 200.000 accompagnements d’ici la fin de l’année. Un record historique pour les missions locales.

Au 10 septembre 2021, 103.308 jeunes avaient intégré la garantie jeunes depuis le début de l’année. Cela représente déjà la moitié de la cible fixée (200.000) d’ici à la fin de l’année par le gouvernement. Un record si l’on compare ce chiffre avec les entrées cumulées en août 2020 (47.991) ou août 2019 (60.421). L’usage du parcours contractualisé vers l’autonomie (Pacea) a également bondi en 2021 : 288.000 entrées ont déjà été enregistrées sur l’objectif de 420.000 à atteindre d’ici décembre, contre 188.655 entrées cumulées à août 2020 et 197.582 à août 2019.
Les missions locales atteindront-elles leur cible finale ? "Un effort déjà très important a été déjà réalisé, mais il est vrai que nous ne sommes pas encore à l’objectif (…) Évidemment les restrictions sanitaires n’ont pas simplifié les choses", a déclaré Élisabeth Borne, à l’occasion de l’assemblée générale de l’Union nationale des missions locales (UNML), mardi 15 septembre. La ministre du Travail compte sur deux "leviers" pour atteindre notamment les 200.000 entrées en garantie jeunes : l’élargissement des publics accueillis, ainsi que les renforts arrivés au sein des missions locales.

Moins de jeunes en difficulté avec la reprise

Deux paramètres qui, selon l’UNML, ont déjà permis de progresser. L’allégement des critères d’entrée dans la garantie jeunes acté par un décret paru le 26 mai dernier (lire notre article du 28 mai) "a permis de faire rentrer plus de jeunes", a expliqué le président de l’UNML, Stéphane Valli, lors du point presse qui a suivi l’AG. Par ailleurs, les 2.000 embauches de conseillers prévues en 2021 sont quasiment finalisées – 80% des recrutements ayant déjà eu lieu avant l’été.  "On va tout faire pour tenir les objectifs, mais il y a aussi le contexte de reprise économique (…) Plus il y a d’emplois, moins il y a de jeunes en situation de difficulté", pointe Stéphane Valli.
Afin d’amplifier cette montée en charge, les annonces d’Emmanuel Macron sur le futur "revenu d’engagement pour les jeunes" (lire notre article du 3 septembre) sont attendues avec impatience par les missions locales. "Tant qu’on ne connaît pas à 100% les règles du jeu, ce n’est pas forcément évident de s’organiser. C’est aussi un peu de retard qui est pris chaque semaine", relève Stéphane Valli.

Aller plus loin pour trouver les "invisibles"

Se préparant à une augmentation du nombre de jeunes à intégrer dans le futur dispositif – de l’ordre de 150.000 à 200.000 jeunes en plus –, l’enjeu de l’UNML est aujourd’hui "d’aller chercher les jeunes qui ne connaissent pas les institutions et avec lesquels on pourrait construire quelque chose", poursuit Stéphane Valli. De concert avec la Fédération des acteurs de la solidarité, il a demandé au gouvernement des moyens dédiés pour ce type d’actions dans le cadre du futur revenu d’engagement.
Sur cette quête des "invisibles", sortis du système scolaire de manière précoce et sans contact avec le service public de l’emploi – que la Dares chiffrait à 350.000 en 2018 - "il faut aller plus loin parce qu’on sait très bien qu’il y a des jeunes qu’on ne touche pas encore", a souligné Christine Cloarec-Le Nabour, vice-présidente de l’UNML et députée LREM d’Ille-et-Villaine.
C’est tout le sens des "partenariats" que l’UNML cherche à développer, en particulier avec le monde de l’action sociale. "C’est un moyen d’aller repérer les jeunes qui sont complètement sous les radars, de les capter et de leur donner envie de venir en mission locale", a ajouté Christine Cloarec. En novembre 2020, un accord cadre a ainsi été conclu avec la Cnape, qui fédère les structures de protection de l’enfance, ainsi que l’Unhaj (l’Union nationale pour l’habitat des jeunes).
Dans ce même objectif, une collaboration novatrice a aussi été initiée entre le groupe La Poste et la mission locale de Charleville-Mézières (Ardennes) : des facteurs se rendent ainsi dans des endroits ciblés par la mission locale "pour aller à la rencontre des jeunes". "Cela a tellement bien fonctionné qu’aujourd’hui l’expérimentation est étendue à d’autres départements du Grand est, et pourquoi pas ailleurs", se réjouit Stéphanie Osmont, directrice de l’innovation sociale au groupe La Poste.

 

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