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Grands travaux en Île-de-France : 68.000 emplois à pourvoir dans le BTP

Les prévisions de recrutement d’ici à 2024 révèlent que plus de 68.000 emplois seront à pourvoir en Île-de-France dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Les Jeux olympiques de 2024 et la rénovation des bâtiments s’ajoutent aux besoins générés par le Grand Paris express. Tous les leviers doivent être activés pour relever ce défi qui impactera d’autres régions sachant qu’un peu moins de la moitié des salariés du BTP qui travaillent en Île-de-France n’y résident pas.

Présentée le 11 décembre 2019, la mise à jour des deux contrats d’études prospectives (CEP) pour la période 2019-2024*, l’un pour le secteur des travaux publics, l’autre pour le bâtiment, présente l’avantage non seulement d’évaluer finement les besoins en ressources humaines pour faire face aux nombreux projets prévus en Île-de-France à cette échéance, mais également de dresser un état des lieux de la situation actuelle et enfin, de faire quelques préconisations.

Ainsi, il ressort de ces CEP actualisés que d’ores et déjà la plupart des métiers du bâtiment et des travaux publics (BTP) sont en tension en Île-de-France, "une tension qui s’explique par plusieurs phénomènes", pointent les auteurs : hausse d’activité récente, baisse des effectifs de la formation initiale qui mène aux métiers de la construction, problématique d’attractivité des métiers des BTP qui se trouvent dès lors en concurrence avec d’autres secteurs tels que la sécurité, la restauration et la propreté.

9.000 personnes par an dans le bâtiment

Dans ce contexte tendu, la concomitance de la construction du nouveau métro avec la réalisation des ouvrages pour les Jeux olympiques de Paris 2024, les travaux de rénovation des bâtiments et les chantiers aéroportuaires vont nécessiter de recruter plus de 68.000 personnes d’ici à 2024 dont 46.000 dans le secteur du bâtiment (328.000 emplois en 2018) et 22.600 dans les TP (59.000 emplois en 2018). Pour le bâtiment, "le besoin en recrutement s’établit à plus de 9.000 personnes par an pour à la fois répondre à la croissance du secteur (10.000 ETP) et compenser les départs des actifs à la retraite et vers d’autres secteurs (36.000 ETP)", précise l’étude. Avec une hausse de 50% entre 2019 et 2024, la rénovation énergétique devrait entraîner à elle seule le recrutement de 20.000 à 30.000 personnes.

S’agissant des travaux publics, c’est la hausse de l’activité, soutenue jusqu’en 2022 (+ 4% à + 8%), qui générera le plus de besoins en recrutements, soit 16.600 ETP, contre 6.000 ETP pour compenser les départs. "Les trois quarts des futurs recrutements sont liés à l’activité courante et un quart pour finaliser le GPE (Grand Paris Express, ndlr), réaliser les chantiers des JOP et les projets aéroportuaires dont le Terminal 4 à Paris-Charles de Gaulle", indiquent les CEP qui soulignent également que la mobilité géographique montre ses limites, "dans un contexte de reprise de l’activité sur l’ensemble du territoire national".

Les actifs hors Île-de-France pour couvrir les besoins 

Cela devrait compliquer la donne sachant que si plus de la moitié ETP employés dans le secteur du bâtiment (185.000) sont domiciliés en Île-de-France, le reste travaille dans la région sans y habiter. Dans les TP, 45% des salariés (27.568) ne résident pas dans la région capitale. Ils viennent de Seine-Maritime, Pas-de-Calais, Nord, Oise… et sont pour moins de la moitié des employés (45%), pour un tiers des techniciens et agents de maîtrise.

Les études formulent donc l’hypothèse qu’une partie des recrutements pourra être couverte par des actifs résidant hors l’Île-de-France. Mais surtout il conviendra pour répondre à ces besoins conséquents de renforcer l’attractivité des métiers notamment auprès des jeunes, d’élargir le sourcing des candidats, de développer l’ingénierie de formation et l’accompagnement des salariés en poste. Les auteurs des études suggèrent également de favoriser une approche territoriale plus fine que celle induite par les 25 bassins d’emploi franciliens de manière à "mieux réconcilier l’offre en emploi et les besoins en recrutement" et d’en confier le soin aux acteurs régionaux.

Enfin, l’innovation apparaît également comme un levier afin de "compléter l’information des chefs d’entreprises dans les territoires sur les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi et améliorer les échanges entre les parties prenantes".

*Les contrats d’étude prospectives (CEP) sont élaborés par l’État, la région Île-de-France et les professions du BTP. Le cabinet Katalyse a réalisé l’étude sur les TP, et Kuy Lab celle sur le bâtiment.

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