Archives

InserJeunes : des données pour accompagner l’orientation des jeunes vers la voie professionnelle   

Portée par les ministères du Travail et de l’Éducation nationale, la base de données InserJeunes sur l’insertion des sortants de la voie professionnelle a été dévoilée ce 9 février 2021. Proposant des indicateurs fins par formation et par établissement – lycée professionnel ou centre de formation d’apprentis -, le dispositif a pour but de renseigner plus précisément les jeunes sur les débouchés des parcours qu’ils pourraient suivre. Avec l’idée que des choix plus éclairés des élèves contribueront à leur réussite et à la régulation, y compris financière, du système de formation.   

Six mois après leur sortie en 2019 du système éducatif, 62% des apprentis et 41% des lycéens professionnels étaient en emploi salarié. Sans surprise, les jeunes diplômés intègrent plus facilement le marché de l’emploi que les non-diplômés, avec un taux d’emploi allant jusqu’à 78% pour les apprentis ayant obtenu un brevet professionnel. Si cette insertion dans l’emploi est corrélée à la situation professionnelle des parents – avec par exemple un taux d’emploi de seulement 33% pour les lycéens professionnels dont le représentant légal est sans activité -, elle dépend bien sûr des filières suivies et des régions d’implantation.

Publiées le 9 février 2021 sous la forme de deux notes d’information de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp, ministère de l’Éducation nationale), ces données sur l’insertion des jeunes qui sortent de la voie professionnelle sont issues d’un nouveau dispositif de mesures appelé "InserJeunes". Ce dernier a été présenté à la presse le même jour, par la Depp et la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, ministère du Travail).

Permettre une meilleure orientation des jeunes

Créé pour répondre aux exigences de la loi du 5 septembre 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel, ce système d’information provient d’un "rapprochement de bases de données administratives ‘scolarité’ (remontées administratives des inscriptions des élèves et des apprentis) et de bases de données ‘emploi’" (déclarations sociales nominatives, DSN). En mobilisant ces sources de données exhaustives, il a donc vocation à être plus précis que les enquêtes IVA-IPA (Insertion dans la vie active - Insertion professionnelle des apprentis) qu’il remplace.    

Accessibles via le site inserjeunes.education.gouv.fr, ces données permettront à un jeune et à sa famille de s’informer sur les formations professionnelles existantes - niveaux CAP à BTS – et sur l’insertion dans l’emploi pour chacune de ces formations, en moyenne et au niveau de chaque centre de formation d’apprentis (CFA) ou lycée professionnel.

Dans le cadre de la réforme, il s’agit de permettre une "meilleure orientation des jeunes", grâce à une information plus complète sur les débouchés des formations, mais aussi de "rendre le système de formation plus efficace en donnant une forme de pouvoir de régulation aux jeunes, puisque désormais les centres de formation d’apprentis sont financés au contrat et donc en fonction du nombre de jeunes qu’ils accueillent", a précisé Selma Mahfouz, directrice de la Dares.   

Une "valeur ajoutée" sur le taux d’emploi mise en avant pour chaque établissement

L’insertion des élèves est appréhendée à travers plusieurs indicateurs : le taux d’emploi des jeunes six mois après la sortie de formation ; le taux de poursuite d’études – plus élevé, par exemple, à l’issue d’un lycée professionnel que d’un CFA - ; le taux d’interruption en cours de formation ; et, pour les CFA, la part de contrats d’apprentissage interrompus avant leur terme. Une "valeur ajoutée" de chaque établissement est également calculée pour évaluer l’écart (positif ou négatif) entre le taux d’emploi constaté pour les sortants de l’établissement et un "taux attendu", correspondant à un "taux d’emploi moyen des établissements comparables (profil des élèves, formations et taux de chômage local)".

La mesure de l’insertion dans l’emploi concerne l’emploi salarié, dans le privé, en France, ce qui exclut 4% des sortants de la voie professionnelle trouvant un emploi dans la fonction publique, et en particulier au sein de collectivités territoriales, ou encore à l’étranger. Les taux d’emploi des établissements qui pouvaient être incomplets de ce fait ont donc été enlevés, en attendant que la fonction publique, notamment, soit intégrée dans les DSN et, donc, dans le dispositif InserJeunes.

Si le nouveau système introduit une rupture de série par rapport aux données précédemment produites, avec des résultats d’insertion revus à la baisse, désormais "c’est une information beaucoup plus riche et beaucoup plus juste" qui sera mise à la disposition des jeunes, a insisté Fabienne Rosenwald, directrice de la Depp. Avec des jeunes mieux informés sur les résultats et la vocation de l’établissement – insertion professionnelle rapide ou première étape d’études plus longues -, ou encore sur le niveau de difficulté de la formation, "cela permettra sûrement de réduire les taux de sortie qui, dans la voie professionnelle, sont parfois un peu élevés", a-t-elle poursuivi.  

"Le dispositif InserJeunes va permettre de réaliser de nombreuses études sur les parcours des jeunes", a ajouté Emilie Cupillard, cheffe du projet à la Dares, précisant que les données pourront être mises à la disposition de chercheurs dans le cadre de conventions.