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Stéphane Valli (UNML) :  "Je veux être à la hauteur des attentes des jeunes"

Le maire de Bonneville et président de la mission locale Faucigny Mont Blanc (Auvergne-Rhône-Alpes) préside depuis le 21 décembre 2020 l’Union nationale des missions locales (UNML). Dans ce contexte de crise, la priorité de Stéphane Valli, qui succède à Jean-Patrick Gille, consiste à assurer la mise en œuvre des chantiers prioritaires de l’association (évaluation des politiques publiques, éducation à la citoyenneté, garantie jeune universelle et autonomie financière de l’UNML), mais aussi du plan "1 jeune, 1 solution" qui nécessite de recruter un millier de conseillers.

Localtis : Vous venez de prendre la succession de Jean-Patrick Gille, qui a présidé pendant 10 ans l’UNML. Comment assurer le relais après une aussi longue présidence ?

Stéphane Valli : Jean-Patrick Gille a en effet réalisé un très gros travail de structuration du réseau et a largement contribué à sa reconnaissance avec notamment un confortement très significatif de l’action des missions locales dans le cadre du service public de l’emploi. Mon mandat s’inscrira dans la continuité de son action. J’ai siégé dans toutes les instances décisionnelles de l’Union nationale des missions locales (UNML) et je connais bien les dossiers. L’équipe nationale dirigée par Sandrine Aboubadra-Pauly m’accompagnera dans cette mission, sachant que Jean-Patrick Gille et d’autres personnalités du bureau sortant continuent à siéger au bureau (lire encadré ci-dessous).

Pour quelles raisons avoir accepté ce mandat de président ?

Je me suis beaucoup impliqué dans le dialogue social en tant que président de la commission paritaire nationale de négociations et dans la trésorerie de l’association dont j’avais la charge. Je souhaiterais en tant que président aller plus loin. Je compte aussi continuer à structurer le réseau avec ses différents niveaux dont le régional qui est devenu important, en essayant d’impliquer les directeurs et les inciter à travailler en binôme avec les présidents. Si je veux avant tout être à la hauteur des attentes des jeunes, ma mission va également consister à mettre en œuvre les motions définies lors de l’assemblée générale du 8 décembre dernier.

Quels sont ces chantiers prioritaires ?

Il s’agit d’organiser l’évaluation par les jeunes des politiques publiques qui les concernent en redynamisant l’Institut Bertrand Schwartz, de déployer une citoyenneté active dans la relation d’accompagnement car l’éducation à la citoyenneté assure l’insertion professionnelle et sociale, et permet aux jeunes de s’impliquer dans le territoire et de s’intégrer dans la société, et troisièmement de garantir le droit à l’accompagnement pour les jeunes par le biais de la garantie jeune universelle dont le gouvernement a annoncé le 8 janvier dernier le lancement d’une réflexion à laquelle le réseau de l’UNML compte participer. Enfin, notre dernière motion porte sur l’autonomie financière de l’UNML pour accompagner et promouvoir les missions locales, les projets qu’elles portent et les jeunes qu’elles accompagnent.

Les actions engagées par le gouvernement en faveur des jeunes, dont le plan "1jeunes, 1solution", sont-elles justes et en phase avec les besoins ?

Ce plan ambitieux s’inscrit dans les recommandations du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse et dans celles portées par le réseau des missions locales autour de dispositifs pas trop disparates et reconnus par les jeunes à l’instar du Pacea et de la garantie jeune. Il faut conforter ces dispositifs et permettre à davantage de jeunes d’y accéder. Les efforts du gouvernement autour de la mobilisation de moyens et de ressources financières sont significatifs puisque les objectifs sont quasiment de doubler la garantie jeune (de 100.000 à 200.000) et d’accroitre fortement le Pacea. Pour atteindre ces objectifs, les missions locales vont devoir recruter massivement afin d’accompagner la montée en puissance de leurs activités. Même si le réseau compte 13 000 salariés en mesure de mettre en œuvre les mesures, environ un millier de conseillers seront embauchés en France pour le compléter.

Les missions locales bénéficient-elles de moyens financiers supplémentaires ?

En effet, la loi de finances pour 2021 leur accorde près de 40% de financements supplémentaires, soit 511,8 millions contre 371 millions en 2020. Le réseau souhaiterait bien évidemment qu’ils durent plus d’une année et au moins pendant la durée de la reprise économique. D’autant que le processus de recrutement a déjà commencé et qu’il faut former les conseillers avant qu’ils ne soient opérationnels.

Comment envisagez-vous les relations avec les autres acteurs économiques et/ou de l’emploi ?

Ces relations doivent être confortées avec les autres partenaires publics de l’emploi. Il faut notamment sur le terrain davantage de collaborations entre les conseillers de Pôle emploi et ceux des missions locales afin d’ajuster les réponses aux besoins des jeunes, les premiers étaient spécialisés sur l’emploi et les seconds intervenant sur un spectre beaucoup plus global (insertion sociale, permis de conduire, logement). Je rencontre dans les prochains jours Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, pour évoquer ce sujet. Avec les réseaux professionnels, l’enjeu est d’arriver à mettre en adéquation l’offre de travail et la formation des jeunes, et les besoins des entreprises. Pour ce faire, le réseau des missions locales doit faire remonter aux acteurs de la formation les attentes des entreprises. Des conseillers sont chargés de créer et entretenir les relations avec les entreprises. 

Quelle stratégie adopter face à la détresse de beaucoup de jeunes dans ce contexte de crise qui perdure ?

Garder autant que faire se peut un discours optimiste et pas anxiogène. Même si beaucoup de nos collaborateurs télétravaillent, il faut maintenir du présentiel pour que chaque mission locale puisse continuer à accueillir des jeunes. Nous devons aussi trouver des solutions d’accompagnement temporaires pour compenser le manque de travail qui accroit la précarité et peut-être développer des dispositifs notamment de formation innovants. La garantie jeune par exemple requiert un accompagnement collectif, ce qui devient compliqué à organiser au regard des restrictions sanitaires, car cela nécessite des locaux plus grands et des groupes plus restreints. À nous de mettre en œuvre des dispositifs d’accueil adaptés afin de permettre aux jeunes de maintenir le lien social.

Un bureau en partie renouvelé

Jean-Patrick Gille reste engagé au sein du bureau de l’UNML comme vice-président. Le bureau exécutif compte également comme vice-présidents : Claude Fournet (ARML Provence-Alpes-Côte d’Azur), Christine Cloarec (mission locale du Pays de Vitré), Agnès Canayer (mission locale du Havre), Clotilde Valter (mission locale de Lisieux) et Jean-Raymond Lépinay (ARML Occitanie).

 

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